Le mystère du virus, du laboratoire, de l’Homme et de l’animal

L’origine de la pandémie du SARS-Cov-2 reste mystérieuse. Diverses hypothèses ont été émises favorisant toutes plus ou moins directement le complotisme ambiant. La commission d’enquête diligentée par l’Organisation Mondiale de la Santé s’est heurtée à la volonté de Pékin de fermer les portes du fameux laboratoire de Wuham. L’OMS souhaitait que «toutes les données sur le virus» soient publiées dans tous les pays pour « pouvoir examiner l’hypothèse du laboratoire, il est important d’avoir accès à toutes les données brutes».

Son objectif était on ne peut plus clair : vérifier l’éventuelle fuite du coronaviru dans, la ville chinoise où il a été détecté pour la première fois fin 2019. Cette hypothèse de plus fermement combattue par Pékin, qui ne souhaite pas apparaître comme responsable de la pandémie apparaît pourtant susceptible de se révéler exacte. Bien évidemment les responsables des recherches dans ce lieu sécurisé assurent que toutes les précautions sont prises et que jamais une telle faute puisse leur être imputée. Le doute persistera.

Un événement récent alimente le complot. Malgré toutes les affirmations « officielles » ces manipulations ne sont jamais sans danger. Une technicienne de recherche à la retraite de l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement de Toulouse est décédée début novembre de la maladie de Creutzfeldt-Jakob. Elle était à la retraite,après avoir travaillé dans une unité mixte de recherche avec l’École nationale vétérinaire de Toulouse dont elle était salariée. Elle est décédée le 4 novembre dernier, de la maladie de Creutzfeldt-Jakob, l’une des maladies à prions que l’on connaît comme étant celle de  « la vache folle »…

La cause de sa contamination serait, selon France 3, une « coupure » qu’elle serait faite lors d’une manipulation  entre 2004 et 2005. Une enquête est en cours. Les recherches sur les prions sont suspendues jusqu’à la fin de l’année. Comment ne pas simplement se poser la question sur la propagation du Coronavirus sur les bases d’une erreur humaine surtout quand sait maintenant sa contagiosité ? Un rapport officiel sera rendu dans el courant 2022 et il sera fort intéressant d’en connaître les conclusions et de les transposer dans le contexte de Wuham.

Des documents publiés par l’Institut national de la santé américain, soulèvent en effet des interrogations sur les recherches en virologie ayant été menées en Chine Ils a bien été confirmé que les laboratoires de Wuhan auraient conduit leurs travaux au-delà de ce qui avait été précédemment officiellement admis, notamment en manipulant génétiquement des coronavirus. Comme toutes les expérimentations ou les recherches elles comportaient des risques énormes. Il sera difficile de les connaître. Alors la commission d’enquête a estimé que le passage du coronavirus de la chauve-souris à l’homme via un animal intermédiaire était le scénario « le plus probable ».

Les chauve-souris et le fameux pangolin ont eu une place de choix dans ce scénario sans que l’on sache vraiment ce qu’il en était. La science a repris le délicat dilemme de savoir qui de l’œuf et de la poule a été le premier sur terre. En l’occurrence est-ce des animaux qui ont contaminé les hommes ou est-ce parce que des hommes qui ont transmis le Coronavirus aux animaux ? Là encore un nouvel élément troublant vient d’intervenir.

Depuis le début de la pandémie, le coronavirus a infecté plusieurs espèces à l’échelle planétaire, y compris « des visons d’élevage, des animaux de compagnie et des animaux dans les zoos » mais au Canada il vient d’être identifié chez des animaux sauvages ! Selon les informations en provenance de Québec trois cerfs de Virginie ont été infectés par le Covid-19. Le Centre national des maladies animales exotiques de l’Agence canadienne d’inspection des aliments a confirmé ces premières constations sur des éléments de la faune sauvage.

De récents rapports aient mis en évidence qu’aux États-Unis, le Covid-19 avait été transmis par des humains à ces « chevreuils », mais à l’inverse, aucun cas de transmission des cerfs aux humains n’avait été détecté. Il semble que les animaux québecois contaminés vivant dans les forêts de l’Estrie puissent être venus du Vermont et du Maine, deux États américains proches. Tous les « infectés » étaient « apparemment en bonne santé », et ne « présentaient aucun signe clinique de la maladie ».

Alors à Wuhan quel a été la cheminement du virus ? Des hommes vers le pangolin ? Du pangolin vers l’homme ? Le saura-t-on un jour ? Il y a encore bien des mystères.

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Ils sont partis trop tôt et ils me manquent déjà

Deux hommages à deux « jeunes » trop tôt disparu. Aranaud Dellu (48 ans)  a partagé avec moi durant 6 ans la gestion départementale comme Président de la Commission des Finances. J’ai tant aimé travailler avec lui comme avec Jacky Sanudo (57 ans) garçon du peuple espagnol d’une grande culture et d’un talent de journaliste affirmé que j’ai côtoyé à Sud-Ouest. 

ARNAUD LE « FILS » QUI A COMPTE POUR MOI

Avant tout, je tiens à remercier de tout cœur ta compagne et denise de leur invitation à accompagner Arnaud  en ce deux décembre, jour à marquer d’une pierre noire.  Arnaud, tu savais, car je te l’avais maintes fois répétés au cours de nos échanges, qu’à mon époque, des enfants du Peuple naissaient instituteurs en passant par l’École normale et que malheureusement aux dires de certains, ils le restaient parfois toute leur vie. Tu en riais avec bienveillance surtout quand tu me voyais tenter de convaincre un irréductible de nos collègues du bien-fondé des décisions budgétaires que nous devions assumer, durant la commission des finances que tu présidais.

 Tu savais que l’on ne se construit jamais seul, mais par référence à des « pères » ou des « mères » inspirants que le choix des chemins de la vie nous permet de croiser. Tu avais Denise la mère poule que tu admirais avec discrétion mais passion. Nos liens étaient devenus au fil des ans proches de ceux qui se nouent entre un ancien qui transmet à un « fils » intellectuellement réceptif. Tu devins ainsi, par appétence pour le sujet, mon fils de trajet durant six ans avec une certaine gourmandise face aux défis à relever.

C’était un vrai plaisir que d’échanger avec toi et de construire des stratégies d’intérêt général. C’était un régal de te voir t’emparer des délibérations les plus arides pour leur donner des couleurs et une tonalité attrayante. Garçon d’une vive intelligence, avide de comprendre avant de s’exprimer, solide et infatigable travailleur sur le fond et jamais sur les apparences, écologiste de raison et de sincérité, apte à des synthèses justes et pertinentes, pugnace dans le débat, toujours courtois et affable, tu as appartenu à ce petit cercle des « enfants à élever » que l’on aime rencontrer dans un monde politique de plus en plus égoïste, figé, impersonnel, sûr de lui et théâtral.

 Dans le fond, toi et moi savions que c’est ton avidité à comprendre, à jauger, à argumenter qui m’avais toujours permis d’avancer. Arnaud, tu étais doté d’un sens de l’analyse aiguisé. Tu possédais un très solide bagage en matière de gestion humaine et de finances locales.

Tu pigeais tellement vite. Tu décelais les faiblesses des argumentations avec une acuité rassurante. Tu contribuais à construire celles dont nous avions besoin.  Tu savais à merveille mettre de la chair politique autour des chiffres pour leur conférer une dimension conforme à notre engagement.

Tu ajoutais en toutes circonstances ces pointes d’humour qui te permettaient de fendre l’armure d’une certaine austérité apparente. Tu alliais, l’élégance du propos à la malice d’une saillie percutante dont tu te régalais à l’avance. Tu fus, pour l’équipe du Conseil départemental de Gironde, un Mousquetaire fidèle et combatif en toutes circonstances. Un Mousquetaire loyal et fidèle. Un Mousquetaire au cœur vaillant.

J’avais tenu à t’associer, malgré la maladie, au dernier rendez-vous de présentation de la notation départementale pour partager ensemble le plaisir que nous avions eu à l’obtenir. Tu étais heureux je le crois.

Tu as su, jusqu’à ton dernier souffle, rester fidèle aux valeurs essentielles qui t’animaient : la solidarité humaine constante, la fraternité partagée, l’émancipation réelle donnée par l’éducation, la rigueur compatible avec l’humanisme, le doute intelligent qui permet de progresser, l’intransigeance sur les fondements d’une société de progrès? la coopération entre les hommes de bonne volonté.

Assailli de tous côtés par ce mal pernicieux que l’on semble oublier dans le contexte actuel, tu as témoigné d’une résistance farouche conforme à ton caractère : jamais une plainte, jamais autre chose qu’une impressionnante confiance dans ta capacité à résister face à cette maladie qui dévorait ton énergie.

À chacun de nos entretiens, tu alternais depuis des mois entre une lucidité glaçante sur ton sort et l’espoir que la science te permette de tenir le plus longtemps possible. Arnaud tu as mené le combat le plus exigeant d’entre tous avec une détermination et une résilience exceptionnelles.

Mon amour pour Pagnol me permet de te citer ce constat : « Telle est la vie des Hommes. Quelques joies vite effacées par d’inoubliables chagrins. Il n’est pas nécessaire de le dire aux enfants ! » Je le pense sincèrement. Aujourd’hui je garderai de toi ton sourire, ton regard lumineux, ton allure élégante et simple.

Alors Arnaud, mon camarade des chiffres et plus encore des valeurs notre chagrin est profond, douloureux et durable. Ma reconnaissance, mon affection, mes pensées durables t’accompagnent dans cette éternité où on ne compte plus mais où on peut survivre longtemps grâce à la force des esprits qui conservent les souvenirs de vous. Je ne t’oublierai pas.

HASTA SIEMPRE JACKY

L’annonce par le canal des « anciens » du service des sports de Sud-Ouest de la mort brutale de Jacky Sanudo, encore journaliste grand reporter à Sud-Ouest il y a quelques mois, m’a glacé d’effroi. Jacky, ce garçon un brin réservé qui au début des années 80 appartenait à la longue liste des « stagiaires » d’été qui ont découvert l’ambiance à la Audiard d’une rédaction hors du commun est en effet brutalement décédé.

La gentillesse même, l’intelligence personnifiée et un talent d’écriture qui lui vaudra de franchir tous les échelons au sein du journal. Il l’avait quitté volontairement pour se consacrer à la traduction. Il était ainsi : entier et toujours à la recherche d’une liberté sans laquelle il ne pouvait pas réellement vivre.

Sa tignasse brune Son cheveu brun révélait ses origines espagnoles auxquelles il était viscéralement attaché. Issu de la minuscule communauté des Hurdanos dont Luis Bunuel avait tiré un film (1). Jacky était imprégné de ces racines venant d’une population qui avait fui des persécutions pour se réfugier en Estrémadure loin de tout, ignorés, oubliés.

Jacky parlait le basque et aussi leur dialecte où subsistaient des accents et tournures de phrases peu connus ailleurs. Un enfant de l’immigration sachant d’où il venait et prenant la vie avec humour, parfois dérision mais une joie sincère et communicative. Prompt à l’indignation ou à la révolte il ne supportait pas l’injustice et le faisait savoir.

Malgré l’écart d’âge tous deux affectés au suivi des grands événements couverts par les envoyés spéciaux nous avons partagé des moments inoubliables qui meublaient nos rencontres-souvenirs autour d’un verre de rosé. Jacky, journaliste scrupuleux, précis, soucieux de mettre toujours les faits dans leur contexte humain avait acquis par sa disponibilité, sa rigueur intellectuelle, son écoute et son style, une place de choix dans la profession. Il avait d’ailleurs consacré une part de ces dernières années à des reportages destinés aux prix Albert-Londres.

Il adorait le terrain et la découverte. Il ne laissait jamais sa place dans les moments essentiels qu’étaient les bordées soirées où c’était les copains d’abord. Jacky était une belle personne qui n’a jamais laissé indifférents celles et ceux qui ont travaillé avec lui.  Jacky a bouclé l’article consacré à sa vie et a refermé brutalement les pages d’une existence trop courte. Salut Jeff de ma part. Hasta siempre Jacky

(1) Le peuple sans pain

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Bientôt la fin des illusions estivales chez des Girondins en perdition

Il existe un principe qui incite à l’auto-censure : « on ne tire pas sur une ambulance » surtout quand elle n’arrive même plus à rouler car elle ne possède plus une goutte d’essence. En l’occurrence celle qui porte le logo redevenu historique des Girondins de Bordeaux file vers les urgences de manière lente mais inexorable. Il n’y a plus guère d’espoir pour que le nouvel an apporte autre chose qu’une chute retentissante. Le club est aux abois financièrement et sportivement. La situation du fameux grand stade ne s’arrangera certainement jamais. En fait la conjonction de tous ces paramètres qui restent encore dissimulés rend l’avenir bien plus incertain que durant la gestion antérieure.

Acheté à crédit sur des bases pour le moins artificielles le club n’a réglé aucun de ses problèmes structurels. Bien au contraire ils se sont aggravés sans que personne n’ose poser les questions qui pourraient faire effondrer un édifice ne reposant que sur du sable. La masse salariale globale n’a pas diminué et le plan social qui se profilait sous l’ère Longuépée attend dans les tiroirs. Le passage devant la DNCG a confirmé que tout restait à mettre en œuvre. En attendant la trêve qui risque bien d’être d’une tristesse absolue, la recherche de miettes à économiser bat son plein.

Revenus du marché de Noël à Strasbourg où ils ont multiplié, une fois encore les cadeaux, les joueurs savent pertinemment que tôt ou tard leur compte en banque risque bien de sonner creux. Fantomatiques alors qu’on annonçait que le savon présidentiel avait remonté les troupes, ces dernières ont sombré corps pour se retrouver en dix-huitième place et donc au fond du trou.

Plus mauvaise défense (et de loin) du championnat les Girondins de Bordeaux ressemblent à une baudruche dégonflée. Ils sont même le premier club à avoir encaissé autant de but dans la D1 depuis Nice lors de la saison 1978-1979 qui avaient été ramasser un ballon dans leurs filets à 42 reprises. A ce rythme ils peuvent en remplir les cales de la galère d’une centaine de défaillances.  Or il faudra glaner 30 points d’ici la fin de la saison pour sauver ce qui pourrait l’être encore sur le plan sportif. Un objectif déjà bien délicat à atteindre puisqu’il suppose une dizaine de victoires. 

Les supporters qui avaient mené un combat tonitruant contre la gestion précédente et les élus locaux ayant cru au miracle d’une reprise effectuée à l’esbroufe vont commencer à regimber. D’autant que pour ces derniers va revenir très vite le spectre de dépôts de bilan en série. On prétend que les goûters de fin d’année ou les repas envisagés sont remis ou annulés aus ein du club. Quand samedi le stade Chaban-Delmas va exulter, exploser, se garnir au maximum et donc procurer une recette exceptionnelle à l’UBB, le Matmut sonnera creux contre Lyon et contre Lille. Deux matches où sur les bases actuelles il sera bien difficile de se redonner une image positive avec la crainte qu’un omicron conquérant conduise au…. huis-clos. Entre temps ils faudra revenir vainqueur de la guerre de Troyes ce qui pourrait se révéler tout aussi difficile.

La DNCG a rappelé les deux mesures : « encadrement de la masse salariale et des indemnités de mutations » ce qui veut dire en langage de football diplomatique que l’évolution n’est guère perceptible et que les joueurs ont du souci à se faire pour leurs salaires de fin d’année. Il faudra transférer les plus « attractifs » d’entre eux pour espérer durer encore un peu. Le seul avantage c’est que de grosses économies ont été réalisées sur les primes de victoire… depuis le début de la saison. Le « quoi qu’il en coûte » a permis de tenir tant bien que mal. Sa fin a ramené à une réalité beaucoup plus inquiétante.

Sur les panneaux de circulation dans Créon, un supporter très motivé avait disposé de petits autocollants avec un « Longuépée démission » revendicatif. Il va falloir qu’il les remplace par un « Lopez désillusion » tellement prévisible qu’ils auraient pu les imprimer dès cet été. Le club malade structurellement repose sur des rêves de grandeurs incompatibles avec les moyens des propriétaires. La fin d’année risque bel et bien de le démontrer car il n’y a guère d’issue de secours sauf à revendre le club en catastrophe ou à trouver un mécène vraiment bienveillant. La période permet de croire au Père Noël.

Dans le fond il aurait été plus sain, plus constructif et plus sûr de repartir en Ligue 2 pour que tout soit apuré et que la relance progressive soit plus crédible. La crise inévitable qui s’annonce sera bien plus douloureuse. Une vision pessimiste. J’en suis convaincu et je suis prêt à m’incliner devant un avis éclairé. Mais la galère est tout de même bien lestée.

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Usurpation, stigmatisation martyrisation, mystification : signé Z

L’annonce faite au peuple de la candidature de « Z » qui aurait pu trouver un rôle dans le film éponyme de Costa-Gavras, sera probablement dans les années futures largement étudiée dans les IUT ou les Universités. Cette vidéo disséquée par les spécialistes de la communication contient en effet bien des éléments dont on aurait tort de sous-évaluer l’impact. Dans le fond elle a tellement été travaillée que le document en devient une accumulation de « recettes » propres à la propagande d’un autre temps.

A l’image de l’intervenant le document manque singulièrement de finesse. Croire que c’est une maladresse ou une absence de technicité serait une erreur. Le décor, la présentation, le style correspond parfaitement aux propos tenus. Le contenu réactionnaire, fleurant bon celui de la fin des années 1930 ne pouvait être distillé dans un cadre moderne et flamboyant. Volontairement sombre, sentant la cire, basé sur la référence à l’écrit avec des volumes de collection d’écrivains du temps passé, le contexte n’avait pas d’autre objectif que de rassurer celles et ceux qui s’opposent farouchement au modernisme.

La tendance « c’était mieux avant » dans cette France des meubles solides, des ouvrages achetés au mètre linéaire mais jamais lus, des messages délivrés par la TSF a bien dû plaire aux nostalgiques du temps passé. Lui qui combat les idéaux des « Lumières » et tient des propos sur le déclin et les menaces pesant sur l’avenir avait choisi d’offrir une évocation passéiste de premier ordre. Quand en plus il vous est reproché votre instabilité, votre morgue, votre médiocrité, un simulacre de message comparable à celui usurpé du 18 juin ne peut que trouver un écho dans cette catégorie de une population avide de références. Heureusement cette mise en « ondes » aura probablement déboussolé les quelques jeunes ou moins jeunes pour qui les repères historiques ne sont pas légion. 

L’autre facette du travail des communicants ayant imaginé ce » retour vers le futur » réside dans l’accumulation des mots. Une densité qui rendait impossible une prise de parole sans référence écrite. Si « Z » est un habitué du débat avec des argumentations simplistes mais provocatrices, il aurait été mal à l’aise pour débiter en un temps limité tous les termes que son auditoire voulait entendre. Une sorte de recueil des saloperies indispensables pour titiller les plus bas instincts et qui ne peuvent pas habituellement être empilés.

L’essentiel résidait dans la volonté d’offrir au moins deux ou trois mots ordinaires pouvant réjouir celle ou celui qui les attend et les entends. Bien évidemment « immigration » aura été le point d’appui pour déverser « expulsion » ; « migrants ». « domination » ; « islam » ; « problèmes » ; « exilés », « dépossession », « déclassement » ; « remplacement » « occupation » ; «étranger »… Le jardin à cultiver est celui des horreurs et des angoisses alors autant semer les graines qui écloront dans quelques mois.

Le summum tient dans ce qui sera probablement un slogan dans les semaines à venir : « « Il n’est plus temps de réformer la France, mais de la sauver ! » L e fameux « ennemi de l’Intérieur » dont on sait combien il a joué un rôle malsain dans les périodes sombres de l’histoire est de retour. Il s’agit même de les désigner pour les offrir par catégories puis nommément en pâture aux déçus par leur statut ou leur situation. La liste ressemble étrangement à celle qui ont circulé avant la catastrophe de la dernière guerre mondiale.

Le se présente comme le chevalier blanc, porte-parole des Français qui sont « méprisés par les puissants, les élites, les bien-pensants, les journalistes, les politiciens, les universitaires, les sociologues, les syndicalistes, les autorités religieuses ». Il ajoute « les gouvernants (…) de droite comme de gauche » et bien entendu « les technocrates ». « Z » se victimise en se rangeant dans la catégorie des « méprisés » ce qui lui permet d’activer le vieux ressort de la victimisation essentiel en pareille circonstance. Il accompagne cette mise en cause d’exemples pour que l’on identifie clairement les gens qu’il faut « déloger » ou se méfier.

Lorsqu’il fustige les « puissants », l’image de la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen se pointe. Pour les « élites », c’est l’économiste Jacques Attali, qui précède Aymeric Caron, accolé lui aux « bien-pensants ». Yann Barthès de quotidien illustre les comportements néfastes des journalistes, Éric Dupond-Moretti les « politiciens », le philosophe Bernard-Henri Lévy les universitaires, Éric Fassin les sociologues et le patron de la CGT Philippe Martinez les syndicalistes. Seules les autorités religieuses pourtant nommées ne sont pas désignées et pour cause… pusique certains d’entre eux ferment les yeux sur ses propos « charitables ». Il y en aura d’autres dans les jours qui viennent.

Pour la mystification il vole les images des uns et eds autres et il invoque honteusement les morts car il sait que ni Johnny (racines belges), ni Barbara (racines moldaves et ukrainiennes), ni Brassens (mère italienne), ni Aznavour (Arménien), ni Belmondo (racines italiennes) pas plus que Victor Hugo, Chateaubriand, Pascal, Descartes, La Fontaine, Molière, Racine ne protesteront ! Pour faire bonne mesure il ajoute : Alain Delon, Brigitte Bardot qu’il sait ne pas lui être trop hostiles. Inutile de rire de cette mascarade car son inefficacité reste à démontrer.

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Le « protectionnisme » sanitaire attise le nationalisme rampant

Le « protectionnisme » hante les esprits. Les barbelés, les murs, les barrières, les fossés sont devenus les propositions essentielles dans tous les pays qui ont les moyens financiers de les mettre en œuvre. Alors que la mondialisation des échanges commerciaux et surtout des flux financiers n’a cessé de croître certains réclament encore et toujours le rétablissement et la fermeture des frontières. Pour eux la solution à toutes les difficultés rencontrées sur un territoire consiste à remettre en place toutes les barrières physiques.

Le protectionnisme est en effet une politique économique interventionniste menée par un État ou un groupe d’États, consistant à protéger ses producteurs contre la concurrence des producteurs étrangers. Mais il est dépassé par l’arrivée sur la planète des diverses formes de Coronavirus. Désormais en quelques heures, la décision de s’isoler en refusant toute entrée sur le territoire par voie aérienne aété prise afin affirme-t-on de stopper l’arrivée du virus. Chaque jour en cette période de progression du variant Omicron les aéroports se ferment et les avions s’arrêtent. Pas plus mal pour le climat mas très inquiétant pour les équilibres géopolitiques. 

Israel aura été le premier à décrété que plus un seul voyageur en provenance de l’étranger poserait son pied sur son sol/ Dans la nuit de dimanche à lundi le trafic aérien a été interrompu à la suite de la détecton…d’un cas confirmé de contamination par ce nouveau variant potentiellement plus contagieux et jugé « préoccupant » par l’Organisation mondiale de la santé, et sept cas suspects. Les autorités marocaines avaient annoncé la suspension de tous les vols de passagers « à destination du Maroc » pour une durée de deux semaines, à compter de hier soir. Les départs en revanche seront possible pour le rapatriement après accord de la nation de destination. L’Australie a également renforcé son splendide isolement et le Japon va refermer les portes à tous les visiteurs étrangers. De partout le « protectionnisme » sanitaire se met en route ce qui dans le fond est dans l’air du temps.

Après les deux vols KLM et l’arrivée des 61 passagers infectés (dont 13 omicron), l’aéroport de Schiphol à Amsterdam, véritable plaque tournante des compagnies aériennes en Europe, a interdit tous les vols en provenance de plusieurs pays d’Afrique australe. De nombreux pays ont emboîté le pas des Néerlandais ce week-end : Nouvelle-Zélande, Thaïlande, Indonésie, Singapour, Sri Lanka, Maldives, Arabie saoudite, Qatar, Émirats arabes unis… Le Brésil, le Canada, l’Iran et les États-Unis qui avaient déjà des restrictions en place les maintiennent. La liste s’allonge d’heure en heure.

Il serait utile de s’interroger sur le système soit-disant protecteur qui avait été mis en place. Tests réputés efficaces avant le départ, passes plus ou moins obligatoires, tests à nouveau à l’arrivée… Contrôles multiples. Vaccination obligatoire. Gestes barrières dans l’avion. Mise en quarantaine dans certains pays avant de pourvoir se déplacer…  Cette ltitude de précautions n’a donné dans le fond aucun résultat probant puisque partout Omicron a migré. Il semble se jouer comme tous les précédents des détections ou des précautions. Aucun pays n’a échappé au fil des heures à la contamination par des voyageurs de retour de certaines zones africaines. Comme il n’y a pas de protocole international réel (que fait l’OMS ?) la seule réponse est d’éviter de les appliquer en fermant le circulation des personnes mais pas des biens. 

Les conséquences seront considérables pour des économies basées sur le tourisme et déjà extrêmement fragilisées. Le gouvernement sud-africain exprime à cet égard une forte déception puisque le protectionnisme sanitaire en vogue débouchera pour lui sur une catastrophe économique. L’annonce de la découverte dans leur pays d’un nouveau variant a en effet généré en rien de temps une onde de choc mondiale, condamnant de fait pour une durée indéterminée l’Afrique du Sud à l’isolement. « L’interdiction de voyager n’est pas fondée scientifiquement et ne permettra pas d’éviter la propagation de ce variant. La seule conséquence est d’abîmer plus encore l’économie des pays affectés et de miner leur capacité à faire face à la pandémie »a déclaré le Premier ministre. 

N’empêche que partout de par le monde l’idée du repli sur soi salvateur progresse et va s’installer dans les esprits. D’ailleurs les tenants de cette vision étroite de la vie humaine liée au respect de frontières totalement artificielles exultent. Ce que leur propagande n’a pas réussi à imposer, la Covid y parvient… est c’est sûrement durable ! La liberté de circuler fondatrice de l’union européenne a du plomb dans l’aile. 

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L’honneur c’est de ne jamais céder un doigt d’espace au racisme

En fait dans la France du XXI° siècle il est plus préjudiciable pour un homme politique d’être photographié en effectuant un « doigt d’honneur » qu’en proférant les pires propos racistes ou en revisitant de manière inquiétante l’Histoire. Pas question de minimiser un geste démontrant le niveau argumentaire de celui qui a répondu à une provocation par ce qui dans le fond n’est qu’une preuve d’impuissance et de mépris. La condamnation a été unanime alors que l’on sent bien que quand le même individu éructe sur les « mineurs étrangers isolés » l’opinion de plus en plus dominante approuve par un terrible silence.

Le pourfendeur des migrants terrés dans les endroits les plus insalubres ou les plus précaires et pourchassés, a beau avoir été condamné par deux fois pour provocation à la haine, faire face à un nouveau procès pour des propos tenus à la télévision sur les migrants isolés, rien ne paraissait avant cet avatar pouvoir remettre en cause sa marche à la candidature. Il l’annoncera de manière imminente, et en prélude à un grand meeting prévu au Zénith de Paris en fin de semaine. Mais contrairement à ces condamnations et à ces procédures judiciaires, un doigt d’honneur paraît de nature à déranger ce programme. Rien sur le fond ne gêne son ascension alors qu’un instant saisi par un objectif libère quelques consciences.

« Son doigt d’honneur, il l’a fait à l’extrême gauche (sic), à ces gens qui ne veulent pas que la démocratie fonctionne aujourd’hui en France (re-sic) », l’un des membres de l’association qui le soutient. Il a ajouté tout de go qu’il s’agissait dans le fond qu’un « comportement humain », un « geste spontané » et « il a eu raison de ne pas se laisser faire ». Rien de nouveau. Le fanatisme occulte tous les critères objectifs de jugement et c’est justement sur ce constat que le « justicier » prétendant au « trône républicain » suprême bâtit toute sa stratégie.

La vie politique française plonge à toute allure dans le néant. Les débats entre les candidats de la droite en ont été l’illustration avec une course effrénée au « toujours plus » dans les mots relatifs à l’immigration. Pas grand chose d’autre puisque il ne faut donner en pâture aux électeurs potentiels que les outrances que la « bouillie » correspondant à leurs envies. Dans le fond on peut arriver dans quelques jours à ce que la désignation vraiment possible du roquet niçois ajoute un troisième candidat à la récupération de la France déboussolée.

De partout les systèmes démocratiques craquent. Les doigts d’honneur aux valeurs humanistes se multiplient. Les dictateurs avérés ou dissimulés ne se gênent plus pour pratiquer en guise de diplomatie cette méthode élégante de répondre. En Pologne, en Hongrie, en Tchéquie, en Biélorussie, en Russie, en chine, au Brésil pour ne citer que les plus évidents, les « doigts d’honneur » officiels ridiculisent les défenseurs pourtant très mesurés et prudents d’une vision acceptable du vivre ensemble. Ils pullulent. Désormais on rangera sans aucune surprise les Anglais de Boris Johnson dans la même catégorie. C’est historique.

L’origine de cette provocation daterait en effet date du Moyen-Âge, et provient de la guerre opposant les Français aux Anglais. Au cours de ce conflit nous opposant à nos chers voisins britanniques, lorsque l’on capturait un archer anglais, on lui coupait l’index et le majeur, afin qu’il ne puisse plus être en mesure de décocher ses flèches. Il n’y avait donc rien d’obscène dans ce comportement mais une manière de détruire physiquement celui qui avait eu un avantage sur vous. L’agité fascisant de Marseille a reconnu « un geste inélégant » mais il sait fort bien que son image de « mec qui en a » ne pâtira pas de cet incident.

On peut même se demander si son électorat putatif ne considérera pas que c’est un résumé de son programme. Celles et ceux qui tentent de défendre ou au moins de combattre les idées simplistes sur l’immigration sont malheureusement inaudibles face au déferlement de haine larvée ou de contre-vérités affligeantes. Un «  doigt d’honneur » suffit alors à conforter l’héroïsme de celui qui se bat contre ces idiots prônant la liberté, l’égalité et la fraternité.

Comment ne pas penser à ce constat de Philippe Geluk : « la bêtise est nettement supérieure à l’intelligence car toute l’intelligence du monde ne permettra jamais de comprendre la bêtise universelle, tandis qu’un peu de bêtise suffit amplement à ne pas comprendre quoi que ce soit d’intelligent. » Si l’on conserve un doigt de l’honneur qui doit être dans tout citoyen , il ne faut surtout pas renoncer au combat des idées.

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Un vendredi très « rose » pour les ventes en ligne qui explosent

Lentement mais inexorablement les habitudes de consommation sont modifiées sans que par ailleurs le système de distribution puisse s’adapter. Même si la crise sanitaire a contraint bien des commerces ou des prestataires à modifier leurs pratiques, il reste bien du chemin à parcourir. On parle d’un renouveau de la eproximité » ce qui ne recouvre plus une vraie réalité puisque des sites proposent des livraisons gratuites à domicile en 24 h alors qu’il faut parfois sur certains territoires des heures de déplacement pour accéder au même produit. Les achats du quotidien restent encore dans l’environnement immédiat alors que tout ce qui devient « exceptionnel » se répartit sur des supports lointains capables d’assurer un service rapide qui n’en majore pas le prix !

Les confinements et les mesures destinées à contenir la pandémie ont en 2020, largement profité aux ventes via internet. Elles ont atteint 112 milliards d’euros grâce à la digitalisation accélérée du commerce de détail soit une hausse globale de + 8,5 % d’une année sur l’autre Le e-commerce représentait au cours de 2019, 9,8% du commerce de détail  il en représente un an plus tard 13,4%. Si les produits achetés progressent de la bagatelle de + 32 % on assiste (et c’est logique dans le contexte sanitaire) à une baisse de 10 % pour les services avec un effondrement du secteur du tourisme à – 47 %.

De plus en plus d’acteurs économiques ont franchi le pas pour tenter de capter une part de ces progressions spectaculaires et pas moins  17 400 sites supplémentaires ont été créés en 2020 ce qui traduit une tendance inexorable. D’une part les exigences posées par la lutte contre la Covid-19 ont une influence sur la manière dont la clientèle effectue ses achats (on craint le contact physique et on évité les lieux sur-fréquentés) et les non-vaccinés ne bougent plus. L’arrivée de la fibre optique a par ailleurs grandement amélioré l’accessibilité aux plates-formes de toutes tailles. On commande plus vite et dans de bonnes conditions techniques. Tant que les délais de livraison restent proches il n’y aucune raison de ne pas profiter des opportunités multiples en matière de e-commerce. D’ailleurs le panier moyen a progressé de 3,38 % entre 2019 et 2020.

Par ailleurs s’installe en France le Black Friday (si vous n’en n’avez pas entendu parler consultez votre audio-prothésiste) qui en théorie s’est achevé à minuit en ce 26 novembre. On ne connaît plus vraiment la durée de cette opération importée des USA. Les 24 heures initiales n’ont plus aucun sens puisque la concurrence provoque des ouvertures plus d’une semaine à l’avance et s’étire sur plusieurs jours plus tard. Une débauche de pourcentages de rabais, de réduction dont il est vraiment difficile de mesurer la sincérité s’étale par mails ou sms.

Cette journée qui constituerait une aubaine pour les accros au shopping et les prévoyants qui peuvent en profiter pour faire leurs courses de Noël à moindre coût est aussi celle des cybercriminels et autres arnaqueurs, qui tentent de tirer parti d’une frénésie consumériste. Le Français est obsédé par la bonne affaire. Il ne regarde que le montant de son achat impulsif sans trop se soucier de la véracité des tarifs. Le fameux rapport « qualité-prix » n’a plus d’impact. L’importance du chiffre d’affaires réalisé durant cette période engendre des trucages avec au cours du mois précédent une augmentation du prix ce qui permet ensuite d’afficher des ristournes spectaculaires.

De faux sites apparaissent disparaissent avec la complicité passive des supports mondiaux ravis d’encaisser des pubs. Certains n’hésitent pas, ainsi, à créer de fausses boutiques en ligne ou des clones de boutiques connues, remplies de promotions mais aussi de produits imaginaires dont vous ne verrez jamais la couleur. Dans ce contexte, il faut privilégier les sites marchands français sur lesquels vous avez déjà acheté et qui vous ont offert un service satisfaisant paraît une bonne idée. Bref les achats en ligne nécessitent une méfiance particulière !

Le « vendredi noir » a connu depuis 2013 une progression de 167 % (2013-2020) et il n’y a aucune raison que 2021 ne pulvérise pas le total de l’an passé qui a atteint sur 48 heures la faramineux total de 5,3 milliards dont 4 en boutiques. Ce phénomène a beau être critiqué comme une caricature de la surconsommation force est de constater qu’il progresse sans arrêt rendant la période soldes obsolète. Il existe cependant un mouvement qui prend de l’importance : l’émergence du marché de la seconde main favorisant une consommation plus responsable. Il faut y croire.

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Les naufragés morts au champ de notre déshonneur

Mercredi le variant Delta a causé le décès si l’on se fie aux statistiques, de 52 personnes sur tout le territoire français. Un nombre qui a mobilisé avec toutes ses nombres et graphiques afférents, le gouvernement et tous les pouvoirs publics. Des annonces solennelles avec un déploiement médiatique considérable tentent de persuader des millions de Français de toutes les générations qu’il faut prendre soin des autres en les protégeant de la contamination. Les moyens proposés sont à la mesure de cette crise pour laquelle les qualificatifs utilisés enflent au fil des jours. La mort nous effraie.

Dans la Manche 27 humains, jeunes pour la très grande majorité d’entre eux, ont perdu la vie lors de ce qui était pour eux la traversée de l’espoir. Noyés dans une mer mouvante, sombre, glacée ils ont donné un coup d’accélérateur à un recensement des disparitions dans des conditions similaires. En fait l’émotion aura duré quelques heures et généré le déplacement du patron des forces pour lesquelles l’ordre réside dans la destruction des tentes ou des abris de mauvaise fortune de ces prétendants à la traversée. Bien évidemment personne ne saurait être « responsable » et encore moins « coupable » de ces événements dramatiques. 

Avec une lucidité salvatrice, tout ce beau monde « affligé » qui lâche des larmes de crocodiles a déniché les coupables : les passeurs ! Une « révélation » subite permettant bien évidemment d’éviter le débat de fond. Inutile de préciser que depuis l’origine des temps, dans toute migration il existe des « exploiteurs » de l’espérance des autres. S’il a fallu attendre ce terrible naufrage pour que débute la chasse aux profiteurs du désespoir de ces quelques milliers d’êtres humains croyant que leur avenir se trouve de l’autre coté de l’un des couloirs maritimes le plus fréquenté, c’est affolant. Il y a longtemps que celles et ceux qui s’intéressent tant soit peu aux « passeurs » savent qu’ils sont installés en Angleterre pas loin de ce temple du profit qu’est la City. Il brassent des millions et ne férquenetn que les piscines chauffées. 

Ce drame a une valeur hautement symbolique puisque l’embarcation des malheureux migrants aurait été heurtée par l’un de ces navires qui traversent les océans pour apporter à nos sociétés ces biens devant satisfaire nos appétits de consommation. Souvent d’ailleurs ces cargos sont chargés des matières premières, des denrées venant des pays quittés par ces femmes (rares) et ces hommes en quête de ce monde meilleur qui n’est plus celui de leurs origines. On ne connaîtra jamais la vérité sur cette collision puisque le « géant » ne s’en est probablement pas aperçu. Que pèse d’ailleurs 27 vies de migrants face aux impératifs de la circulation des monstres des mers et au prix de leur cargaison ? 

La réponse a été immédiate de la part des Anglais : mépris intégral au nom des intérêts électoraux, de ces demandeurs d’asile ayant choisi souvent à cause de leur langue et des liens familiaux, de gagner à tout prix les rivages face à Calais. Seule proposition : fournir à la France (sous-entendu incapable de contrôler ses cotes) des hommes et du matériel supplémentaires pour empêcher cette migration maritime. Le cynisme absolu. Comment ne pas se souvenir que les médias britanniques avaient indiqué il y a quelques mois que l’échevelé d’Outre-Manche avait agité la menace de ne plus verser sa participation financière ( 62,7 millions d’euros promis en 2021) pour le contrôle de la frontière. Une manière de se défausser sur la France et plus encore de satisfaire son opinion publique. Le sale boulot pour les Français. La gloire pour Jonhson! 

Au 20 novembre, 31 500 migrants ont en effet quitté les côtes françaises depuis le 1er janvier 2021 et 7800 migrants ont été secourus en mer.  En 2020, les traversées et tentatives de traversée avaient concerné quelque 9500 personnes, contre 2300 en 2019 et 600 en 2018. Aucune des mesures prises ne stoppe l’envie de tourner la page d’existences désespérantes. Peu importe le danger. C’est une constante de toutes les migrations. On n’enseigne pas en Grande-Bretagne que le « Mayflower » en 1620, transportait des dissidents religieux anglais, les Pilgrim fathers ou « Pères pèlerins », et d’autres Européens à la recherche d’un lieu pour pratiquer librement leur religion.

Une tempête avait bien failli les priver de leur installation dans le nouveau monde qui conduisit un fameux « grand remplacement » sur tout le continent. Oublié qu’entre 1819 et 1840 environ 743 000 immigrés arrivent aux États-Unis. Parmi eux plus de 80 % d’Irlandais (335 000), d’Allemands (155 000) et de Britanniques (103 000). … Entre 1840 et 1860 plus de 4 millions d’Européens sont arrivés aux États-Unis. 75 % d’entre eux venaient d’Irlande et d’Allemagne.

Sur les 27 migrants morts, 17 étaient des hommes, 7 étaient des femmes dont une enceinte et 3 passagers « jeunes » sans plus de détail sur leur âge exact. Les victimes sont originaires du Moyen-Orient. Ils sont morts au champ de l’horreur et de l’indifférence. Ils sont les morts d’une « guerre » qui ne fait que commencer. Ils sont les morts de notre déshonneur.

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Pénurie… le mot oublié qui effectue son grand retour

La France dont le rebond économique sur les bases de celles que l’on connaissait avant la crise sanitaire est indéniable. Les entreprises auraient si l’on se fie aux affirmations officielles retrouvé un niveau d’activité similaire. La consommation des fameux « ménages » se porte bien avec pour preuve le fait que les livrets d’épargne, pour ceux qui peuvent en avoir un, se sont un peu vidés du trop plein accumulés durant le confinement. Les mesures annoncées pour endiguer la cinquième vague incitent même à acheter dès maintenant pour la période de fin d’année.

Le fameux Black Friday qui avait déchaîné les passions l’an passé va probablement pulvériser les records tant l’envie d’achats est forte dans cette période où la notion d’avenir reste limitée. Les ventes par internet franchiront un cap supplémentaire poursuivants a progression vers des parts de marché que l’on pensait inaccessibles. L’arrivée croissante de la fibre optique peut à cet égard favoriser cette mutation surtout en zone rurale dépourvue de commerces répondant aux attentes. Le virus, comme dans tous les domaines en portera la responsabilité !

Il serait aussi la cause d’une nouveauté que les pays dits « majeurs » n’avaient plus connue depuis des décennies : la pénurie. Certes au début de la pandémie les rayons des supermarchés avaient été délestés des rouleaux de papier réputé hygiénique. La notions de « réserve de précaution » s’était appliquée à bien d’autres produits dits de « première nécessité ». Il avait fallu des appels au calme et l’assurance donnée aux stockeurs de feuilles molletonnées pour que la ruée se calme. Il est à craindre que le phénomène se prolonge dès le début décembre quand les comptes en banque se seront regonflées.

En fait les pénuries actuelles ont un coté moins poétiques mais elles ne cessent de s’aggraver hypothéquant fortement la reprise. Le pays manque de bois, d’acier, d’aluminium, de composants électroniques, de cuivre, de verre, de papier, de blé et a même failli être privé par le dictateur biélorusse de gaz quand il craint aussi qu’un épisode de froid intense augmente la consommation d’électricité jusqu’à une éventuelle rupture. Sur tous les chantiers ou dans le quotidien les constats sont les mêmes : « je ne trouve que difficilement de l’approvisionnement et les prix flambent. Je ne vous garantis pas que j’aurai les produits demandés et si je les ai je ne connais pas les délais de livraison »… Et l’inflation s’accélérera inexorablement.

Le principe clé de la croissance reposant sur l’adéquation entre l’offre et la demande va aggraver une situation. La vraie question qui nécessiterait une enquête devient alors la première question suivante : les producteurs ou les fournisseurs dans le cadre de la mondialisation n’ont-ils pas « organisé » des pénuries pour pouvoir augmenter sans problème leurs tarifs ? » Ce qui devient rare ou annoncé comme rare devient plus cher !Toutes les carences quantitatives sont-elles réelles ou feintes ou sont-elles le fruit de campagnes médiatiques profitables ?

Les rythmes de productions restent encore inégaux selon les régions du monde, couplé à une reprise mondiale de l’activité entraînant de longues files d’attente pour le fret, notamment maritime, avec une priorité à celui qui paiera le plus, conséquence d’une flambée des prix de toute part… qui se répercute déjà au moment de passer en caisse.

Les vignerons du bordelais sont par exemple concernés en France par l’envol des tarifs appliqués sur des matières nécessaires à leur activité. Augmentation entre 25 et 30% sur les cartons, sur les bouchons entre 5 et 8%, la bouteille en elle même prend entre 6 et 10%,, l’augmentation est générale. L’augmentation sera en moyenne en France de 30 à 50 cents sur la bouteille de vin si les faibles marges habituelles sur le vin d’appellation contrôlée de base veulent demeurer. Les containers indisponibles ont bon dos… pour des fabrications européennes.

Du côté de l’habillement, le prix du coton a augmenté de 47% en un an, contre 43% pour la laine. Coté papier ce n’est guère mieux car là le problème est mondial, car la demande a explosé avec la croissance continue du e-commerce et la reprise économique. La demande au fournisseur qu’est la Chine n’a jamais été aussi importante et le prix de la pâte à papier a bondi de plus de 45% en huit mois. Plus d’usines en France et donc il faudra attendre car la montée du commerce en ligne a provoqué une augmentation considérable des colis et donc du carton et des emballages. Comme il est beaucoup plus rentable de fabriquer ces spécialités que des papiers de base pour l’édition en général (journaux, magazines, livres) des décalages dans les livraisons s’aggravent.

« Pénurie » un mot oublié qui va revenir dans le quotidien alors que nous sommes toujours plus sous l’influence de la publicité dans la société de la surconsommation.

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