Les cinq chroniques d'une épidémie annoncée

 

Je vais vous proposer un petit jeu qui ne vous rapportera que des désillusions… Il faut gratter les faits que vous avez pu observer durant votre journée ordinaire et tenter de les classer dans une urne électorale après les avoir vécus. Au moment de tirer le rideau vous dépouillez le résultat et vous analysez les conséquences de ce que vous avez noté sur toutes les personnes présentes au moment des faits. Leurs regards. Leurs mots. Leurs appréciations.

Voici un descriptif des 5 « événements » qui ont donné à des dizaines des témoins l’envie de déposer un bulletin FN dans la prochaine urne qu’ils rencontreront. Et tout est exact ! Aucune grande déclaration fracassante. Aucun message politique provocateur. Aucune appréciation. De simples histoires banales d’un mercredi comme les autres !

7 h 45 devant chez moi dans la rue : La matinée s’annonce paisible et surtout disponible pour dialoguer sur le marché de Créon avec les connaissances que je peux y croiser. Un bonheur très rare puisque ce matin là, quasiment tout le temps, les rendez-vous me bloquent au bureau. Le téléphone portable sonne. Pas moins de 3 véhicules en stationnement dangereux interdisent l’accès à la place du marché, aux commerçants non-sédentaires. Ces gens là, partagés entre des gens « installés » et des précaires venant gagner quelques euros attendent que le Maire trouve une solution… Le petit groupe fulmine et exige que l’on dégage ces automobiles qui « les empêche de travailler ! ». Impossible de faire autre chose que de relever les plaques minéralogiques avec l’espoir de dénicher des propriétaires locaux.

Une auto habituée des infractions n’a pas de vignette d’assurance à jour, plus d’éclairage, les portes ouvertes… mais on ne peut pas la déplacer. Une autre est en leasing donc avec un conducteur non identifiable et l’autre appartient à des gens domiciliés dans le 37. La troupe marmonne. Les clients arrivent. Les commentaires vont bon train et sont tournent autour de ces personnes qui « dorment le matin quand d’autres travaillent » et qui, en plus perturbent la journée des lève-tôt du boulot. La gendarmerie appelée en renfort arrive une heure plus tard. On finit par dénicher le fautif qui habite à quelques dizaines de mètres. Déplacement collectif sous les yeux des curieux. On monte à l’étage : rien aucune réponse. Inefficacité des « autorités » accentue le malaise. Les quolibets vont bon train. Les passants et les « travailleurs » ne se privent pas pour faire remarquer que « l’ordre ne règne guère dans notre pays ! » Exaspération…généralisation…stigmatisation et la pieuvre brune se régale !

8 h 55.- Dans la rue. Une dame s’approche de la Maréchaussée. « J’habite au 2, rie de la Gare. Les nouveaux arrivants au chômage font la java toute la nuit. Je suis marchande foraine et je pars à 4 h tous les matins. Je ne dors plus. Je n’en peux plus… Venez voir ! » Le gendarme lui conseille d’appeler le 17 après 22 h 30. La patrouille passera. Elle repart persuadée que rien ne sera fait et qu’elle ne sera pas entendue. Impossible qu’elle se trompe dépitée de bulletin de vote le moment venu ! Confrontation…Emotion…désolation ! Il en restera au moment de voter !

9 h 15 .- Dans le bureau de tabacs tout proche : Une dame du village de Baron furibarde et le rictus aux lèvres. . « je veux une timbre amende à 90 euros ! Mon mari a été pris en excès de vitesse pour 1 kilomètre dépassé… C’est une honte ! » Rapport vite fait entre les véhicules en stationnement plus que gênent et son époux sanctionné. La buraliste n’arrivera pas à la convaincre que probablement son conjoint roulait plus vite. Immédiatement : « le gouvernement n’a rien d ‘autre à faire que nous piquer du fric à nous les pauvres gens ! » Rien n’y fera ! Elle ne tolère pas ce qu’elle estime être une injustice. Les autres clientes hochent de la tête. Manichéisme…égoïsme… simplisme ! Le plein est fait !

10 h.- Terrasse du Café : MacDo’ a obtenu dans le respect absolu de la légalité un permis de construire sur un espace d’aménagement commercial.  Le débat du comptoir tourne autour de ceux qui « s’en foutent ils n’iront jamais ! » et ceux qui pensent « qu’un truc omme ça n’a rien à foutre à Créon ! ». L’un d’eux préfère un « MacDo à un autre kebab ! ». L’autre rappelle que « des jeunes au chômage ont trouvé un emploi et sont heureux alors que les écolos sont pas foutus d’en créer uns seul ! ». On y ajoute « qu’on y vend même pas de pinard dans leur MaqueDo ! » La bataille fait rage et onse jette au visage des idées toutes faites au moment où BFM TV en boucle sur l’écran du bar est en plan fixe sur la piste de Villacoublay. Mon café n’a pas le goût dont je rêvais, celui de la liberté. Illusion…approximation… division ! Rien n’est parfait mais rien n’est négatif mais tout se termine par un bulletin protestataire dans une urne ou pire par une abstention ! Certains entretiennent systématiquement la contestation comme on cultive les céréales avec l’espoir de récolter !

11 h 55.- Retour maison. La voiture épave n’a pas bougé. Je m’en approche. Le propriétaire m’apostrophe : « Eh ! Le maire laisse ma voiture tranquille ! ». Le ton monte vite. Chien sans muselière en laisse devant les copains radieux, le fautif contre-attaque. « Oui. Je m’en fous ! Je dos moi monsieur le matin… L’assurance ? Je ne m’en sers que deux fois par semaine ! Ça ne vous regarde pas !.. Je vais pas m’emmerder le soir à trouver une place… » Je ne lâche rien ! Il appelé la Gendarmerie… « Je laisserai ma voiture ici tant que je veux ! ». l’affrontement vire à l’aigre. Je menace de revenir avec le carnet de procès-verbaux. Rien n’y fait. Je rentre dépité et désabusé. Toute la rue a entendu et a vu ! Impuissance…Outrecuidance… Insolence… et demain on parlera ordre, travail, famille. Aucun de protagoniste n’est inscrit sur les listes électorales et dans le fond ça vaut mieux.

Le moral ébranlé ne se remonte que quand je constate que mon combat n’a pas été inutile. Le récalcitrant récupère son épave et va la stationner plus loin. J’ai gagné une bataille mais je en suis pas certain que je gagnerai la guerre !

3 Réponses

  1. Apollodore (@ApollodoreLive)

    Intéressant mais je ne comprends pas bien… Au final il vous aura fallut 4 heures pour menacer de mettre un PV.

    Voilà comment cela aurait du se passer

    7h45 constations des infractions
    7h46 faire les PV.
    7h47 les gens râlent toujours, mais la sanction est tombée, les esprits se calment.

    Et puisque que vous avez affaire à un récidiviste et bien investissez dans des carnets à PV.

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  2. JLE

    Je crois mon cher ami Jean Marie , que tout cela reflète une fois de plus la perte d’une notion simple éduquée par nos parents : Le RESPECT.
    Il y a encore peu de temps mon fils me disait : « papa tu veux que l’on dise bonjour au gens et merci » mais les gens ne te répondent pas .. alors à quoi çà sert ? Seule réponse que j’ai trouvé, t’inquiètes ceux qui te répondront seront fiers de toi ..

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