Comment expliquer aux électrices et aux électeurs de tous bords qu’après les événements du début de l’année ils ne doivent plus laisser la place à celles et ceux qui justement passent l’essentiel de leur temps et de leurs forces à cliver la société. Le dire c’est facile. Le vouloir c’est encore plus aisé mais parvenir à le faire c’est une tâche extraordinairement difficile dans une société qui se contente d’éruptions émotives. Encore une fois une élection partielle donne un résultat reflétant ce phénomène du désintérêt des gens pour l’exercice démocratique du vote. Et tout le monde se contentera d’analyser l’écume du résultat comme ce sera le cas dans moins de 2 mois pour les départementales.
Considérer qu’un député de plus ou de moins, d’un camp ou d’un autre à l’Assemblée nationale ne va pas changer le quotidien peu paraître acceptable mais perdre tous les bienfaits d’une vraie politique de proximité portée par une majorité solidaire et cohérente de gauche n’est autrement plus dangereux. Là on n’est plus dans les postures liés aux critiques généralistes sur les « élus », sur les « trop-payés », sur les « inutiles » mais plus prosaïquement sur la défense de son quotidien !
Dès que dans la salle de bains le maton on tourne le robinet d’eau on entre dans le champ des compétences du conseil général (départemental) et plus aucun de nos gestes habituels, quel que soit notre âge, ne sort de ce panel d’actions concrètes.
Le vote « utile » prend tout son sens le 22 mars… et la vote en faveur de la solidarité humaine et territoriale devient essentiel !
Le fameux vote « protestataire » devient absurde car ce serait non pas mettre en cause les orientations nationales mais tout simplement se tirer une balle dans le pied en confiant la gestion départementale à des élus ne cherchant qu’à briser ces orientations via la « suppression du département devant une succursale de la métropole » ; la « baisse des soutiens au milieu associatif ferment d la citoyenneté » ; le « surendettement lié à des projets pharaoniques » ; la « fin de toutes les actions d’insertion des enfants, des jeunes ou des moins jeunes en difficulté » ; les restrictions sur le logement ». Ce sont des réalités constatées dans de nombreuses villes désormais gérées par le FN. L’indifférence de celles et ceux qui pourraient refuser de faire barrage au populisme permet tous ces abus. Et les déclarations à l’emporte pièce et approximatives des autres accentuent ce phénomène dramatique pour la démocratie.
L’introduction de la barre des 12,5 % des inscrits pour un maintien des candidats les plus crédibles est impossible à expliquer au plus grand nombre. Répéter que ne pas aller voter fait le bonheur du FN dans le contexte politique actuel c’est une œuvre pédagogique difficile à concrétiser. La législative partielle du Doubs va peut-être réveiller quelques esprits. On n’est plus dans l’éparpillement des voix mais car la responsabilité est lourde pour les candidatures qui empêchent celles avec lesquelles il n’y a que des différences formelles d’accéder au second tour. Toute troisième place avec une participation faible est en effet éliminatoire ! L’UMP qui se voit triompher partout et se couvrir de gloire peut modérer ses déclarations car elle sera souvent victime de la percée du FN !
Si l’on regarde les résultats de la 4° circonscription du Doubs en nombre de voix (et non pas en pourcentages) on constate que le FN entre 2012 et 2015 a perdu 1243 voix, que l’UMP a chuté de 2516 voix (il n’ a pas eu d’effet mobilisateur Sarkozy!), que le PS a perdu 9 005 voix (mais ce n’était pas le même candidat), que la Front de Gauche a oublié en route 312 voix (L’effet Siryza est absent!) et que les Verts sont les seuls à retrouver leur électorat à quelques voix près ! C’est cette désaffection générale qui devrait préoccuper les vrais analystes et pas des comparaisons approximatives ne reposant pas du tout sur les mêmes bases. Personne n’a en effet de vraies raisons de se réjouir de ce scrutin car il témoigne d’un véritable précipice entre le monde politique et le peuple dans sa diversité.
Lors de cantonales seule la carte de la proximité avec les candidat(e)s peut mettre un peu de soleil dans cette au froide de la démocratie représentative actuelle. Il faut ranger dans les tiroirs idéologiques les grandes déclarations et descendre à la mine pour expliquer, expliquer, expliquer…expliquer sans cesse en eu de temps car les vacances scolaires vont totalement manger la campagne possible. Le déficit de connaissance des modalités du scrutin et même de son intérêt atteint des sommets ce qui constitue le plus lourd des handicaps car les caméras qui attendaient à Montbeliard l’effondrement du PS seulement moins pire que prévu se moquent pas mal de la proximité ! Elles attendent maintenant les déclarations de Sarkozy ou de Juppé… le reste ?

Une réponse

  1. Fabienne

    J’ai conscience, que c’est dans notre « tribu » de précaire de tout poil, qu’il y a le moins de votant, mais encore faudrait il s’adresser à eux, en étant « crédibles », et surtout, compris et écoutés, dans les lieux ou ils sont (ça se déplacent pas les précaires…) et parler avec leur mot de chose concrète, de prendre des engagements forts, mais j’ai bien peur de parler dans le vide, j’avais fait au nom du réseau, des propositions dans ce sens……mais elles n’ont pas été suivies….c’est pas grave, nous nous organisons en collectif et ça marche !….chaque collectif un thème, et chacun en relation avec les autres pour échanger…là pas (peu) de politique, mais des gens, des assos, des syndicats, des médecins, des chercheurs, des économistes….des militants, pas de gauche, pas de droite….HUMANISTES.

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