Concrètement, le parti d’opposition appelle ses électeurs à exprimer une « double opposition » en « votant blanc ou en s’abstenant » dimanche lors du second tour de la législative partielle dans la 4e circonscription du Doubs, qui oppose Sophie Montel (FN) à Frédéric Barbier (PS), le candidat UMP ayant été éliminé au soir du premier tour. Cette prise de position nationale qui en principe devrait engager tous les militants et élus du parti dirigé par le conférencier Nicolas Sarkozy pose un vrai problème avant les élections cantonales car elle risque de faire jurisprudence dans de nombreux départements. L’abstention annoncée va certainement favoriser des duels PS-FN au second tour pour peu que leurs candidats soient aux 2 premières places au soir du 22 mars. Si chaque situation fait l’objet d’une décision particulière selon l’intérêt que l’on a à la prendre (une majorité départementale peut dépendre de la victoire ou de la défaite dans un seul canton) on va assister au plus grand bal des faux-culs démocratiques qui puisse exister.
Le « ni…ni… » constitue une vraie remise en cause des valeurs républicaines. En effet pour choisir une position vis à vis de 2 candidats il faut absolument comparer les principes qu’ils sont, par delà leur engagement partisan, capables de défendre. C’est essentiel! On peut être en désaccord sur des méthodes de gestion, sur des déclarations de campagne électorale mais vite se retrouver sur l’essentiel, sur les fondamentaux du vivre ensemble au pays des Droits de l’Homme. Les conseillers départementaux quels qu’ils soient ne sont que les garants du quotidien des gens de leur territoire électif et ils n’ont aucun pouvoir dans les orientations politiques nationales.
Selon la majorité du bureau national de l’UMP notamment élu par les militants girondins il n’y a pas de différence fondamentale entre un député socialiste et un député Front National. Il serait étonnant qu’il en soit autrement pour les plus extrémistes de ce parti quand il faudra choisir au niveau d’un canton ! Or en Gironde il est probable selon les analystes politiques que dans une demi douzaine de cas on se retrouve dans cette situation avec une majorité assurée à… 17 territoires électifs. Si par exemple la gauche emportait 32 sièges et que la Droite en obtienne 30 et que le FN en glane 4… quelle sera la position de l’UMP ? Refusera-t-elle des voix éventuelles du clan bleu Marine pour faire élire un exécutif conforme aux ambitions de son mentor local ? Laissera-t-on la Gauche gouverner avec une majorité relative ou mêlera-t-on les voix UMP-UDI-MODEM avec celle des Frontistes pour constituer des majorités circonstancielles de blocage ?
En fait les électrices et les électeurs du camp du progrès, de la péréquation, de la citoyenneté, de la protection environnementale, de la solidarité humaine et territoriale doivent absolument éviter de placer les candidat(e)s de Gauche dans la situation d’être tributaires du « ni… ni ! ». Il ne faut absolument pas se leurrer une position nationale de ce type aura de l’influence sur des « locaux » ravis de se distinguer ! Alain Juppé et d’autres Girondins ont été clairs au plan national. Pas question à gauche, selon moi, de leur donner un blanc-seing local tant qu’il n’y aura pas une vraie volonté de faire front globalement sur la base d’un engagement similaire. Il n’est pas possible de considérer que des positions à géométrie variable soit la règle commune. L’UMP pourrait opter pour le tirage au sort ou le pile ou face !
En ce qui me concerne je ne servirai pas de force d’appoint au sein de l’assemblée départementale si les électeurs m’accordent leur confiance en participant à un exécutif dont je ne partagerai pas les valeurs qui ont guidé mon engagement politique. C’est annoncé et ce sera tenu… Il est impossible d’avoir subi les sarcasmes, les provocations, les inexactitudes de la Droite UMP sur le fonctionnement du Conseil général et ensuite de se retrouver sur des positions ignorant ce passé. Comme le dit joliment un principe : « je pardonne à ceux qui m’ont offensé mais j’en garde précieusement la liste ! » et en plus je porte systématiquement sur celle-ci les déclarations des offenseurs.
Le rassemblement est indispensable dans la période actuelle mais sur des bases républicaine incontestables : fraternité, laïcité, égalité, solidarité ! Et pas seulement en déclaration de principe mais avec une mise en œuvre effective comme c’est le cas avec une majorité départementale de gauche sereine et respectueuse de l’intérêt général ! Le « ni…ni » je le vis personnellement comme une blessure à mon investissement durable dans la vie publique. Je serais particulièrement meurtri de constater que des femmes et des hommes politiques nationaux puissent me ranger dans la même catégorie qu’un élu potentiel du FN… n’ayant pas d’autres préoccupations que celles de la chasse aux immigrés dans tous les secteurs de la vie sociale. Mais je ne fais aucune illusion !