En inaugurant le splendide centre socioculturel de Salleboeuf Monsieur le Préfet d’Aquitaine et de la Gironde a eu cette belle phrase que je partage depuis longtemps : « c’est sur le terreau de l’ignorance et de l’acculturation que poussent les herbes folles de l’intolérance et de la barbarie ». Il est vrai que regrouper dans un même lieu, au cœur du village, plus de 10 000 ouvrages pour plus de 800 abonnés, une ludothèque, un relais pour assistantes maternelles, un point informatique, un espace pour le 3° âge, constitue une vraie réponse au besoin urgent de lien social, d’échanges humains et de partage des savoirs permettant de lutter à la fois contre le maléfice des communes dortoirs et du fléau du repli sur soi. A « la Source » enfants, jeunes, moins jeunes, retraités viendront s’abreuver en citoyenneté vivante !
Dans cet espace intelligent et lumineux le livre tient une place privilégiée. C’est autour de lui que tournent les autres propositions en matière culturelle. Quel que soit le résultat final du débat en cours sur la réforme territoriale, le Conseil départemental héritera de la compétence historique du Département : la lecture publique ! C’est la possibilité offerte à chacune et chacun de se former, de se cultiver, de s’informer, tout au long de la vie et à proximité de chez lui grâce à un réseau très dense dans certains territoires mais très faible dans d’autres (Haut entre Deux Mers par exemple) de bibliothèques et parfois de points lecture. Avec le concours de la Bibliothèque départementale de Prêt un fonds de dizaines de milliers de livres mis à disposition des 800 bénévoles et des 300 professionnels qui s’efforcent de répondre à l’appétit de lecture des Girondines et des Girondins. Cet enjeu de citoyenneté et de développement local est une priorité constante pour la majorité départementale et l’un des axes majeurs de sa politique culturelle. Afin de favoriser la mise en œuvre de sa mission légale autour de la lecture, un Plan Départemental de Lecture Publique a été voté en décembre 2004.et constamment mis en œuvre depuis par le vote du budget annuel assurant les crédits nécessaires aux objectifs politiques :
Développer l’égalité d’accès à la culture, aux savoirs, à l’information et à la culture sur tout le territoire girondin et en particulier auprès des publics prioritaires ou en difficultés.
Améliorer et développer l’offre de services notamment par la diversification des supports de connaissance (écrits, audiovisuels, numériques) et le développement de l’emploi professionnel.
Inscrire la lecture publique dans une logique d’aménagement du territoire par la mutualisation des ressources et des services offerts par les bibliothèques – médiathèques et la mise en réseau des acteurs et des équipements à l’échelle des pays.
A travers de nouvelles aides à la construction, à l’équipement, à l’acquisition de fonds, à l’emploi, à l’information, le budget voté par la majorité départementale consacre un effort important à la lecture en Gironde. C’est un réalité palpable à Salleboeuf où l’emploi créé bénéficier de 15 000 € de subvention !
Jamais ces efforts n’ont été aussi nécessaires. Jamais nous n’avons eu autant besoin du livre pour confronter les idées, pour enrichir le débat, pour faire vivre simplement la diversité dans la plus parfaite tolérance. D’autant que pour illustrer l’importance de ce travail de partenariat entre les collectivités territoriales et le Conseil général il faut se pencher sur l’actualité.
Des combattants de Daech auraient pris possession de la Bibliothèque centrale de Mossoul pour «assainir» les fonds documentaires. Selon les habitants, ils auraient emmené avec eux dans six pickups plus de deux milles livres pour les détruire. Etaient concernés, les livres pour enfants, de poésie, de philosophie, de santé, de sport et de sciences, ainsi que les journaux datant du début du XXe siècle, des cartes ottomanes et des collections privées offertes par les vieilles familles de Mossoul. Seuls les livres traitant de l’islam auraient été épargnés. Un homme en tenue afghane aurait harangué la foule : «Ces livres appellent à la désobéissance à Dieu, ils doivent être brûlés.» Les assaillants auraient ensuite mis le feu aux documents devant les étudiants.
Les extrémistes ont déjà commencé à détruire les livres dans les autres bibliothèques publiques de Mossoul et les archives d’une bibliothèque sunnite, celle de l’Eglise latine et le monastère des Dominicains. Les combattants de Daech s’en sont ensuite pris à la bibliothèque du Musée de Mossoul et ont détruit des œuvres datant de 5.000 ans avant Jésus Christ. Daech « perçoit la culture, la civilisation et la science comme des ennemis féroces », remarque le député irakien Hakim Al Zamili. Combien il a raison !
Mon bonheur est encore plus grand d’avoir été aux cotés de l’équipe municipale de Salleboeuf, ce matin pour faire naître ce lieu et d’appartenir à une majorité progressiste du Conseil général qui par le vote du budget annuel permet la poursuite d’un programme ambitieux du livre, outil culturel qui partout où il est méprisé laisse la place à barbarie physique et morale !

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