Les analystes vont demain se déchaîner en commentant les défaites des uns et les victoires des autres mais avec des infographies, des statistiques, des résultats globaux pour éviter de compléter la vision impulsée par les ténors du monde politique. Alors peu-être peut-on donner quelques clés pour les citoyens qui ne se contentent pas de pourcentages et de comparatifs généraux? En effet il faudrait pour être absolument objectif faire un tableau avec 3 critères .

Le premier c’est la mobilisation de l’électorat (% de participation!) car plus les électrices et les électeurs sont venus nombreux plus ils atténuent l’effet pourcentage ! Il est beaucoup plus aisé de réaliser un carton dans un canton où les participants au résultat sont clairsemés que dans un où on est venu voter en masse !
Ensuite c’est le nombre de voix qui fait la réalité d’un résultat… puisque désormais les tailles électorales des territoires est équivalente. Le (la) meilleur(e) élu(e) n’est jamais celui ou celle qui a fait le plus fort pourcentage mais celle ou celui qui a attiré sur son nom le total de voix le plus élevé. Mais personne n’utilise ce critère ! Enfin il serait intéressant après les municipales de vérifier le score dans les communes de résidence de vote des élus en lice ! L’impact individuel et l’image personnelle ont pris une dimension supérieure à chaque consultation.

Par ailleurs les premiers constats attestent d’une forte porosité FNUMP dans les situations où un PS ou un PS-EELV se trouvait face à un UMP-UDI-MODEM. L’électorat frontiste passe d’un camp vers l’autre aux alentours de 60 % et poursuivent leur vote protestataire en revenant vers… Sarkozy ! C’est la grande leçon de ce second tour. Pour les fans du bleu marine il n’y a pas de « ni PS… Ni UMP » mais un soutien effectif aux représentants de l’UMP qui n’apparaît pas bien évidemment dans les triangulaires ! Un tiers des votants FN du premier tour est en effet seulement respectueux des consignes de Marine et s’est abstenu ou a voté nul ou blanc ! Il n’en sera pas de même aux régionales où le vote ne sera pas du tout du même ordre. Ce serait une erreur de croire que le FN restera en 3ème position en décembre car sur un seul jour le résultat ne sera pas du tout le même et le FN va faire un carton.

Il serait également intéressant de comparer les scores de municipales avec celui des cantonales sur les villes ou les communes ayant basculé dans un sens ou dans l’autre il y a un an. Certaines listes ont élargi leur marge mais d’autres l’ont vu déjà fondre comme neige au soleil. Peut-on comparer en nombre de voix (et pas en pourcentage) les résultats des candidats de gauche réunis au second tour sur la ville de Bordeaux avec par exemple le score réalisé par la liste Feltesse ou par le total des voix de droite aux départementales et celui de Juppé ? Pas en pourcentages mais en voix répétons le ! A voir aussi à Pessac ou ailleurs !

Que l’on réalise un palmarès à partir du total de voix ! Que l’on fasse un comparatif sur le vrai et seul pourcentage valable celui obtenu par un(e) candidat(e) sur le nombre d’inscrits sur les cantons concernés. C’est objectif, clair, cohérent… et irréfutable mais dangereux pour les images toutes faites que l’on colporte médiatiquement. En fait tout le monde s’en moque puisque seul le résultat compte ! Et comme seul le spectaculaire prime sur la vérité on évite les analyses sérieuses. En donnant en pâture des chiffres sans aucun sens on laisse accroire au grand public que la plaie de la démocratie est refermée le soir d’un scrutin ! Or elle est béante avec une abstention à laquelle tout le monde finit par s’habituer ! Elle rend certains résultats exprimés en pourcentages totalement farfelus. Surtout en zones urbaines mais chut il ne faut pas le répéter et encore moins l’écrire !

Le 3ème tour sera celui de l’élection des président(e)s. On reviendra aux influences des partis et des équilibres nationaux à respecter. L’approche des présidentielles va influer sur ce scrutin mais bien entendu il faudra beaucoup de sens de l’observation pour arriver à déceler les influences réelles. Il sera ensuite temps de revenir à la réalité : comment boucler le budget 2015 et surtout comment arriver à en bâtir un pour 2016 ? Et on reparlera de chiffres…maltraités ou accaparés. Un soir ou un lendemain d’élection perdue ou gagnée les cris des chiffres sont les mêmes : ceux des torturés avouant ce que l’on veut qu’ils disent !

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