« Le tous pourris » vision du monde politique portée par la compilation de comportements vraiment désastreux de certains élus a permis au Front National de se confectionner une virginité en matière financière. Il serait un parti d’une probité absolue et ses dirigeants vivraient dans la précarité, auraient le train de vie d’un immigré clandestin au RSA et ne se nourriraient que d’idées toutes faites et d’eau fraîche des années 30 ! Personne ose enquêter véritablement sur les prises de position de ces « donneurs de leçons » ayant un seul mérite : mentir avec aplomb et exacerber les instincts les plus populistes traînant dans toutes les sociétés consuméristes. Prenons un exemple concret.
Lors de la séance de mise en place du conseil départemental de la Gironde, le leader apparent du binôme a fait le couplet sur les indemnités allouées aux membres de cet nouvelle assemblée considérablement féminisée, rajeunie et renouvelée. Il a donc réclamé une baisse de la base d’attribution de ce qui est prévu pour compenser l’engagement au service des autres et souvent au détriment de son travail ou de ses proches. Une déclaration de principe sûrement envoyée avec le bréviaire du parfait élu FN lue avec application comme un militaire en service commandé ! D’autant que la majorité des nouveaux maires FN ont immédiatement augmenté les indemnités votées par leurs prédécesseurs… L’archétype de ce qui fait le succès d’un parti englué dans les affaires mais qui se permet de se présenter en chevalier blanc de la vie politique. Le duo a donc voté contre mais… quelques instants plus tard a approuvé le niveau des fonds obligatoires destinés à la formation ! Alors de prime abord pour le citoyen qui n’a pas les clés permettant de comprendre cette différence d’attitude ils sont de vrais défenseurs du contribuable ! En fait il s’agit pour eux de prendre tout ce qui peut être pris pour le parti en prévision des présidentielles.
Le paquebot FN a ses dettes russes à rembourser et a besoin de fonds pour les campagnes ultérieures. Or le FN s’est fait une spécialité de l’exploitation des textes sur le financement de la vie politique. Il pratique la technique de la facturation plein pot de services rendus à ses troupes afin de récupérer les fonds publics alloués pour les campagnes ! La formation est aussi une source de revenus grâce à des tarifs cossus pratiqués par des officines FN agréées qui vendent de la propagande et les techniques qui vont avec ! Les élus frontistes ont reçu comme consigne de faire jouer au maximum la loi en la faveur de ce principe louable mais souvent détourné et donc là ils ont voté pour sans déclaration sur la crise ! Ils ont également protesté contre le refus de création d’un groupe pour un binôme représentant un seul canton et surtout les moyens qui vont avec !
Durant la dernière campagne des départementales, les candidat(e)s frontistes ont généralement effectué peu d’efforts de communication. Une brochure nationale destinée à vanter les mérites de la « Marine » a parfois été distribuée dans quelques boites aux lettres avec une seule page portant les photos des prétendants aux postes départementaux. Elle n’a même souvent pas été diffusée … mais par contre elle figurera dans les comptes de campagne pour un coquet montant ce qui permettra au Parti de récupérer dans tous les cantons une sérieuse plus-value ! Rien à dire : c’est légal sauf que le justice qui s’est penchée sur la « surfacturation » Bygmalion a mis son nez dans les méandres des succursales FN ! L’enquête visant le Front national a vite pris une nouvelle dimension. Les juges auraient élargi, selon le journal Le Monde leurs investigations à des faits de «financement illégal d’un parti politique» et «financement de campagne électorale».
Au cœur de ce vaste système de fraude présumé : le microparti de Marine Le Pen, « Jeanne », et la société Riwal, dirigée par Frédéric Chatillon. Ce proche de la présidente du FN joue un rôle essentiel pour le financement du FN. Il est suspecté d’avoir conçu et …surfacturé des «kits de campagne», obligatoires pour tous les candidats frontistes aux législatives de 2012 (déjà!) et probablement lors d’autres échéances électorales qui tombent dans le cas du remboursement des frais de campagne (Municipales ? Sénatoriales? Départementales ?). Déjà poursuivi pour « faux et usage de faux », « escroquerie » et « abus de biens sociaux », Chatillon vient d’être mis en examen pour « financement illégal de parti politique ». Sa société, Riwal, aurait également été mise en examen pour «escroquerie». Ces fameux kits de campagne étant remboursés par l’Etat pour les candidats ayant obtenu plus de 5% des suffrages, la manœuvre s’apparenterait à un « détournement de fonds publics ». La justice estimerait en effet à 10 millions d’euros les sommes récupérées lors du financement des campagnes frontistes de 2012. On aura plus de mal à le prouver pour la formation mais c’est le même principe ! Riwal aurait «trompé l’Etat français» afin d’obtenir « le remboursement des frais de campagne surévalués aux candidats, sur la base de comptes de campagne frauduleusement établis ». Selon le Monde, les juges reprocheraient également à « Marine » d’avoir fait salarier « fictivement » par Riwal deux de ses conseillers… Ce qui donne raison à Papa Le Pen qui a déclaré : « Marine Le Pen est en train de se soumettre au système ! »… un système qu’elle connait bien et que ses ouailles dénoncent pourtant avec aplomb comptant sur l’ignorance collective pour se donner l’image de gens « anti-système » ! Tous vivent sur les apparences et l’amalgame !
Jean-Marie Darmian