A partir de cet instant je vous demande instamment de me dire franchement ce que vous pensez de ma poignée de main. En effet vous éviterez selon une récente étude bien des frais à la Sécurité sociale. Plus d’analyse de sang, d’urine, plus de radios, de scanners, de visites médicales en tous genres : vous êtes sen mesure de m’indiquer si je dois ou ne dois pas encore écrire mon testament ! C’est mieux que les propositions d’horoscopes, des tirages de tarots ou de boules de cristal que je reçois en permanence via internet comme si mon avenir devait s’obscurcir vu mon grand âge. Si une poignée de main vigoureuse a toujours pu être considérée comme un signe de bonne santé, il était difficile de mesurer le réel rapport entre notre état physique et notre force de préhension. C’est désormais chose faite grâce à ces chercheurs qui ont utilisé un dynamomètre à poignée pour réaliser leurs mesures.
Une baisse de 5 kg de la vigueur d’une poignée de main induirait une augmentation des chances de décès précoce de près de 16 %, un taux non négligeable. En cause, les maladies cardiovasculaires (crises cardiaques, AVC) favorisées par le manque de force musculaire. Il va donc falloir que je surveille la manière dont je « toque la manette » selon une expression consacrée touchant la facilité avec laquelle André Labarrère pratiquait cet art des campagnes électorales. Les services secrets vont donc attentivement mesurer la vigueur des échanges de salutations forcément distinguées longuement dispensés entres chefs d’État devant les photographes et les caméras. L’art de la bise va donc devenir un moyen détourné de ne pas fournir des renseignements sur la santé dont on jouit. C’est donc Angela Merkel, la plus mal bisée des gouvernants qui a l’avantage en la matière !
Les chiffres de cette étude ô combien importante prennent évidemment compte des spécificités de chaque cas : l’âge, bien sûr, mais également l’éducation, l’activité professionnelle et les habitudes de consommation des sujets. Les résultats, encore sujets à caution, ouvrent la porte à de nouveaux tests de santé à bas coût qui pourraient demain rejoindre les examens de pression artérielle et la posologie lors des visites de routine. Outre les maladies cardiovasculaires, les poignées de main pourraient permettre de mesurer d’autres variables médicales telles que le vieillissement ou même détecter un éventuel cancer et indiquer quand le manque de masse musculaire devient préoccupant. On ignore toutefois pour l’heure si les patients dont la force de préhension augmente bénéficient d’un allongement de la durée de vie. C’est dommage car on arriverait ainsi avec des spécialistes payés à bas prix à résorber le déficit de la sécurité sociale.
Il faut cependant rappeler que le rite de la poignée de mains n’existe pas dans toutes les civilisations et que le modernisme tend à le faire disparaître au profit des gestes complexes et originaux. Que dire du frottement de nez des esquimaux ou du baiser à la russe certainement inventé par le KGB pour cacher la vérité sur la santé des dirigeants ! En Asie, le plus souvent, on fait une petite révérence en signe de respect : on incline la tête seule en Chine ; la tête et le buste au Japon (cela s’appelle l’ojigi) ; la tête avec les mains jointes en Inde et en Thaïlande (cela s’appelle le wai). Il va donc falloir examiner ces inclinaisons de plus près. On sait aussi que chez les Espagnols, les Mexicains et les Anglo-Saxons on se donne l’accolade en se prenant dans les bras et en se donnant des tapes dans le dos, car autrefois on voulait vérifier que l’autre ne portait pas d’arme cachée derrière son dos. C’est plus prudent et plus sûr sur la certitude de ne pas connaître prématurément la rencontre avec la mort ! Dans les pays musulmans, les hommes mettent la main sur le cœur en disant salam aleikoum (« la paix soit avec vous »). C’est de cette expression que vient le mot français « salamalec » (« faire des salamalecs », c’est faire des politesses en exagérant un peu). Les Juifs disent en hébreu shalom alekhem, qui a le même sens qu’en arabe. Mais est-ce plus rassurant ?
En fait il y a tout un art de la poignée de main qui s’apprend selon que l’on veut impressionner celle ou celui auquel on la donne. Quand on veut travailler la manière dont ce geste doit être utilisé on peut vite noter principes :
Attendez: Ne tendez pas la main en premier, attendez que votre interlocuteur vous y invite car ainsi il admet votre importance.
Tenez-vous droit: Ne restez pas assis lorsque vous serrez la main de quelqu’un et évitez aussi de vous pencher par dessus la table ou le bureau. Il est préférable de vous lever pour démontrer tout l’intérêt porté à celui que vous accueillez ou que vous rencontrez
Donnez une main ferme: Une main molle est désagréable et donne l’impression d’un caractère faible. Il est donc conseillé de donner une poignée de main ferme, sans toutefois exercer trop de force pour ne pas vouloir être supérieur(e)
Maintenez un contact visuel:v Regardez la personne à qui vous serrez la main. Si vous ne vous connaissez pas, profitez de ce moment-là pour vous présenter.
Ce sont des conseils de la sécurité sociale en attendant que l’on m’apprenne les secrets des poignées d’amour !

Une réponse

  1. J.J.

    …..ces chercheurs …..
    Est-il vrai que l’on occupe et rétribue des chercheurs pour publier de semblables carabistouilles ?

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