Le monde est revenu trois décennies en arrière et rien ne permet de penser que la descente sociale aux enfers va se poursuivre. Les inégalités ont en effet atteint des niveaux record dans la plupart des pays de l’OCDE et elles sont plus marquées encore dans plusieurs économies émergentes. Un rapport publié par l’organisation relève en particulier les écarts entre hommes et femmes. Ce constat devrait fortement interpeller la commission européenne essentiellement préoccupée par le maintien des profits en s’appuyant sur les équilibres budgétaires des États. Il n’en est rien puisque l’obsession est monétaire et financière absolument pas sociale. C’est un échec complet !
Dans la zone OCDE qui regroupe 34 pays, les 10% les plus riches de la population ont un revenu 9,6 fois supérieur à celui des 10% les plus pauvres, alors que ce rapport était de 7,1 dans les années 1980 et de 9,1 fois dans les années 2000, d’après les chiffres de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). Les inégalités sont encore plus criantes en ce qui concerne le patrimoine, souligne le nouveau rapport. En ne s’attaquant pas au problème des inégalités, les gouvernements affaiblissent le tissu social dans leur pays et compromettent leur croissance économique à long terme… Parfait sauf que tous les organismes s’en moquent totalement puisque ce qui compte c’est la croissance à court terme dans des perspectives électorales.
On estime cependant que la montée des inégalités, entre 1985 et 2005, dans les 19 pays de l’OCDE analysés, a amputé la croissance de 4,7 points de pourcentage en cumulé entre 1990 et 2010. En vue de réduire les inégalités et stimuler la croissance, l’organisation recommande aux gouvernements de promouvoir l’égalité entre hommes et femmes en matière d’emploi, d’élargir l’accès à des places plus stables et d’encourager les investissements dans l’éducation et la formation tout au long de la vie active. Il n’y a pas un militant de Gauche un tant soit peu éclairé qui ne revendique pas des décisions en ce sens mais… n’est fait en ce sens au non de la rentabilité et de la diminution des déficits !
La redistribution par le biais de l’impôt est aussi un moyen efficace de réduire les inégalités, selon le rapport, qui relève que l’efficacité des mécanismes de redistribution a baissé dans de nombreux pays ces dernières décennies. Les politiques publiques doivent garantir que les plus riches, mais aussi les entreprises multinationales, paient leur part de la charge fiscale, souligne l’Organisation de coopération et de développement économiques.
On va droit dans le mur dans tous les pays mais personne n’en est à la même distance. Les mêmes causes produisant les mêmes effets il faut s’attendre à ce que le phénomène gagne bien d’autres économies. Le taux de pauvreté en Europe varie de 5,8 % à 16,9 % selon le seuil utilisé. A 60 % du revenu médian, le taux oscille de 10,1 % en Norvège à 23,1 % en Grèce. A 40 %, de 2,4 % aux Pays-Bas à 10,6 % en Grèce. 16,9 % des Européens, soit 84 millions de personnes selon l’institut Eurostat, vivaient sous le seuil de pauvreté en 2011, si l’on prend en compte le seuil à 60 % du revenu médian national . La Norvège, les Pays-Bas, (10,1 %) et le Danemark (13,1 %) font partie des pays où la pauvreté est la plus faible. Avec un taux à 14,1 %, le niveau de pauvreté en France est également parmi les plus bas d’Europe et le plus faible des pays les plus peuplés contrairement à ce qui est ressenti par bien des Français.
La Grèce (23,1 %) et l’Espagne (22,2 %) ont les taux de pauvreté les plus élevés. L’Italie n’est pas loin avec 19,4 % mais elle compte davantage de pauvres. Ces pays sont fortement touchés par la crise économique et ont un taux de chômage très élevé, notamment chez les jeunes. Ces données, qui datent de trois ans, minimisent pourtant le niveau de la pauvreté actuel.
A l’évidence, la situation a empiré dans la quasi totalité des pays avec l’accentuation de la crise de l’emploi et l’écart entre les plus riches et les plus pauvres s’est considérablement accentué. En France entre 2002 et 2012, le niveau de vie moyen annuel des 10 % les plus pauvres a baissé de – 6,2 %, soit une perte de 531 euros, une fois l’inflation déduite. A l’opposé, celui des 10 % les plus riches a connu une nette augmentation, de 11,8 % soit un gain de 6 060 euros. En 2002, les 10 % les plus riches avaient un revenu six fois supérieur aux 10 % les plus pauvres. Dix ans plus tard, c’est 7,2 fois. En valeur euros, l’écart est passé de 42 780 en 2002 à 49 371 en 2012, soit + 6 591 euros…mais bien entendu ce ne sont que des chiffres sans aucun intérêt par rapport à ceux quotidiens qui ravissent les tenants du libéralisme absolu fossoyeur de l’idée même d’équité sociale !