Le Parti socialiste a l’art de modifier ses règles internes au gré des circonstances. J’ai connu dans mes 40 ans d’appartenance à ce parti des dizaines de manières différentes de désigner les responsables ou les candidat(e)s. C’est une tradition on adapte les modalités aux circonstances et on refait à sa manière les statuts. Il semble, en toute objectivité, que tous les partis actuels aient la même tendance avec une nouveauté : les primaires ! Elle sont apparues dans le paysage politique justement comme une nouvelle manière de contourner les pratiques à géométrie variable interne. J’ai personnellement toujours été contre ce système et je reste hostile à cet espace de mise en place d’un supermarché des têtes de gondole idéologiques pouvant conduire à choisir dans un proche avenir un acteur de cinéma célèbre pour s’occuper de la France. Il faut d’ailleurs d’urgence une nouvelle Constitution (que peu de monde réclame) avec la suppression de l’élection du représentant de l’unité nationale au suffrage universel. Le duo de la V° Elysée-Matignon a vécu et devrait être réformé par référendum d’urgence pour 2022 ! Ce ne sont pas les propos entendus par certains socialistes proches du terrain qui me réconcilient avec les primaires. « Moi j’irai voter Juppé !  m’expliquait l’un d’eux car je ne veux ni de la arine nationale ni de Sarkozy ! Et dans la foulée il m’a avoué que bien des gens de centre droit était venus voter pour François Hollande car il ne voulait pas de Martine Aubry à laquelle ils faisaient payer les 35 heures. Ce sera ainsi pour 2017 : un vaste poker menteur !
Au PS actuellement on renouvelle les instances et à l’UMP anti-républicain on les met en place.
De chaque coté la « clanification » est présente car on ne se range pas sur un idéal ou des valeurs mais derrière un homme (une femme au FN) providentiel. Il est incontestable que tout est fait chez les socialistes pour préparer 2017 et que le reste n’a aucune importance. L’enjeu est simple : si Hollande est candidat (et il compte l’être) il faut absolument éviter une primaire ! Tiens donc c’était la panacée il y a 3 ans et ce ne serait plus d’actualité car on adapte la règle sur la base du fait qu’il y a un sortant ! Ordre a donc été donné de virer toutes celles ou tous ceux qui pourraient « récalcitrer » en 2016. Peu importe s’ils ont accompli, eux leur tache ou s’ils ont été fidèles à leurs engagements car il est indispensable de contrôler l’appareil sur la base de règles qui n’existent d’ailleurs plus !
Rien de bien différent au sein de « l’UMPas républicain » puisqu’on a bien compris lors de ce week-end que le Congrès n’avait pas d’autre but pour Sarkozy que celui de préparer méthodiquement la mis en place de sa désignation en 2017. Rien d’autre ne l’intéresse vraiment et il a d’ailleurs parfaitement maîtrisé ce que l’on appelle aussi un « Congrès ». Il va maintenant définir les règles grâce à sa maîtrise de l’appareil de telle manière qu’Alain Juppé ne puisse pas émerger. L’ex-Président de la République devenu nouveau « Républicain » a trouvé un créneau qui va le valoriser : laisser causer le Maire de Bordeaux qui base sa candidature sur une forme de cogestion en vogue à la métropole bordelaise (UMP-Modem- droite non engagée). Il va lentement se radicaliser dans son discours, contre les socialistes de telle manière qu’il fasse apparaître Juppé comme un mou pouvant justement convenir à une part de la Gauche. L’appareil du nouveau parti sera pléthorique et certainement inutile ! Sarkozy fait un recentrage de sa communication sur les militants qu’il faut mettre en avant car il sait que l’opinion publique lui sera toujours défavorable.
La tactique politique est exactement la même dans les deux cas. Il ne s’agit pas de parler du fond des idées bien évidemment (et heureusement différentes) mais des stratégies vis à vis des partis supports. Elle nie la valeur des hommes pour mettre en place des « fans » ou des « supporteurs », des « partisans » au sens premier de ce mot portant seulement dans chaque camp les couleurs d’un candidat potentiel à cette élection qui ne devrait plus exister car elle pourrit totalement la vie du pays. Finis les débats sur les valeurs, les idées et même sur les programmes (notion dépassée tellement les modifications structurelles les rendent aléatoires) pour céder à la facilité des affrontements de personnes. Même au pire moment des affrontements à l’intérieur du PS entre Mitterrand et Rocard on trouvait des différences essentielles sur le fond ! Il en fut de même entre Chirac et Giscard ! Désormais on se base sur des armées de plus en plus réduites de bons « soldats » disciplinés. C’est la « fermeture », le « repli sur soi » alors que l’ouverture et le retour de la confiance devraient être les vrais priorités. La mort de la politique naît de la personnalisation… qu’adorent les médias car elle constitue leur pain quotidien salvateur dans une société de la « pipolisation » outrancière !

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