La canicule pourrait revenir très bientôt. Météo France a annoncé, l’arrivée d’un nouvel épisode de fortes chaleurs à partir du milieu de la semaine sur plusieurs régions. Dès mercredi, les températures maximales atteindront 35 degrés dans le Sud-Ouest et le Midi méditerranéen, mais aussi dans le Centre-Est, indiquent les prévisionnistes. Jeudi, la chaleur s’accentuera encore un peu plus et gagnera le Nord et le Nord-Est. Météo France estime que le mercure pourrait atteindre 38 à 39 degrés en Auvergne, dans le Rhône, en Bourgogne et dans le Centre. A Paris, les thermomètres afficheront 35 degrés. Et la nuit, les températures ne devraient pas chuter sous la barre des 20 degrés. Vendredi, la chaleur restera très présente sur l’Est. L’été sera chaud dans les maillots ! La faute à qui ? Probablement le Président de la République qui n’a pas su empêcher le dérèglement climatique ou celle du gouvernement socialiste qui n’a pas anticipé. Quel que soit le sujet du débat il oppose en France des camps aux intérêts non pas nécessairement opposés mais simplement différents.
C’est ainsi que si les vacanciers trouvent que pour une première semaine de farniente ce climat apporte la touche exotique que les événements mondiaux leur permettent plus de trouver les viticulteurs pestent contre une élévation de la température. Quelle que soit la saison elle ne convient jamais sur la base du bonheur des uns qui fait le malheur des autres ! La société n’admet plus les aléas climatique qui gâchent son bien-être ou sa rentabilité. Nul ne songe à s’adapter au contexte mais inévitablement à vouloir que le contexte s’adapte à son confort. Il faut toujours « trop » ! Trop chaud ! Trop froid ! Trop pluvieux ! Trop neigeux ! Trop plein ! Trop vide ! Trop loin ! Trop près ! Trop cher ! Trop minable ! Nous sommes dans ce constat que l’individu n’a plus aucun recul avec les contraintes de la réalité.
Par exemple si l’on prend l’agriculture extensive utilisatrice en ce moment de millions de m3 d’eau pour des cultures souvent subventionnées elle n’admet pas que ses prélèvements dans les cours d’eau portent un coup mortel aux équilibres naturels. Elle reste en période de canicule la première utilisatrice d’eau : 70% de l’eau disponible sur terre sert à l’irrigation des champs. Une pratique qui se répand partout dans le monde, car les choix de culture ne répondent plus à des critères climatiques comme autrefois, mais à des critères purement économiques. Savez-vous par exemple que le maïs, une des plantes les plus cultivées en France, est à l’origine une céréale exotique ? Du coup, il est très gourmand en eau, et en plus doit être arrosé en période de floraison, en plein été… Pourtant sa production ne cesse d’augmenter : en 1939, le maïs ne représentait dans le pays que 300 000 hectares de cultures. Aujourd’hui, il couvre plus de 3 millions d’hectares en France. Il faut dire qu’il est largement encouragé par la Politique Agricole Commune, qui subventionne aussi son irrigation, car certains agriculteurs se contentaient de semer pour toucher la prime !
L’été est donc celui de toutes les luttes pour l’accès à l’eau. A l’échelle des bassins versants, une gestion collective des ressources ainsi qu’une irrigation plus efficace et donc moins gourmande en eau doit se mettre en place sous l’égide des préfets : l’objectif est de respecter le débit d’objectif d’étiage huit années sur 10. Ce qui relève de l’exploit compte-tenu des habitudes ! La mise en œuvre se ferait de façon progressive de façon à rééquilibrer les zones où les déficits sont clairement agricoles en faisant en sorte que les exploitations agricoles puissent s’adapter dans le temps (étalement de la réduction). La sécheresse va bouleverser la donne et il l’urgence va dicter des choix drastiques.
Compte-tenu de la place de l’irrigation dans la consommation d’eau en France, particulièrement en période d’étiage, les économies d’eau dans ce secteur sont celles qui ont le plus grand impact sur la consommation d’eau totale : amélioration du matériel, meilleur pilotage de l’irrigation, changement de pratiques, choix de cultures moins consommatrices d’eau, etc… Or on entre dans une période difficile où il faut acheter dans le Sud-Ouest avec des millions d’euros de l’eau à EDF afin de maintenir le niveau d’étiage de certains cours d’eau. La pénurie est là… et une nouvelle période de forte chaleur arrive : les sommes deviennent énormes (mais discrètes) pour le contribuable via les subventions et la bataille sera féroce ! La fonte prématurée des neiges et des glaces n’arrange rien ! Faute de mesures structurelles réelles on va donc entamer de nouveaux conflits d’usage et donc l’été sera vraiment chaud !
Des centaines de milliers de piscines privées ont été remplies sur les réseaux d’eau potable, les centrales nucléaires le long des grands fleuves ont besoin toujours plus besoin de se rafraîchir. On continue à trop puiser dans la plus précieuse des ressources dans une sorte de course effrénée de compensation des effets climatiques mais jamais de références aux causes réelles et donc la canicule est responsable de tout ce qui arrange tout le monde !