S’il est une saison durant laquelle on court souvent, pour de multiples raisons, vers les pharmacies c’est bien celle de l’été. Coups de soleil, piqûres d’insectes, brûlures de barbecue, entorses de sorties de boites de nuit, digestions difficiles, gueules de bois plus ou moins exotiques, tendinites douloureuses du coude causées par un whisky elbow, oreilles ensablées ou irritées par le chlore, chutes de vélo ou de trottinette… les maladies estivales n’appartiennent pas toutes au dictionnaires médical traditionnel. Souvent les pharmaciens sont mis à contribution pour remédier à ces cas particuliers avec des pommades, des pansements, des cachets, des potions que la sécurité sociale ne reconnaît pas ! Une sorte de pharmacopée de  « bazar » pour automédication s’installe sur les étalages durant les vacances et elle est certainement plus rentable que celle des prescriptions médicales. On trouve sans problème des onctions à base de légumes, de fleurs, de fruits ou des pastilles effervescentes libérant des bulles de champagne chimique. Alors qu’il paraît que cet été est celui de la pénurie de médicaments réputés sérieux ! On se retrouve en situation de pays sous-développés dans lesquels on délivre les cachets ou les suppositoires à l’unité ! Il faut en effet passer commande pour arracher la boite salvatrice !
Plusieurs centaines de médicaments et vaccins sont à ce jour introuvables en raison d(une pénurie organisée. Un pharmacien affirme dans les colonnes du quotidien Le Parisien que « depuis mai, 300 médicaments s’affichent en rupture de stock sur les listings des fournisseurs » précisant que « tous les fabricants sont concernés ». Celui-ci estime par ailleurs qu’il reçoit chaque jour « au moins un patient auquel il ne peut fournir un des médicaments qui lui a été prescrit ». Il faut absolument le retour aux affaires de Rosleyne Bachelot car sous son Ministère on a plutôt été dans le trop-plein. A quand la queue sous la croix verte devant la porte de la pharmacie ? Il faut prévoir des sorties « collectes de feuilles, de racines ayant un pouvoir médicinal » dans les clubs de vacances ou les colos afin de préparer une rentrée qui s’annonce problématique ! Parmi les produits manquants, Le Parisien liste l’Inspra, l’Exforge et le Rasilez qui soignent l’hypertension. La pénurie touche également l’immunosuppresseur Enbrel, certains médicaments rares (contre la maladie de Parkinson, par exemple) et des vaccins tels qu’Infanrix et Priorix (vaccins gaulois?). La rupture de stock contre la diphtérie, le tétanos, la polio ainsi que la coqueluche, est constatée depuis mars dernier. C’est également le cas pour le vaccin contre la tuberculose (BCG). De quoi vous foutre une trouille carabinée si vous êtes hypocondriaque !
En fait cette pénurie est due au « contingentement », c’est-à-dire au fait que les laboratoires limitent volontairement le nombre de boîtes mises à disposition des fournisseurs pour les empêcher de vendre leurs médicaments à l’étranger… Incroyable mais vrai ! La loi du marché et de la concurrence libre et non faussée font que les « grossistes » exportent en Allemagne, en Italie ou dans les pays à fort pouvoir d’achat puisque là-bas il n’y a pas de prix de vente imposé !
La mise en place promise mais qui tarde d’une liste de « médicaments d’intérêt thérapeutique majeur », soit les anesthésiques généraux, les antibiotiques, les anticancéreux et les antirétroviraux, est envisagée. Les laboratoires seraient alors tenus de relancer ou d’assurer la production et l’approvisionnement aux fournisseurs. Il restera à obtenir le feu vert de Bruxelles sur cette initiative allant à l’encontre de la loi du marché !
Pourvu qu’il reste encore quelques tubes de citrate de bétaïne ou des fioles d’Hépatoum dans les officines de Dax en fin de week-end ! Imaginons un instant qu’une pénurie grave se produise et que des hordes de festayres préférant le béret rouge au bonnet rouge (couleur des fêtes oblige!) se mettent à manifester vers midi face au refus de leur procurer les médicaments indispensables à leur résurrection ! A la place des autorités landaises je mettrais en place une cellule de crise d’autant qu’à Luxey, pas très loin aussi il va falloir un convoi spécial pour alimenter en même temps la pharmacie locale. La menace est réelle dans tous les lieux où l’on oublie de respecter les canons de la santé aseptisée.
Remarquez que dans le fond le pire peut encore être évité en ces journées du cœur de l’été si les bodegas ne sont pas en rupture de fûts de bière ou de blanc limé ! Pour le reste on ne se plaindra pas de ne pas voir exécutées les lettres de… cachets !

Une réponse

  1. J.J.

    « Pourvu qu’il reste encore quelques tubes de citrate de bétaïne ou des fioles d’Hépatoum dans les officines ….. »

    Si je ne m’abuse ce sont les médicaments prescrits pour soigner le redoutable coup de pied de barrique ?

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