Même si une expérience personnelle ne doit surtout pas permettre une généralisation des constats je dois avouer que j’ai toujours affirmé que les fameux scandales du monde politique sur lesquels les médias se sont déchaînés et se déchaînent encore ne sont que des épiphénomènes à l’égard du milieu du sport professionnel.
On se gausse des complots politiciens des partis alors que dans les fédérations nationales ou internationales qu’ils sont beaucoup plus tordus et terribles. On commente des egos surdimensionnés ou des attaques personnelles dans les plus hautes sphères de l’Etat alors que ce ne sont que des broutilles par rapport aux affrontements par très olympiens des sportifs. On se scandalise du cumul des mandats alors que dans les instances sportives c’est une constante depuis des décennies. On parle avec jubilation de l’enrichissement personnel ou du train de vie fastueux des élus du suffrage universel mais on occulte ceux des dirigeants de ce monde de la vertu supposée permanente. On s’offusque des frais présentés par certains « politiques » mais on ne sait rien des « avantages fastueux occultes » dont les « grands » des fédérations ou de certains clubs se dotent. Palaces, voyages, prise en charge de repas fastueux… ils vivent mieux que certains chefs d’État. Le fric est partout, tout le temps et de manière croissante dans ces instances qui n’ont absolument aucun réel contrôle de leur fonctionnement puisque bien des gens vivent « sur la bête » en parasites intéressés.
Dans le milieu du football on est qu’au tout début d’une gigantesque scandale au sein de la FIFA. Le vrai détricotage des tristes réalités de cet écheveau financier caché n’est qu’au tout début. Les sommes sont considérables et les méthodes infiniment plus désastreuses que celles du politique de plus en plus sous contrôle.
Stepp Blatter va enfoncer un par un tous ses ex-amis ou ex-soutiens car les doigts d’une seule main suffisent largement à compter les « irréprochables ». Il faut en plus ajouter aux pots de vin colossaux les avantages indirects consentis par des décideurs économiques Christian Constantin, président du club suisse du FC Sion, a par exemple révélé le montant de la rémunération annuelle que percevait Sepp Blatter en qualité de président de la FIFA. « Le salaire d’un président, ce n’est pas loin de huit millions d’euros par année », a indiqué Constantin qui juge ce chiffre « déraisonnable » et précise que le secrétaire général de la plus haute instance du football mondial touche de son côté cinq millions d’euros. Christian Constantin avait estimé en 2011 que la FIFA n’était qu’une « association de malfaiteurs ». C’est un petit exemple de tout ce qui existe dans cette fédération est dans bien d’autres.
Les scandales ont fleuri durant des décennies dans le cyclisme mais on n’a rien vu au nom des intérêts économiques de ce sport professionnel télévisuel. On sait fort bien que pour fermer les yeux des responsables ont été arrosés non pas à l’EPO mais par les dollars. On découvre maintenant que des États eux-mêmes sont intervenus dans le choix du lieu de grandes compétitions internationales ou que certains ont évité que leurs athlètes soient mis en cause pour dopage avéré. L’ex-patron de la fédération internationale (IAAF), Lamine Diack, vient d’être mis en examen pour corruption par deux juges françaises. Agé de 82 ans, le Sénégalais Lamine Diack, qui a laissé son poste cet été au Britannique Sebastian Coe, a été mis en examen pour corruption passive et blanchiment aggravé. Son conseiller juridique, l’avocat Habib Cissé, 44 ans, a également été mis en examen par deux juges financiers parisiens, uniquement pour corruption passive, a précisé la source. Un médecin, Gabriel Dollé, qui était en charge de la lutte antidopage à la fédération jusque fin 2014, était en garde à vue à Nice.
Cette enquête judiciaire française, lancée cet été, ne fait que débuter et d’autres auditions devraient avoir lieu. Elle a commencé en août quand le parquet national financier a reçu un signalement de l’Agence mondiale antidopage (AMA)… On est là encore au début d’une filière financière mélangeant des intérêts nationaux voire nationalistes et des fédérations internationales dénuées d’absolument aucun contrôle! Il arrive même que des centaines de milliers ou de millions de dollars ou d’euros soient engloutis dans ces combines ne serait-ce par l’achat de diffusion par les télévisions publiques.
On continue à construire de par le monde (et même en France) des « grands stades » ou des « salles de dimensions internationales » quand le sport de proximité, le vrai, le seul qui mérite d’être soutenu crève la dalle et survit grâce à des buvettes, des tombolas ou des quines  et va payer au prix fort la baisse des dotations de l’État aux collectivités territoriales. Mais la révolte n’est pas pour demain !

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