Avec trois membres en moins, le groupe écologiste de l’Assemblée nationale se réduit à peau de chagrin et ne compterait plus que 13 députés. Soit deux de moins que la limite légale (15) pour constituer un groupe parlementaire. Un véritable coup de massue pour EELV, déjà en grandes difficultés financières depuis les désastreuses élections régionales de décembre 2015. La constitution d’un groupe parlementaire ouvre en effet la voie à des financements publics, votés chaque année dans la loi de finances. Cette information ne va pas forcément bouleverser les citoyens alors qu’elle pose un problème clé pour la démocratie. La disparition des partis politiques historiques est en effet posée par le système de soutien public à leur action et tôt ou tard les mandats électifs seront réservés aux personnes professionnelles ayant les moyens financiers de se passer de soutien de la structure qui les porte. EE-LV est dans un tel marasme que bientôt il lui sera impossible dans les faits, d’exister sur le plan des scrutins. Il faut en effet des millions d’euros pour financer une campagne présidentielle dont on rappelle qu’elle n’est remboursable que si le (la) candidat(e) obtient + de 5 % des voix ce que seul Noël Mamère a réussi !
Si l’on ajoute la nécessité de disposer de fonds abondants pour s’inscrire dans une primaire putative ! Le verdict est simple : sans soutien d’un parti doté de moyens minimum on ne peut pas espérer participer à la compétition démocratique !
Dans de nombreux pays, comme aux USA, il faut bénéficier d’une solide fortune personnelle ou d’un réseau d’ami(e)s riches pour se lancer dans une aventure électorale d’envergure. Donald Trump affiche avec ostentation le niveau de son compte en banque qu’il estime à plus de 10 milliards de dollars ! Les aventures de Berlusconi en Italie, Bloomberg à New York, Thaskin en Thailande, Piñera au Chili ou Ivanishvili en Géorgie ont démontré que les milliardaires aiment eux aussi la politique. Et ils entretiennent un parti à leur service plutôt que d’avoir un parti qui financerait leur action ! Souvent propriétaires de médias ou d’entreprises essentielles à l’économie nationale ils occupent aisément l’espace public et parviennent à toucher facilement l’électorat. Etre candidat devient pour eux un investissement à court terme garanti par l’Etat La France n’est pas en reste et les scandaleux excès de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy auraient dû être sanctionnés de manière beaucoup plus dure (inéligibilité durable) car elle a mis en cause l’équité républicaine. N’importe quels débordements peuvent désormais fausser le processus démocratique normal !
Il est certain que parmi les candidat(e)s déclarés aux présidentielles beaucoup savent fort bien que leurs moyens les empêchera de persister. En dehors du Front national en augmentation constante de ses ressources via l’augmentation de son nombre d’élus régionaux ou européens les autres partis tirent la langue. Le PS a certes des groupes encore solides mais il a beaucoup perdu lors de toutes les derniers scrutins au cours du quinquennat présidentiel. A ces pertes financières lourdes s’ajoutent une hémorragie du nombre des adhérent(e)s cotisants… et donc une diminution drastique des moyens à envisager pour la présidentielle et pour les législatives. Chez les ex-UMP la situation est encore plus difficile. Les postulants aux primaires roulent depuis des mois pour leur propre compte avec des structures parallèles qui drainent des fonds. Surendetté le parti sait qu’il ne retrouvera une certaine marge de manœuvre qu’en 2018 selon les résultats de 2017 ! EE-LV est en perdition avec des régionales coûteuses car catastrophiques sur le plan des résultats… et n’a pas les moyens de « lancer » un(e) candidat(e) aux présidentielles qui n’atteindrait pas les 5 %. Le Parti Communiste n’est guère mieux… et le Front de Gauche rame chaque jour un peu plus. Bref la France des partis de Gauche s’étiole et va vers le précipice !
Tous les nouveaux regroupements auront bien du mal à survivre car le paradoxe c’est que pour avoir des élus il faut des moyens financiers que l’État ne donne que si vous avez des élus ! Certains députés sortants EE-LV l’ont bien compris et savent qu’en apportant au groupe socialiste un qualificatif « écologique » ils se garantissent une place de sortant investi lors des législatives avec le soutien des finances du PS. On va constater en juin 2017 que pour se lancer dans des circonscriptions de plus en plus étendues et peuplées il faudra posséder un solide compte en banque personnel ou se restreindre au strict minimum ce qui pourrait être satisfaisant si toute le monde était sur le même pied d’égalité. Il va y avoir des hésitations dans les candidatures sauf si elles relèvent simplement du symbole ou son destinées à rassembler des voix pour la dotation accordée à des partis circonstanciels n’étant que des pompes à fric public modestes mais efficaces pour celui qui les créée.