Les chercheurs de l’Université d’Osaka devraient être les plus écoutés de cet été. Il ont en effet étudié les habitudes de consommation télévisuelle de 86 000 personnes et ont surveillé leur état de santé pendant 19 ans. Heureusement qu’ils ne l’ont pas effectuée en France auprès des vacanciers car les résultats auraient dépassé leurs espérances. En effet si durant toute l’année il existe une tendance à « ne pas avoir le temps pour regarder la télé il en va tout autrement durant les congés. Plus personne ne part vraiment sans s’assurer d’avoir désormais les trois clés des vacances réussies : la télé, internet et le téléphone mobile… L’ordre varie cependant depuis une décennie.
Il fut une époque où les « étranges lucarnes » étaient indispensables pour que l’été soit parfait. Posés sur une table dans l’auvent de la tente, ou même parfois en plein air pour favoriser la réception, trônant sur une étagère de la caravane ces téléviseurs nécessitait une longue expérience du réglage de l’antenne. La famille angoissée attendait donc que son chef sorte l’écran de cette grisaille zébrée ou d’un défilement des images rendant la projection des rediffusions des films d’Angélique ou des Rois Maudits incompréhensible. Cependant comme tout le monde les connaissait par cœur on pouvait malgré le crachotement du son ou l’approximation des scènes, à suivre le déroulement d’une intrigue sans surprise. On invitait les voisins à prendre leur dose de petit écran avec la satisfaction de disposer du confort absolu « comme à la maison ».
Les « feux de l’amour » ou « Dallas » visibles durant les vacances (alors qu’on en entendait seulement parler le reste du temps en raison du boulot), permettaient d’attendre l’heure d’aller à la baignade. Une soirée « Intervilles » rassemblaient les régions françaises autour des vachettes de Riri ! Les diffusons du Tour de France ou eds compétitions sportives ravivaient le patriotisme dans des campings internationaux. La télé constituait un facteur de lien social car celles et ceux qui la possédaient en offrait avec plaisir l’usage aux autres en été. Tout le reste de l’année les salons ou les salles à manger étaient closes… et refermées sur des utilisations privées intégrales de ces divins programmes offert grâce aux subsides de la redevance ! Oubliée cette époque puisque maintenant le « mobile » permet de revenir au chacun pour soir même si l’intoxication télévisuelle atteint son paroxysme en été !
Des savants japonais ont pourtant constaté que chaque tranche de deux heures passées sans bouger devant l’écran de télévision augmente le risque d’embolie pulmonaire de 40%. Et les personnes qui regardent la télé plus de 5 heures par jour ont deux fois plus de risque de décéder que celles qui la regardent moins de 2h30. Pas question de renoncer : le risque global reste faible (59 embolies pulmonaires sur les 86 000 personnes suivies) mais les scientifiques ne veulent quand même pas le minimiser. En fait ce n’est pas, contrairement à ce qui est généralement admis les programmes qui sont les plus dangereux, la télé d’été mais le canapé ou le fauteuil sur lequel on se pose trop longtemps pour les subir.
L’embolie pulmonaire est une maladie qui menace celle ou celui qui abuse des cures estivales de petit écran car elle est étroitement liée à l’inactivité. Cela commence par un caillot qui se forme dans la jambe repliée devient dangereux s’il se libère et se déplace vers les poumons. Une terrible maladie estivale menaçant les gens désireux de be rien faire quand tout au long de l’année ils courent après leur boulot mettant ainsi en danger leur santé ! Il faut bien avouer que cet été le risque a singulièrement diminué. En effet le téléphone mobile avec internet a en effet largement supplanté le téléviseur puisqu’il sert de moins en moins pour communiquer oralement mais à recevoir la… télé individuelle. Le multi-services mobile tient dans une poche et il a bouleversé les rapports humains durant l’été en renforçant l’individualisme en réseau !
Paradoxe des vacances : on ne souffre plus d’être personnellement coupés des autres qu’il faut informer de ses exploits, aventures ou commentaires. On ne partage plus la fiction télévisuelle mais on cherche à la créer grâce aux photos, aux vidéos, aux SMS et autres courriels ! Il s’agit de mettre en scène ses vacances. Le relais téléphonique prend toute son importance. Pas question de s’installer dans un lieu privé de la 3 G minimum ou du Wifi salvateur car permettant de combattre la solitude en restant des heures seul(e) face à son téléphone.
Quand les poètes vacanciers avaient le nez dans les étoiles leurs successeurs s’inclinent vers le sol en tripotant un clavier ou en regardant des films sur quelques centimètres carrés. Ils gripnet sur les collines afin de dénicher une connexion meilleure ou s’insurge contre le sous-développement d’un pays incapable de leur maintenir des liaisons que certains pensent dangereuses. Dans quelques étés les chercheurs japonais expliqueront que des sur-doses de téléphone mobile provoquent un risque considérable pour le cerveau… Pas forcément que du point de vue physiologique…
Jean-Marie Darmian