Tout au long de l’année 2016 qui s’achève, de nombreux élus locaux, départementaux, régionaux ou nationaux ont donné de la voix pour alerter sur les dangers encourus par la majorité présidentielle actuelle après un certain nombre de réformes. La succession des prises de position sur la loi NOTre, la déchéance de nationalité, la loi travail et l’utilisation du 49-3, la reconduction de l’état d’urgence… le fichier généralisé ont amenuisé les soutiens à un François Hollande bunkérisé dans l’Elysée. La sortie du livre de confidences a fini par découragé même bon nombre des plus fidèles. A la manière des passagers préoccupés par les risques que fait courir au navire face aux icebergs un capitaine qui s’entêterait à maintenir un cap conduisant au naufrage, beaucoup se sont rapprochés des canots de sauvetage. Les jours passent et la trouille envahit les rangs de l’équipage sauf l’équipe de commandement qui continue à penser que quoi qu’il advienne l’essentiel est de conserver la cargaison pour l’utiliser ultérieurement dans d’autres périples électoraux. Certains des membres du poste de pilotage ont préféré prendre le large afin de s’installer à leur compte sur des embarcations plus légères mais plus jugées plus conformes à leurs orientations.

Illico ces contestataires de la ligne déterminée par le « château » ont été rangés dans la catégorie des « frondeurs » au mieux ou dans celle plus infamante des «  traîtres ». A visage découvert, de manière sobre, en accord avec les valeurs qui sont les leurs, ils ont tenu bon dans un contexte ressemblant de plus en plus à un marécage idéologique. En 2017, un siècle après Verdun, ils pourraient être fusillés politiquement pour l’exemple s’ils tentaient de convaincre leurs « camarades » de ne pas céder aux commandements venus des généraux de Solférino. Il est vrai que leurs troupes éventuelles ont parfois déjà quitté le champ de bataille et se sont enrôlés sous d’autres bannières.

Il ne reste souvent que les candidat(e)s à un nouveau contrat ou soucieux de tenter leur chance malgré les dangerosité du parcours qui les attend avec des poignées de fidèles ! Les « infidèles » ou les « hérétiques » espèrent toujours convaincre de leur bonne foi afin de pouvoir ensuite élargir leur assise électorale. Entre ces révoltés, ceux qui doutent, ceux qui font encore semblant de ne pas douter mais qui attendent un signal pour se mutiner… les soutiens au « seul maître à bord » persuadé qu’il peut encore sauver le navire s’amenuisent chaque jour davantage ! Si à bâbord il n’y a plus grand monde à la manœuvre, depuis quelques heures on sait qu’un promu par le capitaine parti pour divergences sur la route à suivre a récupéré le centre pour mettre les voiles ! Il a nettement annoncé son intention de prendre les commandes et de renvoyer sur le canot de sauvetage celui qui lui avait confié les relations avec les armateurs et les banquiers. L’espace se restreint donc singulièrement pour son ex-mentor qui n’a plus que son poste de commandement pour regrouper sa garde rapprochée parmi laquelle le premier lieutenant donne des signes prudents de retrait.

Il se murmure d’ailleurs qu’il posera son sac à terre dans les prochains jours après deux ou trois entrevues tendues avec le « pacha ». Il ne se voit pas jouer le rôle du fidèle Vendredi auprès d’une sorte de Robinson Crusoé croyant seulement en la bonne étoile qui l’a toujours protégé pour se sortir d’une situation quasi désespérée. Il préférerait de loin se démarquer avant les échéances qui se précises. Dès dimanche soir il saura qui du « pirate » récidiviste ou du « briscard bordelais » a des chances de piloter le navire « ex-UMP » ayant changé de nom pour ne pas réveiller de mauvais souvenirs.

Bien des gens s’accordent à penser qu’un départ du commandement du croiseur « Matignon » pourrait arriver avant le second tour de la désignation du rival d’un camp tribord déjà bien encombré. Il ne lui faut pas attendre le verdict du camp adverse puisque la seule chose qu’attend le « capitaine élyséen » c’est de savoir si le boucanier Sarko s’impose. Si c’est le cas la route de la candidature pour le premier lieutenant sera définitivement barrée ! Alors autant devancer l’appel du grand large !En fait la 47° semaine de l’année risque d’être décisive dans la course en solitaire des « Figaro » de la politique nationale. D’ailleurs aucun ne voulant être sur le banc des remplaçants il va y avoir de sérieuses embardées lundi ou mardi. Rappelez vous simplement la blague qui résume la situation : « Pincemi et Pincemoi sont dans le même bateau… Pincemi tombe à l’eau qui reste-t-il ? »… Il va falloir vous pincer car il est grand temps de vous réveiller !