Et si les élections présidentielles ne passionnaient guère les dirigeants de tous les partis politiques français ? Ils se planquent derrière les candidats potentiels et ceux qui sont les plus préoccupés sont ces dernières semaines les trésoriers. Ces derniers savent que la campagne pour l’Elysée coûte cher et que les frais n’en sont remboursés que si le plancher des 5 % des exprimés est dépassé. Le pari est risqué, très risqué pour certains sauf s’ils s’efforcent de rogner sur tous les frais pour ne pas dépasser le minimum lié aux bulletins, aux affiches, aux professions de foi (payés en général directement par l’État aux imprimeurs) mais pour le reste il existe un barème qu’il étudient avec soin.

La campagne électorale présidentielle est financée selon deux modalités  avec un financement public, organisé par la loi organique du 6 novembre 1962, modifiée pour ces aspects par les lois organiques du 5 février 2001 et du 5 avril 2006, et par les lois organiques concernant le financement des partis politiques de 1988, 1990, et 1995 et un financement privé, provenant en majorité des partis (cotisations), mais aussi de personnes privées.  Le plafonnement des dépenses, dont le montant, actualisé par décret, a été fixé en 2012 à 16,851 millions d’euros pour les candidats au premier tour et à 21,509 millions pour ceux du second tour. Un remboursement des frais de campagne est prévu. Pour les candidats présents au premier tour, il s’élève au maximum pour ceux ayant obtenu moins de 5% des suffrages exprimés, à 4,75% du plafond des dépenses du premier tour (soit 800 422,50 euros en 2012) ; pour ceux ayant recueilli plus de 5% des voix, à 47,5% de ce plafond (soit 8 004 225 euros en 2012).  Pour les candidats présents au second tour, il s’élève à 47,5% du plafond des dépenses du second tour (soit 10 691 775 euros en 2012). Enfin c’est ce que prévoit la loi mais ons ait depuis le cas Sarkozy que ces plafonds ne riment à rien puisqu’ils n’entraînent aucune autre sanction que financière. On ne vous prête que sur la base des sondages et la certitude que vous aurez les signatures indispensables à votre candidature.

L’ex-UMP a quasiment financé son premier tour grâce à la générosité des participants à sa primaire qui ont donné près de 10 millions nets ! Pour les autres c’est plus problématique. Un parti qui n’a aucune chance de dépasser les 5 % touchera tout de même sa part fixe qui s’il ne fait rien peut ui valoir une bon bénéfice réel de 300 ou 400 000 € ! les principaux frais seront ceux qui sont engagés pour recueillir les 500 signatures nécessaires. Après on n’a plus rien à faire si ce n’est quelques apparitions télévisées et utiliser à fond les réseaux sociaux que l’on a eu soin de créer plusieurs mois auparavant !  Le Parti Communiste exsangue financièrement a beaucoup hésité à partir seul d’où la décision de son premier secrétaire. Il laissera Mélenchon trouver le budget et il attendra calmement que se profilent les législatives. Le risque est grand pour Jadot et EE-LV car seul Noël Mamère a dépassé depuis l’origine des présidentielles les 5,25 % en 2002. Actuellement les caisses vertes sont vides ou quasiment vides ! Et c’est pareil dans bien d’autres sièges de partis !

Il faut donc pour les trésoriers se pencher sur l’étape suivante. Certains font beaucoup de battage sur leur nom avant les présidentielles pour attirer les candidat(e)s potentiels aux législatives ! Là encore il existe un barème de remboursement minimum reposant sur le même repère de 5 %. Là encore les frais de campagne seront ajustés en fonction de cette perspective ça ce n’est pas là qu’est le vrai problème actuel : il faut absolument positionner le maximum de troupes dans les circonscriptions pour assurer une rentre de parti politique reconnu. Tout le monde prospecte. On va se déchirer entre la France insoumise et le PC car pour survivre les communistes ont absolument besoin de points de chute pour leurs militants. Le Conseil national du Parti communiste a en effet investi, ses 253 premiers candidats aux législatives, en pleine polémique avec le mouvement de Jean-Luc Mélenchon, la France Insoumise, qui prévoit de présenter des candidats dans toutes les circonscriptions. Il en va de même à droite où les ex-UMP tentent de limiter la présence de l’UDI et des autres micro-partis qui veulent tous plus de 50 places… Comme le Modem monnaye aussi le ralliement à Fillon contre son lot de consolation… Le parti LR a vite balancé 475 désignations et attend la suite ! Macron ratisse partout et les vocations se manifestent… et il y a fort à parier qu’il y aura plus de 300 volontaires pour récolter la manne de l’Etat durant 6 ans ! Bref on lorgne sur 1,80 € par voix obtenue lors du premier tour des législatives… sur au minimum 50 circonscriptions. Les marchandages battent leur plein. On échange. On ajoute. On enlève mais à la fin on fait les comptes !

4 Réponses

  1. bernadette

    Bonjour M. Darmian,

    Ah le financement des partis « politiques ». Savez vous que les cours agricoles s’effondrent dus certainement a la PAC.
    Dans Notre belle region Aquitaine, il n’y a plus grand’chose a part les politiques.
    Quand va t’on enlever ce coconnage politique ?
    La mediametrie est la, toujours aussi presente.

    Bien a vous

    Répondre
  2. faconjf

    Bonjour,
    La démocratie n’a pas de prix, mais elle a un coût… De fait, les partis politiques et les candidats aux élections doivent faire face à maintes dépenses dont le financement, jusqu’en 1988, n’était pas encadré par un régime juridique précis. Cette lacune avait favorisé certaines dérives auxquelles le Parlement a entendu mettre un terme, démarche accomplie par touches successives depuis 1988.
    Pour financer leurs dépenses, les partis disposent de deux sources principales : un financement privé, généralement modeste, et l’aide publique de l’État, dont la part est devenue déterminante.
    Dans votre billet vous ne parlez que du premier étage de la fusée. Le second étage est spécifiquement destinée au financement des partis et groupements représentés au Parlement.Le montant des aides attribuées aux partis est fixé pour l’année 2016 à 63 101 868,14 €.
    L’État accorde également aux partis, sous différentes formes subsidiaires, des moyens dont la contre-valeur peut être considérée comme un financement indirect :
    . c’est ainsi que les formations politiques représentées par des groupes parlementaires à l’Assemblée nationale ou au Sénat, en dehors des campagnes électorales, disposent d’un « droit d’antenne » leur permettant de s’exprimer sur les chaînes publiques de radio et de télévision ;
    . de même, l’État accorde aux partis politiques quelques allègements fiscaux (impôt sur les sociétés à taux réduit) sur certains de leurs revenus propres (location de leurs immeubles bâtis et non bâtis par exemple).
    Ma petite perfidie du jour, l’homme politique d’aujourd’hui est un fonctionnaire « officieux » grassement rémunéré par l’état pour critiquer les fonctionnaires « officiels » chichement rémunérés par le même état.
    salutations républicaines

    Répondre
  3. bernadette

    Le politique francais doit se substituer a la politique de l’union europeenne.
    Les directives europeennes et les transpositions de loi sont nombreuses et dirigent les regions. La nouvelle Aquitaine est une Region europeenne.
    Personnellement j’ai besoin de la souverainete Francaise pour vivre mieux. Ma Terre natale est la France.

    Répondre

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.