Le monde de la finance pour lequel une France anti-Le Pen a été contrainte de voter, ronge peu à peu absolument tous les secteurs de la vie sociale. Dans le fond il vient imposer sa loi de manière directe ou indirecte sur le pouvoir politique avec l’élection d’Emmanuel Macron et il se prépare à continuer à tirer les ficelles d’une République affaibli. L’affaiblissement programmé des services publics transformés en services au public portés par de multiples abandons ou délégations au système privé va ouvrir des boulevards à ces financiers avides de rentabilité.

Avec la bénédiction de l’Europe du profit l’éducation n’en finit plus de voir progresser les effectifs du privé. Dans l’énergie, les transports, la sécurité, la formation, la santé, la dépendance, la petite enfance : partout les transferts des missions réservées à l’Etat vers les entreprises à but lucratif prolifèrent. Il ne faut pas être grand clerc pour prédire que durant les cinq ans qui viennent le « capitalisme » (on vous a persuadé que c’est un mot dépassé et archaïque) va s’emparer de pans entiers de notre vie quotidienne. Il a par exemple totalement pris le contrôle des médias et de tous les supports de diffusions de l’information. La concentration des canaux (papier, internet, télé, réseaux sociaux) dans les mains de socités appartenant souvent à une seule personne pose véritablement un problème de dépendance citoyenne dont on a bien vu les effets sur la campagne présidentielle.

Le sport n’est pas épargné par cette course effrénée au fric. La concurrence devient terrible. Jusqu’à présent le service public s’était fait tailler des croupières par les chaînes payantes (Canal + fut celle du canal historique) dans le domaine du football et du rugby ! Il eut ensuite l’arrivée des pétrodollars de BeIN qui a accentué les montants financiers. On attendait la suite et encore une fois l’accès au spectacle sportif va être encore plus restreint, réservé aux élites ayant les moyens financiers de payer de multiples abonnements en plus… de leur redevance inutile puisqu’il ne regarde plus le service public diffuseur de rien du tout !

Altice, propriétaire de SFR, vient en effet d’obtenir tous les droits pour la Ligue des champions de 2018 à 2021, infligeant un revers de plus à Canal+ et beIN Sports, contrôlé par le Qatar dont on ne peut douter de la puissance financière extravagante. Ce nouveau trust médiatique contrôle SFR et réalise une belle opération qu’il lui faudra rentabliser au détriment de ses concurrents. Altice et doncSFR couvriront les deux compétitions dans leur intégralité et en diffusant la bagatelle de 343 matches, depuis les rencontres préliminaires jusqu’aux finales pour la bagatelle de 370 millions d’euros par saison. L’opérateur aurait offert près de 1,2 milliard d’euros au total, ce qui représente un doublement du coût actuel de ces compétitions clefs ! Le capitalisme médiatique confisque totalement l’accès à des compétitions jusque là accessible à des budgets modestes !

Cette acquisition « souligne l’ambition d’Altice de continuer à investir dans les programmes les plus puissants qui rassemblent les plus grandes audiences » en misant sur la convergence entre réseaux, médias, contenus et publicité, a souligné le PDG. Il récupère non seulement la diffusion exclusive de ces compétitions pour la TV gratuite et payante en France, mais aussi pour ses offres sur Internet et sur mobile ainsi que les droits non exclusifs pour le Luxembourg, la Suisse et Monaco. Il était aussi titulaire du football anglais. On va vers une vraie ségrégation technologique et financière. Depuis l’an dernier, SFR est lancé dans la constitution d’un groupe de médias basé sur cinq chaînes spécialisées dans l’actualité sportive mais aussi les marques BFM TV. Désireux de construire un groupe convergent entre les contenus et les réseaux télécoms, SFR inclut l’accès à ces chaînes dans ses forfaits téléphoniques. L’enjeu est donc de sécuriser le plus de droits de diffusion possibles afin de proposer des offres toujours plus attractives. Face à cette concurrence de plus en plus agressive – le propriétaire de SFR, Patrick Drahi, est prêt à s’endetter fortement pour mener à bien son projet. Il en serait à plus de 50 milliards ! Oui : 50 milliards que le monde de la finance a trouvé pour lui permettre de serrer à la gorge les autres opérateurs !

Ils lui permettent de construire un gigantesque château de sable dont on ne mesure vraiment pas la fragilité. En effet les contentieux existe sur les engagements pris par ces sociétés qui veulent tout rafler . Ainsi par exemple le 9 mars denier L’Autorité de la concurrence a infligé, une amende de 40 millions d’euros à l’opérateur de télécoms SFR. Une sanction assortie de nouvelles injonctions, pour non-respect de ses engagements pris lors de son rachat par Numericable, réalisé en 2014. L’Autorité reproche en particulier à l’opérateur de ne pas avoir respecté les engagements relatifs à un contrat de co-investissement dans le déploiement de la fibre jusqu’au domicile signé en 2010 avec son concurrent Bouygues Telecom…. Rassurez vous un ou deux plans de licenciement et ce sera rattrapé !