Lors de son audition devant les représentants de l’Association des Départements de France, Emmanuel Macron annoncé qu’il voyait la disparition totale ou partielle de 25 départements qui se verraient supplantés dans leurs compétences par les métropoles. Bien évidemment cet engagement lui avait été soufflé par son mentor Gérard Colomb, sénateur et maire de Lyon, auteur au 1° janvier 2015 de la partition du Rhône entre une zone urbaine (Métropole de Lyon)) ayant les attributs de l’ex-Conseil général de son « ami » Mercier et une zone rurale très limitée restant le « département du Rhône ». On retrouve dans cette entité 228 communes alors que la nouvelle collectivité autour de la ville centre en compte 59 qui concentrent les emplois, les richesses et les équipements! C’est un choix qui a nécessité des mois de fusion absorption du personnel départemental par l’ex-communauté urbaine. Il a aussi conduit au titre des économies d’échelle à faire gérer le périmètre urbain par… 165 conseillers communautaires jusqu’en 2020 !

Bien évidemment ce « laboratoire » de la… simplification territoriale sera démultiplié par celui qui est devenu Ministre de l’Intérieur et il est certain que dans la situation annoncée au Palais Bourbon, la loi dite MAPTAM ( 27 janvier 2014 de modernisation de l’action publique territoriale et d’affirmation des métropoles) sera vite démultipliée.  Le département appelé « Nouveau-Rhône » a gardé le codé 69 qu’il partage avec la métropole de Lyon, tous deux faisant partie pour ce qui concerne l’administration de l’État de la circonscription départementale du Rhône. L’INSEE lui attribue le code officiel géographique 69D, 69 désignant l’ensemble formé par le département et la métropole de Lyon qui elle, est désignée par le code 69M2.. Historiquement constitué de l’agglomération lyonnaise et de territoires de moyenne montagne environnants, le Rhône ne compte plus, depuis le 1er janvier 2015, que les territoires extérieurs à la métropole de Lyon. Il compte seulement 447 000 habitants quand « Lyon métropole » en compte désormais près de 850 000 ! Ce conseil départemental croupion n’a que 13 cantons et donc… 26 élus ! Il ne représente qu’une faible part des ressources économiques, fiscales de l’ex-territoire global. Une simplification évidente !

Imaginons un instant que la réforme « Macron-Colomb » s’applique avant la fin 2018 en Gironde. Les députés girondins et les autres élus hors CUB avaient défendu bec et ongles la survie du conseil général sous la présidence de Philippe Madrelle et si comme le prévoient les sondages le raz-de-marée macroniste déferle sur le département il est acquis que le pouvoir sera pris dès 2020 par les élus « métropolitains ». il ya fort à parier que la communauté d’agglomération de Libourne, les communautés d’agglomération du bassin d’Arcachon et toutes les communes du syndicat intercommunal de l’aire métropolitaine de Bordeaux ( dont notamment sur la rive droite les Communautés de Communes du Créonnais, Saint Loubés, Portes de l’Entre Deux Mers, Côteaux Bordelais…) entreront dans le giron métropolitain. Il en serait de même dans le Sud Médoc, les Graves et le sud Blayais !

On aurait un département de la Gironde en « rondelle » réduit à 400 000 habitants et surtout aux zones les plus défavorisées périphériques du nord médoc, du Nord Blayais, du Nord-Est Libournais, du Libournais – Lussac, Castillon, Sainte Foy-, le sud de l’Entre Deux Mers ainsi que les landes girondines… Les poles économiques seraient ceux de villes en fragilité sociale et économique de Lesparre, Blaye, Coutras, Castillon, Sainte-Foy, la réole, Langon, Bazas. Il ne s’agit pas d’élucubrations partisanes mais simplement d’un transfert girondin de ce qui s’est passé dans le Rhône et qui a bien du mal à se mettre en place dans les Bouches du Rhône.

Budgétairement la situation sera intenable et le milieu rural mourra paisiblement puisque le « croissant de pauvreté sociale » avéré recouvre une bonne partie de cette « nouvelle Gironde ». l’essentiel des ressources, des emplois, des grands équipements métropolitains trouvera une assise de financement beaucoup plus large en récupérant un nombre substantiel de nouveaux habitants (suppression de la Taxe d’habitation donnant une considérable plus-value aux zones urbaines) et annulant la péréquation actuelle de financement des territoires hors Bordeaux métropole !

Bizarrement cette réalité du programme des candidat(e)s en marche vers la métropolisation et donc la disparition du rôle de lissage des soutiens entre les différentes zones territoriales en place depuis 4 décennies au Conseil général puis au conseil départemental. La disparition largement entamée des services publics en milieu rural, la baisse des moyens communaux affaiblissant le lien social, le manque d’équipements sportifs et culturels, le vieillissement de la population, la crise de l’emploi et la désertification des activités économiques de proximité vont rapidement créer un précipice social qui… profitera (c’est une certitude) aux départementales de 2021 sur une douzaine de cantons au Front national ! Quant au rêve d’extension des réseaux, des outils, des équipements actuels sur le périurbain annexé il faudra certainement attendre 2034 ou 2035 avec un espace d’expression très réduit (voire inexistant) pour les communes qui demandent actuellement le plus de subventions… au conseil départemental !

Personne ne saura vraiment avant dimanche ce que compte faire les candidat(e)s LREM ou ceux qui les soutiennent sur ce sujet capital pour des électrices et d’électeurs qui, dimanche au moment de glisser un bulletin dans l’urne, auront en tête ce renouveau pour leur quotidien !