De manifestations en festivals où je vais chaque jour sur une manifestation pour assurer la représentation du conseil départemental, comme le font bien d’autres, je suis frappé, cette année encore, par le nombre de personnes bénévoles s’investissant au service des autres. Pourtant il n’y a pas une réunion associative à laquelle je ne participe sans que l’on s’inquiète de leur disparition. Or on en trouve des centaines, des milliers même si ce n’est des millions qui œuvrent en faveur des événements qui meublent notre été. En fait on assiste à une vraie mutation de cet engagement désintéressé au service des autres. Elles se traduit par une vraie différenciation du type et de la durée du bénévolat.
Ainsi il devient de plus en plus difficile de trouver des citoyen(ne)s désireux de prendre des postes à responsabilité qui impliquent à la fois un danger dans une société de plus en plus réglementé et dangereux alors que pour « donner un coup de main » il existe encore des bonnes volontés. Il faut avouer que, partout où je suis passé, les président(e)s et surtout les trésorier(e)s témoignent de leur angoisse face à la complexité croissante de leur tâche. Les nécessités actuelles de la sécurisation des lieux ont aggravé dangereusement les charges et mettent en péril des équilibres budgétaires très fragiles surtout quand il n’y a pas de rentrées financières assurées. La baisse ou au mieux le maintien des subventions des collectivités territoriales et plus encore le tassement réel du mécénat ou du sponsoring rendent fébriles les bénévoles assumant face aux artistes,aux fournisseurs, aux prestataires les règlements des engagements pris. Quand il faut assumer en plus des emplois sans avoir la certitude de pouvoir les payer le casse-tête devient très oppressant. En ajoutant la terrible crainte d’un accident, d’un incident, d’une bagarre, d’une idiotie individuelle ou d’un excès collectif on en arrive à des journées passées à douter vraiment de sa décision de briguer un siège pouvant ressembler à ceux des condamnés potentiels. La plus petite fête locale ayant survécu à ce contexte est en effet soumise aux mêmes règles que le plus grands des festivals en terme de sécurité ce qui contraint à des dépenses conséquentes en matière de gardiennage, de plots anti-intrusion, de contrôles techniques ou de secours.
L’autre fraction du bénévolat est beaucoup plus décontractée même si son implication doit être considérée comme essentielle. Derrière la friteuse ou la tireuse à bière, au sandwiches, aux entrées, au nettoyage, à l’accueil, dans la figuration de spectacles, au montage de scènes, à l’installation des tables ou des bancs, à la gestion des tickets ou des jetons, au déplacements des joueurs ou des artistes, au nettoyage des locaux ou des pelouses… une « armée » discrète rend possible le miracle de milliers d’événements en France pour des consommateurs qui passent sans vraiment se rendre compte de cette partie immergée de l’iceberg associatif. On vante leurs mérites. On salue leur dévouement. On loue leur motivation. Mais on ne s’intéresse que rarement à eux. Souvent par atavisme familial, par liens amicaux ils constituent des réseaux que l’on retrouve d’année en année. Lorsqu’ils craquent pour des raisons personnelles ou tout simplement pour des divergences avec leur structure d’accueil le désarroi s’empare vite de la totalité du groupe. Certain(e)s prennent sur leurs congés ou leurs vacances ce temps destiné à porter le mieux possible une manifestation à laquelle ils sont affectivement attaché. Il existe des inconditionnel(le)s de leur poste, d’un rôle, d’une fonction qu’ils ne voudraient à aucun prix céder à quelqu’un d’autre. Il faut cependant reconnaître que la durée de cette présence réputée bénévole se restreint et que le renouvellement par les nouvelles générations n’existe par toujours.
La France a cette particularité d’une extraordinaire diversité des initiatives offertes à tous les publics. Elle ne repose que sur cette volonté citoyenne de faire vivre avec des efforts collectifs insoupçonnés des moments de partage que le « privé » n’organisera jamais. Il y a fort à craindre qu’à l’issue de cette période estivale on assiste à des réduction notable de leur nombre. On le sent sur le terrain car les affluences sont en baisse (contexte économique, crainte des attentats, concurrence étrangère..) et l’inquiétude règne parmi les responsables des rendez-vous « payants ». Surtout ceux qui se déroulent en plein air car l’instabilité climatique aggrave la volatilité du public. Les réservations faiblissent puisque rien n’assure à ceux qui achètent à l’avance leurs places que le climat sera clément. Les alertes diverses et variées n’arrangent en rien cette situation car leur médiatisation préventive découragent les investissements anticipés.
Le bénévolat réel, puissant, durable constitue à tous les niveaux la plus grande richesse de la France. Il n’existe pas à un même niveau dans les autres grands pays. Ces gens anonymes qui chaque jour, d’une manière ou d’une autre, participent en donnant de leur temps (et souvent on l’oublie de leur argent de manière indirecte) au sauvetage d’un lien social sont pourtant essentiels dans une démocratie participative à construire. Ils mériteraient une loi définissant leur statut dans une société où seul le « fric » des parlementaires préoccupe l’opinion publique !

3 Réponses

  1. bernadette

    Excusez moi de dire que les militants socialistes sont des « saligauds ».
    Avec le peuple français je sais parfaitement que la crise de la dette ronge la democratie française et le porte feuille des classes moyennes.

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  2. bernadette

    Notre beau pays est foutu. Les agriculteurs ne vivent de ce qu’ils produisent en revanche les prix à la consommation se maintiennent dans une stabilité cohérente du PIB.
    1 kg de pêche se vend à la production 1 euro. Les intermédiaires du commerce le font arriver sur les étals à 2,65 €

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