Il n’y a pas eu de vrais débats sur des sujets qui reviennent aussi régulièrement à la une d’une actualité erratique : les horaires d’hiver et d’été ou l’adaptation du temps scolaire aux vrais rythmes biologiques des enfants et pas aux rythmes de vie des parents ! En fait l’attribution du prix Nobel de médecine aux chercheurs américains, Hall, Rosbash et Young, pour leurs travaux sur la régulation de l’horloge biologique. Ils ont notamment découvert par quels mécanismes moléculaires la lumière du jour influence les gènes responsables de cette synchronisation. L’occasion de revenir sur les plus récentes découvertes concernant l’impact de nos vies modernes sur ce rythme naturel. Mais dans le fond tout le monde s’en moque ! En quoi ces chercheurs auraient-ils la vérité quand on affirme dans es cours de récréation que les « chères petites blondes » sont fatiguées en se levant le matin ou que les changements d’heure officielle perturbent les organismes ! L’important c’est le fric et pas nécessairement le bien-être des populations !
Ces savants démontrent en effet que nous possédons une’horloge biologique individuelle. C’est une zone du cerveau qui se synchronise sur la journée de 24 heures définie par l’alternance du jour et de la nuit. Ce cycle dure spontanément entre 23h30 et 24h30, selon les individus. Sans cette synchronisation, notre sommeil se décalerait tous les jours au point que plus personne ne serait réveillé aux mêmes horaires. Pour ce faire, plusieurs synchroniseurs agissent simultanément, dont le plus puissant est la lumière ce qui nous éloignent considérablement des poncifs véhiculés par des pseudos-constats transmis sous forme de rumeurs devant les écoles ou dans des instances officielles où une affirmation individuelle suffit à établir une règle générale. En fait tout repose sur ce que els générations antérieures respectaient : l’heure du soleil !
En effet depuis le début des années 1900 et l’arrivée de l’électricité, l’humanité industrialisée a perdu entre une et deux heurs de sommeil par nuit. La lumière a en effet un impact très activateur avant le coucher : elle repousse la sensation de fatigue et empêche l’endormissement. Cette exposition inappropriée à la lumière peut potentiellement détraquer toute notre horloge biologique avec des conséquences sur les fonctions immunitaires, cognitives, le sommeil, la vigilance, la mémoire, les fonctions cardiovasculaires etc. Impossible de ne penser à l’impact terrible des multiples écrans lumineux qui peuplent les loisirs ! Ce décalage pourrait selon les Prix Nobel, aussi favoriser le développement de certaines formes de cancer en perturbant la sécrétion nocturne de la mélatonine, hormone impliquée dans le contrôle de la division cellulaire et ralentissant la prolifération cellulaire de type cancéreuse. Ce constat « horloger » prend une importance capitale car elle s’ajoute à de multiples « petites » autres causes dans le rythme et les habitudes de vie actuelles néfastes aux équilibres biologiques.
La chronobiologie c’est tout simplement l’étude de ces rythmes et des conséquences de leur perturbation. Ainsi, les femmes ont 2,5 fois plus de chance que les hommes d’avoir un rythme circadien de moins de 24 heures. « Ce résultat pourrait expliquer pourquoi les femmes, qui se couchent plus tard que ne leur dicte leur horloge biologique en raison de notre mode de vie moderne, se réveillent en moyenne plus tôt, explique un chronobiologiste de l’INSERM, et pourquoi l’insomnie a une prévalence beaucoup plus élevée parmi les femmes. » Ce constat est historique quand on connaît le rôle quotidien des femmes dans le travail au service de la famille qui prolonge l’exposition aux lumières artificielles. Elle vient s’ajouter aux autre sources lumineuses du travail en bureau, en usine, en magasin, en école, en tous lieux !
La situation est encore plus inquiétante chez l’adolescent car au contraire, l’heure du coucher est retardée à cause d’une horloge biologique plus lente, qui met plus de temps à accomplir son cycle. C’est ce qui va déclencher un coucher et un réveil plus tardif. Les adolescents aujourd’hui présentent une dette de sommeil importante, à cause des horaires de coucher tardifs et de lever trop tôt pour permettre les 8 à 12 h de sommeil nécessaires. Cette restriction quotidienne va entraîner une dette de sommeil chronique.  C’est un vrai problème de santé publique qui est selon les chercheurs en chronobiologie beaucou plus accentué chez les enfants ! En effet la lumière bleue excite cent fois plus les cellules photoréceptrices de la rétine (les cellules ganglionnaires à mélanopsine) impliquée dans la régulation de ce rythme naturel. En s’y exposant par le biais des écrans de téléphone, tablette, ordinateur ou téléviseur, elles génèrent le message d’une exposition massive à la lumière et ralentissent les processus d’installation du sommeil et donc à une forte diminution du teps de sommeil ! Mais que vaut un Prix Nobel par rapport aux obligations économiques ou sociétales ? Rien ! Absolument rien ! Aucun lobby pour le défendre !