Dans cette nouvelle société où l’on parie sur le redressement du pays par des avantages consentis aux plus aisés et où on cherche un curseur pour récupérer sur les retraités ce qui aura été défalqué les précédents, la spécificité du système associatif français n’intéresse personne. Il est difficile voire impossible d’expliquer que cette spécificité française portant les valeurs essentielles de la république (solidarité, fraternité, égalité…) n’entre plus du tout dans la vision sociale du tout économique. La disparition des contrats aidés a été un premier coup de poignard dans le soutien de l’État à ce tissu irremplaçable qui compense souvent les insuffisances de la gestion sociale institutionnelle. La seconde est venue de la menace de garrotter les finances des collectivités qui ne tarderont pas à tailler dans ce que leur électorat considère souvent comme superflu : la culture, le sport, les loisirs, le soutien aux plus démunis… On a bien vu que dès qu’on ne porte plus ces valeurs comme dans le cas du Temps d’activités périscolaires (TAP) les élus en profitent pour se débarrasser de ce qu’ils vivent comme un fardeau impopulaire chez les enseignants ou les parents ! Il en sera de même pour la vie associative qui doit se préparer à une cure de restrictions similaire à celle de 2011.
Un nouveau danger est apparu. Aussi paradoxal que cela puisse paraître la suppression de l’impôt sur la Fortune (ISF) va avoir des répercutions terribles sur le secteur de la solidarité ou de la culture.
En effet, cette transformation vers la richesse immobilière va faire sortir un certain nombre de contribuables fortunés du calcul de l’impôt. Or, ceux qui effectuent un don à un organisme dit d’intérêt général bénéficient aujourd’hui d’une défiscalisation à hauteur de 75% du montant du don. C’est surtout valable pour des grandes associations (secours populaire, restos du cœur, secours catholique, fondations de lutte contre les maladies graves, apprentis d’Auteuil, Téléton, Médecins du Monde. entre autres) qui captent au niveau national ces possibilités d’exonération fiscale.
Pour l’instant les chiffres sont alarmants. Le gouvernement considère en effet que le transfert de l’ISF à l’impôt sur la fortune immobilière (IFI) va se faire naturellement. Mais si vous calculez que l’ISF rapporte à l’État cinq milliards d’euros alors que l’IFI ne devrait rapporter qu’environ 1,5 milliard. L’assiette même du calcul pour le contribuable va considérablement baisser. Or sur les 351.000 foyers assujettis à l’ISF actuellement, environ 43.000 réduisent actuellement leurs impôts en faisant des dons. Un nombre qui baissera inexorablement l’année prochaine avec le changement de base d’imposition. On évalue la perte pour le système associatif sous toutes ses formes à près de 150 millions d’euros dans une période où la puissance publique va en plus se désengager. Certes ces dons sont un manque à gagner pour les finances publiques mais il faut le comparer au coût que représenterait la prise en compte de la totalité des actions menées par les bénévoles palliant des carences évidentes dans de multiples secteurs ! La solidarité a été rayée du vocabulaire officiel et elle ne réapparaîtra pas de sitôt !
La ponction via la CSG sur les retraités qui sont actuellement les principaux donateurs via les associations va accentuer cette diminution des subsides associatifs. Après les votes des budgets locaux et si elles ont la lucidité d’anticiper cette désaffection des exonérables les plus aisés il faut s’attendre à des répercutions à la rentrée prochaine sur les populations les plus fragiles ! Impossible d’espérer que l’État vienne à leur secours. Certes le gouvernement assure qu’il va maintenir le principe et le niveau des exonérations mais il est certain que le rendement ne sera pas le même sur tous les organismes liés à la solidarité active !
Ce sont des programmes d’accompagnements des malades, des démunis, des populations en détresse ; des aides matérielles concrètes autour de la recherche ; des soins irremplaçables qui ne pourront être mis en œuvre. Des milliers de foyers, des milliers de personnes ne seront plus assistés et c’est une catastrophe sociale programmée pour l’hiver 2018 ! La fracture sociale deviendra ainsi une faille avant de se transformer en canyon ! Mais l’essentiel consiste à faire croire que ces modifications du régime fiscal va favoriser les investissements « privés » puisque la puissance publique est également contrainte de réduire la voilure ! Un leurre ! Il s’agit bien du démantèlement par le haut et par la base de ce qui constitue depuis plus d’un siècle le fil solide du lien social déjà très fragilisé par une crise de la citoyenneté liée à une égoïsme croissant.
La seule certitude c’est qu’il n’y aura pas de manifestation insoumise dans les rues pour la bonne et simple raison qu’elle ne mobiliserait personne. La vie associative a lentement virée à l’offre de services en oubliant de rappeler qu’elle ne survivait que par les aides qu’elle recevait et les bénévoles qui l’animait. Rendez-vous dans un an… pour le bilan de la disette qui s’annonce !

2 Réponses

  1. J.J.

    On aura vite fait l’inventaire de ce que ce gouvernement d’autistes prétentieux n’aura pas détruit.
    A part les fortunes indécentes, qui vont enfler encore, et devenir encore plus obscènes, je ne vois pas quel secteur sortira indemne de cet holocauste social.

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  2. DULONG André

    DICTATURE !!! Monsieur le Profitant de la République en Marge n’ést pas jupiter qui « gouverne » mais Néron qui incendie la Cité. Ce psychopathe est dangereux ; il décline par ses postures et pulsions un inquiétant symptôme, le même qu’HITLER. Narcissique amoureux de son nombril, il ne supporte pas que l’on n’aime pas son ombilic à lui. N’ayant pas résolu son complexe d’Œdipe maternel, il copule avec une maman de substitution et compense son impuissance sexuelle par un Surmoi démesuré qui relève de la psychiatre clinique. HITLER !!! Le grand intellectuel qu’il prétend être et due les médias inféodés et affidés montent en épingle est un ignare qui a oublié de lire FREUD, LACAN ; JUNG et, plus grave, il ignore l’existence même LA FONTAINE, LA BRUYÈRE, MONTAIGNE, MONTESQUIEU, VPLTAIRE, ROUSSEAU… Il a rétabli la peine de mort, l’euthanasie collective de tous les fainéants, improductifs, inactifs et inutiles payés à ne rien foutre, ce qui ne sont rien et qui osent foutre le bordel. Il faudrait surtout euthanasier tous les CONS : il ne restera alors que cet autocrate MACRO (entendre Maquereau) et le Vautour GATTAZ.

    André

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