« Au lieu de foutre le bordel, ils feraient mieux d’aller regarder s’ils peuvent avoir des postes là-bas. » Le Président « assume sur le fond » ses propos polémiques tenus en Corrèze au moment où des salariés de GM&S manifestaient. Il reconnaît toutefois qu’il n’aurait pas utilisé le mot « bordel », un « mot familier », dans le cadre d’un déplacement officiel. Dans le fond il a surpassé dans le domaine du « mot qui tue » un certain Nicolas Sarkozy qui lui au moins avait utilisé un mot pouvant être utile au redressement économique (« Karchériser ») ou qui avait lancé une réplique à la Audiard avec son « casse toi pauv’con ! » ou menaçant « Qui a dit ça? C’est toi qu’a dit ça? Ben descends un peu le dire…  » ou un « Fais pas le malin, fais pas le malin toi! ». Ces coups de sang, ces bravades, ces exaspérations, ces défis correspondaient à ce que l’on connaissait du caractère de l’agité de l’Élysée. Il en va tout autrement de la déclaration à caractère collectif lancée par le gendre idéal. Elle traduit un mépris de classe et une haute idée de soi-même permettant de stigmatiser cele »Au lieu de foutre le bordel, ils feraient mieux d’aller regarder s’ils peuvent avoir des postes là-bas. » Le Président « assume sur le fond » ses propos polémiques tenus en Corrèze au moment où des salariés de GM&S manifestaient. Il reconnaît toutefois qu’il n’aurait pas utilisé le mot « bordel », un « mot familier », dans le cadre d’un déplacement officiel. Dans le fond il a surpassé dans le domaine du « mot qui tue » un certain Nicolas Sarkozy qui lui au moins avait utilisé un mot pouvant être utile au redressement économique (« Karchériser ») ou qui avait lancé une réplique à la Audiard avec son « casse toi pauv’con ! » ou menaçant « Qui a dit ça? C’est toi qu’a dit ça? Ben descends un peu le dire… » ou un « Fais pas le malin, fais pas le malin toi! ». Ces coups de sang, ces bravades, ces exaspérations, ces défis correspondaient à ce que l’on connaissait du caractère de l’agité de l’Élysée. Il en va tout autrement de la déclaration à caractère collectif lancée par le gendre idéal. Elle traduit un mépris de classe et une haute idée de soi-même permettant de stigmatiser celels et ceux qui justement perturbe les messages présidentiels.
Il faut vraiment se pencher sur les origines du « bordel » pour s’apercevoir que dans le fond l’invitation reposant sur une accusation a un sens particulier. Le mot, d’après Le Littré est un dérivé de borde. En fait la racine vient de bâti abritant des pratiques peu recommandables : A Nancy il s’agit d’un lavoir public avec un petit abri. En provençal on donne déjà dans le lieu de prostitution. Figurez-vous que « bordell » existe en Catalan, en espagnol (pas de jaloux) avec burdel et surtout en italien avec burdello.
En fait il ne faut pas s’affoler : ce mot serait apparu dès 1200 avec un sens similaire à celui d’aujourd’hui. Il s’agirait d’un dérivé de « borde », mot qui désigne une petite maison, une cabane. A l’époque dans les ports les prostituées n’avaient pas le droit “d’exercer” dans l’enceinte. Les marins d’alors, devaient donc se rendre dans les « borde s » d’un quartier qui se situait à l’écart. En fait le service de communication de l’Elysée aurait pu faire référence à ce sens premier en expliquant que les ouvriers concernés auraient bien pu allers e distraire dans les « bordes » d »Ussel ! Ses dérivés majeurs sont « bordelière », qui désigne une tenancière de maison close; bordelier, qui fait référence à “un habitué”. Dans le français d’Afrique, une « bordelle » est simplement une prostituée.
Le sens “lieu sale, désordonné” est plus récent on le voit apparaître dans la littérature autour de 1880. Par extension on le voit apparaître autour des années 40 dans le sens “situation complexe”.
On peut noter enfin que d’autre mots désignant des maisons ont pris le sens de maison close. C’est le cas de casbah (issu de l’arabe quasba = forteresse) qui a pris le sens de maison, cabane; puis maison close dans l’argot militaire du début du siècle le sens maison close. Le « bercail », qui signifie aujourd’hui simplement un lieu de vie, a été originellement le lieu où l’on enfermait les animaux. Il a pourtant longtemps été utilisé pour désigner la pièce où les femmes se rassemblaient en attendant le choix des clients. Pour terminer on peur remarquer que « boucan », le lieu où l’on fait fumer la viande passe au sens de maison close au XVII° siècle, une « boucanière » était alors une prostituée. Aujourd’hui seul le sens “vacarme” a perduré dans la langue et en l’occurrence les manifestants étaient venus se faire… entendre ! Les autres choix d’expression comme «  Plutôt que de mettre le bazar. ».. ou « plutôt que de faire du boucan »… étaient trop ternes pour intéresser les couches populaires.
Il avait le choix et donc il faut se poser la question des raisons du choix précis : faire « peuple » auquel cas il fallait rajouter devant le Président de la Nouvelle Aquitaine : « Putaing con… plutôt que de faire le bordel… » pour que la culture locale soit respectée et donc l’effet plus grand. Il y a aussi la solution moins glorieuse d’un dérapage provocateur comme peuvent en avoir les enfants de bonne famille soucieux de choquer par une transgression des tabous linguistiques bon chic bon genre ! On ose y croire : ce serait très puéril. Il ne reste que l’acte délibéré destiné à revenir dans un langage rassemblant le populisme avide du poids des mots simples et des formules chocs. L’alliance du « foutre » et du « bordel » mériterait à cet égard une analyse sémantique plus poussée.
Le Général de Gaulle avait pour sa part ressuscité un mot beaucoup plus élégant. « La chienlit », est entrée dans l’histoire de la politique de la France lors de son utilisation par le général de Gaulle, d’abord en août 1944 lorsque, s’adressant à Georges Bidault, pendant la descente de l’Avenue des Champs-Élysées, de Gaulle lui dit « Alors, Bidault, c’est la chienlit ! », puis en mai 1968, lorsque lui est attribuée la phrase « La réforme, oui ; la chienlit, non », qu’il aurait prononcée, d’après le Premier ministre Georges Pompidou répondant aux journalistes à la sortie d’un Conseil des ministres. On était dans une autre dimension ! Celles et ceux qui justement perturbent les messages présidentiels.
Il faut vraiment se pencher sur les origines du « bordel » pour s’apercevoir que dans le fond l’invitation reposant sur une accusation a un sens particulier. Le mot, d’après Le Littré est un dérivé de borde. En fait la racine vient de bâti abritant des pratiques peu recommandables : A Nancy il s’agit d’un lavoir public avec un petit abri. En provençal on donne déjà dans le lieu de prostitution. Figurez-vous que « bordell » existe en Catalan, en espagnol (pas de jaloux) avec « burdel » et surtout en italien avec « burdello ». En fait il ne faut pas s’affoler : ce mot serait apparu dès 1200 avec un sens similaire à celui d’aujourd’hui. Il s’agirait d’un dérivé de « borde », mot qui désigne une petite maison, une cabane. A l’époque dans les ports les prostituées n’avaient pas le droit “d’exercer” dans l’enceinte. Les marins d’alors, devaient donc se rendre dans les « bordes » (d’où l’expression faire une bordeé) d’un quartier qui se situait à l’écart. En fait le service de communication de l’Elysée aurait pu faire référence à ce sens premier en expliquant que les ouvriers concernés auraient bien pu allers e distraire dans les « bordes » d »Ussel ! Ses dérivés majeurs sont « bordelière », qui désigne une tenancière de maison close; « bordelier », qui fait référence à “un habitué”. Dans le français d’Afrique, une « bordelle » est simplement une prostituée.
Le sens “lieu sale, désordonné” est plus récent on le voit apparaître dans la littérature autour de 1880. Par extension on le voit apparaître autour des années 40 dans le sens “situation complexe”.
On peut noter enfin que d’autre mots désignant des maisons ont pris le sens de maison close. C’est le cas de casbah (issu de l’arabe quasba = forteresse) qui a pris le sens de maison, cabane; puis maison close dans l’argot militaire du début du siècle le sens maison close. Le « bercail », qui signifie aujourd’hui simplement un lieu de vie, a été originellement le lieu où l’on enfermait les animaux. Il a pourtant longtemps été utilisé pour désigner la pièce où les femmes se rassemblaient en attendant le choix des clients. Pour terminer on peur remarquer que « boucan », le lieu où l’on fait fumer la viande passe au sens de maison close au XVII° siècle, une « boucanière » était alors une prostituée. Aujourd’hui seul le sens “vacarme” a perduré dans la langue et en l’occurrence les manifestants étaient venus se faire… entendre ! Les autres choix d’expression comme « Plutôt que de mettre le bazar.. » ou « Plutôt que de faire du boucan… » étaient trop ternes pour intéresser les couches populaires.
Il avait le choix et donc il faut se poser la question des raisons du choix précis : faire « peuple » auquel cas il aurait fallu rajouter devant le Président de la Nouvelle Aquitaine : « Putaing con… plutôt que de faire le bordel… » pour que la culture locale soit respectée et donc l’effet plus grand. Il y a aussi la solution moins glorieuse d’un dérapage provocateur comme peuvent en avoir les enfants de bonne famille soucieux de choquer par une transgression des tabous linguistiques bon chic bon genre ! On ose y croire : ce serait très puéril. Il ne reste que l’acte délibéré destiné à revenir dans un langage rassemblant le populisme avide du poids des mots simples et des formules chocs. L’alliance du « foutre » et du « bordel » mériterait à cet égard une analyse sémantique plus poussée.
Le Général de Gaulle avait pour sa part ressuscité un mot beaucoup plus élégant. « La chienlit », est entrée dans l’histoire de la politique de la France lors de son utilisation par le général de Gaulle, d’abord en août 1944 lorsque, s’adressant à Georges Bidault, pendant la descente de l’Avenue des Champs-Élysées, de Gaulle lui dit « Alors, Bidault, c’est la chienlit ! », puis en mai 1968, lorsque lui est attribuée la phrase « La réforme, oui ; la chienlit, non », qu’il aurait prononcée, d’après le Premier ministre Georges Pompidou répondant aux journalistes à la sortie d’un Conseil des ministres. On était dans une autre dimension ! Au fait 1968-2018 : la chienlit ou le bordel ?

7 Réponses

  1. françois

    Bonjour !
    Voici l’exemple type de l’abus de « copier-coller » de diverses sources (Larousse, Robert, Wikipédia et autre Littré ) auquel sont confrontés les professeurs des écoles modernes sauf qu’ici, il s’agit de l’œuvre d’un célèbre auteur créonnais à la chevelure grisonnante : quand on s’interdit la relecture, on tombe dans l’incohérence… ou au bordel !
    Note arrondie : 6 / 20 ( pour le papier et le temps passé! )
    Appréciation : Peut (certainement ! )mieux faire.
    Cordialement !

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  2. bernadette

    Pourquoi les grands élus et les petits sont ils aussi vulgaires. Et puis les syndicats répètent ce que disent ces élus vulgaires.
    Pourquoi la venue de Emmanuel le vulgaire à t’elle tourné au psychodrame ? Pourquoi les intervenants ne sont ils pas réunis ?
    Pourquoi fallait il que les forces de l’ordre interviennent ?

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  3. Yvon BUGARET

    Notre jeune Président nous déçoit de plus en plus. Sa vulgarité et son irrespect pour ceux qui souffrent dans cette société réservée aux riches va lui coûter cher. Mis à part Sarkozy, aucun Président de la République Française n’a porté de tel jugement sur ceux qui travaillent dur avec souvent des salaires de misère. Les cadeaux faits aux riches tels que la suppression de l’ISF vont être un énorme boulet à traîner jusqu’à la fin de son quinquennat. Il faut espérer que les organisations syndicales s’entendent pour former un front uni contre cette déstructuration sociale.

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    • bernadette

      Bonsoir Yvon,
      Il n’y a personne qui défend les salariés qui bossent dur mais il n’y a pas que les salariés qui bossent dur.
      Pourquoi les syndicats n’ont ils pas organise une table ronde avec l’ensemble des salariés de l’entreprise, les dirigeants et Macron sur l’avenir de l’entreprise en Corrèze ?

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  4. J.J.

    François : J’ai pris ce copié-collé comme je pense il doit l’être, au second degré(au moins), pour illustrer les propos un peu déplacés de monsieur 15% et « l’institution » évoquée.
    Tout le monde connaît ce mini dialogue :
    – C’est le bordel, madame Adèle !
    – C’ est le boxon, monsieur Léon !
    Ce dernier mot, de même que « bourdeau », que l’on trouve dans Rabelais, par exemple n’a pas été évoqué par l’auteur, sauf erreur, mais, attendu la richesse du sujet, on comprend bien qu’il ne pouvait être exhaustif !

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