Le téléphone mobile est devenu le pire outil d’atteinte à la liberté individuelle avec souvent le consentement de son possesseur ignorant tous les effets de la moindre utilisation de son appareil. On le sait désormais que, dans la très grande majorité des enquêtes policières, le traçage des appels ou simplement des contacts avec les relais permettent de détecter les failles dans les affirmations des suspects. Immédiatement les gendarmes ou les policiers sollicitent des opérateurs afin d’avoir les relevés des contacts effectués via le « portable ». Il existe encore des abonné(e)s qui n’ont pas conscience de cette utilisation d’un abonnement privé alors que les personnes ayant des comportements dangereux se méfient comme la peste de ce moyen de communication. L’abonné (e) irréprochable n’est cependant pas mieux traité que le plus criminel. Il est suivi en permanence par des sociétés spécialisées dans la vente des « comportements » sociaux.
En fait l’astuce de plus en plus développée réside dans la mis en place de mouchards dans absolument toutes les applications installées sur un téléphone mobile ou même sur celles complétant les ordinateurs. Des dizaines d’informations sur les actes du quotidien de chaque individu sont collectées, disséquées et revendues par des sociétés spécialisées dans le meilleur des cas à des entreprises du secteur de la consommation mais pourraient l’être à des systèmes encore plus dangereux dont la vocation seraient politiques.
En fait dans la loi, la collecte de toute information directement liée à une personne ou à son appareil nécessite son consentement, y compris lorsqu’il s’agit d’une mesure d’audience. Peut-on parler de consentement lorsque l’utilisateur croit fournir ses données à une application et que dix ou quinze autres sociétés en profitent en sous-main ? Dans de nombreux cas, la mention de données partagées avec des tiers figure dans les conditions générales d’utilisation. Qui les a lues ? Qui en mesure l’impact ? Qui a été vraiment informé(e) de cette utilisation ? N’est-ce pas une entorse à la liberté individuelle faite à l’insu du plein gré de celui qui accède à une service payant dans la plupart des cas ? Votre banque par exemple revend une bonne part de vos activités d’achat sur des sites distants… et eux se régalent de vos visites pour vous inonder de pubs ciblées !
En théorie, l’utilisateur devrait également pouvoir donner un consentement distinct pour chaque traceur contenu dans la moindre application. EN théorie car dans 99 % des cas il l’ignore !Le règlement général sur la protection des données, pourrait accentuer la responsabilité des traceurs et des éditeurs d’application, qui devront prouver que le consentement des utilisateurs a été correctement recueilli. Rêvez toujours : ce sera toujours la case à cocher en bas du formulaire et qui aura l’avantage de vous livrer à une vente accrue des données liées à vos choix de vie.
En utilisant n’importe quelle carte bancaire aux caisses des commerces grands ou petits, des restaurants, des pompes à essence les sociétés qui collectent à la fois des données en ligne et celles de vos achats, la Commission nationale de l’informatique et des libertés, l’autorité française de protection des données, a publié en 2014 sur son site Internet les grandes lignes des obligations légales qui leur incombent. Il reste encore beaucoup à faire pour que l’effacement de ces collectes soient effectué et même si c’est le cas c’est après une exploitation maximum.
Il existe un système très sophistiqué de la collecte de la donnée personnelle très opaque et difficile d’accès pour le simple consommateur. Il est animé par des spécialistes du marketing qui exploitent vraiment les moindres possibilités. Par exemple les acquis fournis par des données de localisation sont recueillies par une simple application de météo pour afficher la température là où se trouve l’utilisateur, rares sont ceux qui savent que cette géolocalisation est aussi transmise à une autre société de voyages, de vêtements, d’assurances, de transporteurs, d’organismes touristiques. Regarder quel temps il fait à Montréal, à Venise, à Amsterdam ou à Séville déclenche immédiatement des messages ou en déclenchera dans un proche avenir !
Il suffit de mettre en place dans l’application la plus anodine de météo France pour que l’on sache via les GPS des smartphones combien de personnes sont venues en point de vente après avoir vu une publicité. « Techniquement, on pourrait aller “tracker” les gens, faire le boulot de la DGSE », explique dans un article du journal le Monde l’un des responsables de l’une de ces entreprises de mouchardage affirme que « ce n’est ni éthique, ni légal, ni notre métier (…).  L’analyse de données ne se fait pas à l’échelle de l’individu, mais à l’échelle de groupe d’individus anonymes, via des principes statistiques… » Ouf je suis rassuré !

4 Réponses

  1. bernadette

    La statistique publique protège les données individuelles et demande aux Mairies d’en faire autant. A l’issu du prochain recensement de la population il est illégal de recopier certaines données de population pour en constituer des fichiers.

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  2. J.J.

    Bien des « gens »qui poussent ds cris d’horreur à l’évocation des compteurs espions « Linky « , ne prennent pas la peine de se renseigner sur l’espionnage auxquels se livrent des organisations plus ou moins bien intentionnées, en exploitant leur téléphone portable. Mieux, même, ils déballent sur les réseaux sociaux des détails confidentiels sur leur vie privée, en ignorant délibérément le danger de telles confidences publiques.

    Des personnes du même acabit vont également partir en guerre contre les émissions d’ondes électromagnétiques qui nous saturent, en oubliant que leur téléphone portable, collé à leur oreille, est le premier émetteur de ces ondes( sans compter tous les autres qu’ils ignorent ).
    Il existe des individus perturbés par les ondes électro-magnétiques, même en leur absence (phénomène constaté par huissier).

    Lorsque Descartes déclarait « le bon sen est la chose du monde la mieux partagée », et qu’il développait ses arguments, je pense qu’il avait conscience d’énoncer une aimable galéjade.
    Difficile de se prémunir de toutes ces nuisances indétectables. Je règle mes achats si possible en argent liquide, que je retire pratiquement toujours au même endroit. J’utilise AdBlock, qui fait enrager les publicitaires.
    J’ai conscience que ce n’est sans doute pas très efficace, mais j’ai le plaisir de tenter de résister.

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  3. JJ Lalanne

    Que le gars de l’ article du monde dise que ce n’ est pas à l’ échelle de l’ individu, il parle pour lui je suppose car le suivi est bien personnalisé et les mails sont souvent nominaux. Ayant pratiqué le peer-to-peer de manière plus qu’intensive (je me suis calmé) et ayant vu certains se faire coincer sur des sites moins sophistiqués, genre emul, j’ ai voulu essayer les adresses exportées (payantes). Une personne « bien placée dans le métier » m’a expliqué que ça ne servait à rien car au final l’ écriture numérique pouvait être repérée au niveau de la « livraison » incontournable par le fournisseur d’ accès comme la Sacem peut repérer un piratage par une suite de nombres. Pour dire que l’ on peut résister aux spams mais impossible de ne pas laisser de traces. Merci JJ, je vais essayer adBlock. Utilisant un smartphone sous Android ce n’ est sans doute pas gagné!

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  4. JJ Lalanne

    CORRECTIF: La Sacem qui repère par une suite de notes et non pas de nombres (mon smartphone sous Android fait parfois preuve d’ indépendance)

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