De tous temps la société a adoré les symboles, ces réalités visibles, concrètes conduisant le plus grand nombre à découvrir des réalités invisibles. Ce qu’un signe ordinaire ne permet pas de dire, le symbole le permet. Le symbole traduit souvent ce que l’on ne peut pas énoncer. Souvent ils assurent une corrélation entre le symbolisant et le symbolisé. La République a été construite sur ces principes : le drapeau, la Marianne, l’hymne… et la religion ne repose uniquement que sur la transformation en rites, en objets, en pratiques en objets, en rites de l’immatérialité des affirmations. Or de plus en plus la société recherche à utiliser des symboles jugés indispensables pour satisfaire un peuple de moins en moins en phase avec le raisonnement ou l’effort de compréhension.
Les communicants qui ont envahi ce monde se servent à foison de cette appétence populaire pour des faits, des gestes, des images pouvant influencer l’opinion. On choisit minutieusement des lieux, des décors, des mots, des vêtements de telle manière que l’imprégnation soit supérieure à la compréhension. Si parfois cette utilisation des symboles est volontaire il arrive que la divulgation de certaines informations cassent des mois de travail. Tous les présidents de la République (la soirée au Fouquet’s et les vacances américaines pour Sarkozy ; le scooter pour Hollande) ont eu leurs événements marquants avec une décision symboliquement néfaste. Dans une seule semaine Macron et ses soutiens portés au pinacle par les sondages se retrouvent confrontés à cette réalité : trois révélations renforcent le lien existant entre l’argent et la majorité actuelle.
D’abord il y au cette Députée ne mesurant vraiment pas la portée de ses propos sur la baisse de ses éléments de confort de vie depuis son élection. La seule référence au symbole de son obligation de devoir « manger des pâtes » a plombé une majorité de membres de l’Assemblée nationale ayant voulu laver plus blanc que blanc la vie politique sans être capable d’en apprécier les conséquences. Pour des millions de gens ce mépris d’une personne politique ayant près de 10 000 € cumulés pour à la fois assumer sa vie privée et ses frais de représentation (dont les repas!) a revêtu une signification symbolique forte et extrêmement dévastatrice. Toutes les tentatives pour revenir en arrière auront été vaines. La soirée anniversaire du Président de la république dans le royal château de Chambord sans pâtes au menu constitue également un renforcement de l’image de monarque fmaboyant de l’occipant du Palais de l’Elysée !
Ensuite depuis la publication  par la Haute autorité pour la transparence de la vie publique, des déclarations de patrimoine des membres du gouvernement on sait que trois ministres sont millionnaires ou multimillionnaires. La ministre du Travail, Muriel Pénicaud, arrive en tête avec plus de 7,5 millions d’euros de biens, dont 4 millions d’euros répartis sur trois contrats d’assurance-vie. Elle est également propriétaire d’une maison dans les Hauts-de-Seine d’une valeur estimée à 1,3 million d’euros, et d’une maison dans la Somme valant 340 000 euros. Le total de ses contrats d’assurance-vie, instruments financiers, comptes courants et produits d’épargne atteint quelque 5,9 millions d’euros. La HATVP avait déjà révélé en juillet que Muriel Pénicaud avait perçu au total 4,74 millions d’euros net de 2012 à 2014, alors qu’elle était directrice des ressources humaines chez Danone.  Françoise Nyssen, ministre de la Culture et ancienne patronne des éditions Actes Sud, fait aussi partie des millionnaires du gouvernement, avec plus de 600 000 euros de biens immobiliers, et 4 millions d’euros pour sa société arlésienne. Parmi les ministres les plus riches figurent également Florence Parly (Armées), ou encore Agnès Buzyn (Santé). Cette réalité qui en soit n’a rien de critiquable a tout de même un impact symbolique dans l’opinion car elle conforte l’idée d’une France dirigée par « les riches »
Enfin et c’est encore plus dangereux qui est le plus choquant ce sont les neuf véhicules à moteur que possède selon sa déclaration Nicolas Hulot, ministre… de l’écologie. Alors là on arrive au sommet du symbole négatif car il décrédibilise la parole politique de l’un des plus percutants des Ministres en place ! Plus de 7,2 millions d’euros tel est son montant total du patrimoine ! Mais là encore il sera difficile de mobiliser autour de ce constat même si dans le monde de la précarisation croissante (suppression des emplois aidés) cete somme donnent le tournis. Son garage surprend encore plus avec six voitures, une moto, un scooter électrique et un bateau à moteur. Nicolas Hulot a acquis en 2017 une voiture Volkswagen achetée 50.000 euros – sa déclaration ne précise pas s’il s’agit d’un diesel. Il possède également une BMW aujourd’hui estimée à 33.000 euros, un vieux 4×4 ainsi qu’un petit utilitaire Peugeot, et il a acquis cette année une – pas très écologique non plus – 2CV. Il lui sera difficile de plaider en faveur de la diminution des énergies fossile… mais faites de ce que dis mais surtout pas ce que je fais !