787 107 habitants. Officiellement, c’est le nombre d’habitants que compte la Métropole bordeaise au 1er janvier 2018., soit 12 178 de plus que l’an dernier. En 10 ans, l’agglomération a accueilli 100 000 habitants supplémentaires. D’ici une quinzaine d’années sur ce rythme de croissance on arrivera au fameux million d’habitants annoncé. C’est mieux que la progression du département de la Gironde (+ 1,2 % par an), et ce sera suffisant pour atteindre le fameux million de personne puisqu’ elle en aurait 975.000 en 2030 sur ce rythme. Cette perspective avait toutes les raisons de réjouir les élus locaux de ce territoire « administratif » qui semble figé pour le moment puisque les ressources de leurs villes ou de leur communauté venaient, depuis la suppression de la Taxe professionnelle sur les activités économiques qu’elles avaient « aspirées » durant des décennies, de la croissance du nombre d’habitants. Quand on investit comme l’a fait la Métropole bordelaise sur des équipements ou des aménagements prestigieux il est en effet inévitable de prévoir de les faire amortir sur une population la plus large possible. Or après deux récentes réformes et une annoncée la donne a totalement changé et de l’aveu même du Président de Bordeaux métropole en débat d’orientations budgétaires, après les prochaines sélections municipales l’avenir ne s’annonce pas de tout repos !
D’abord il y a désormais l’exonération progressive de la taxe d’habitation qui sera certes compensée dans un premier temps, mais qui nécessitera des ajustements profonds de la fiscalité locale. Cette perspective va contraindre indirectement quasiment tous les maires, dans les deux prochaines années précédant le renouvellement de leur mandat, à ne pas augmenter leurs recettes liées à cette taxe. Bordeaux vient donc d’annoncer la non-augmentation de ses taux et tous les autres vont suivre. Cette croissance des ressources ne viendra alors que d’une augmentation du nombre des bases nouvelles « taxées » ce qui ne ralentira donc pas nécessairement la vitesse d’urbanisation puisque sur 2019 et 2020 tous les programmes sont lancés et ne peuvent être interrompus. Comme il est fortement envisagé que les communes récupèrent la part départementale du Foncier bâti (réforme à venir) on aura donc tout intérêt à construire vite et bien partout !
Ensuite il y a la fameuse limitation à 1,2 % ou au mieux à 1,35 % si croissance démographique forte des dépenses de fonctionnement. Elle s’applique à la fois à Bordeaux, Mérignac, Pessac et à la Métropole. Si la circulaire adressée aux Préfets inspirée par Bercy est appliquée les premières approches permettent de penser que les deux dernières années du mandat s’annoncent difficiles pour tout le monde avec des amendes assez fortes. Il faudra bien digérer les dépenses mutualisées qui ont produit leurs effets en 2018 mais qui inverseront la tendance ultérieurement. Les frais financiers liés aux emprunts à effectuer seront aussi en hausse. On recherche donc des recettes annexes qui ne jouent pas sur le niveau d’imposition comme par exemple celles du stationnement qui certes pénalisent les Bordelais mais tapent aussi douloureusement sur les automobilistes venus de l’extérieur. Les lignes de tram sont bondées et les parkings de dissuasion explosent… condamnant les salariés où les gens venant travailler sur Bordeaux à rechercher des solutions sur les villes limitrophes de le cœur de la Métropole qui croulent aux terminus des trams sous les voitures en attente du retour de leur propriétaire.
Enfin il y les exigences liées à cette croissance. Dans le domaine de l’éducation il faudra par exemple d’ouvrir une douzaine de groupes scolaires neufs ou rénovés (sur les 5 prochaines années) et une demi-douzaine de collèges payés… par tous les contribuables girondins via le Département sur la même durée. La pression est déjà là et les délais sont très courts alors que le foncier à usage public (prix limité) fait gravement défaut puisqu’il n’y a eu aucune anticipation dans ce secteur. Il faudra aussi pour l’Etat trouver les postes ailleurs si on va vers une réduction de 120 000 fonctionnaires.
En ce qui concerne la sécurité des biens et des personnes la situation s’aggrave de jour en jour. La prévision est sans appel : l’embauche de 120 sapeurs-pompiers professionnels minimum, la reconstruction du centre de secours de La Benauge (projet en cours), la restructuration de quatre autres sont indispensables si l’on en reste à la règle actuelle finançables à 50 % par le SDIS 33 soit le département et les autres collectivités hors Métropole. Des équipements spécifiques doivent être acquis pour faire face des type d’architecture complexe et aussi aux grands équipements réalisés (échelles spéciales, camions étroits, bateaux pour le tourisme fluvial…) Actuellement la réponse est apportée en renfort quotidien par l’appel aux professionnels et aux volontaires des centres de secours de la zone périurbaine… qui quittent leur territoire d’intervention pour aller pallier la surcharge métropolitaine ! Ce n’est qu’une solution provisoire intenable tout comme celle qui laisse la charge de ces nécessités absolues au seul Département.
L’approvisionnement en eau potable se pose à très court terme. La Métropole va aller chercher des ressources supplémentaires dans les champs captants du Médoc ou du Sud-Gironde dans des délais aussi réduits que possible. Bien entendu ce nouvel approvisionnement indispensable pour répondre aux besoins en augmentation servira aussi à d’autres secteurs pour régler les problèmes de qualité de leur eau distribuée mais l’essentiel sera utile sur le territoire métropolitain. Les aides financières sont en chute libre et les problèmes environnementaux pas très simples à régler compte-tenu des évolutions globales des ressources disponibles.
Bien entendu on ne peut évacuer les énormes problèmes, insolubles (quoiqu’on en dise!) avant des dizaines d’années, des accès à la rocade puisque quelles que soient les solutions envisagées tous les chemins, faute de conduire à Rome, conduisent à cet anneau servant majoritairement à la dessert de proximité des lieux de travail, de services ou des surfaces de commerces situés à proximité de l’anneau dépassé par un afflux annuel supplémentaire de véhicules légers. Même si c’est dérangeant et politiquement incorrect, la métropolisation de la Gironde qui n’a pu se faire par la loi se fait par le poids croissant de cette entité sur les problèmes départementaux ! Et il sera très difficile de lutter contre cette réalité pour les autres territoires qui ne pèsent pas face à une entité devenue omniprésente dans le quotidien !

Une réponse

  1. bernadette

    Bonjour,
    Je trouve que les élus ne se cassent pas beaucoup la tête, à part leur champ politique et leur petite institution adorée avec leur beau fauteuil capitonné. Que la ville de Bordeaux comme les communes alentours soient en augmentation demographique c’est logique et légitime puisque la plupart des ancrages économiques se trouvent situés en métropole.
    D’où viennent ces habitants, où habitaient ils avant de venir à Bordeaux ?, il faut demander une compensation financière à l’institution relevant du lieu d’habitation.
    Vous n’allez pas tuer ces habitants sous prétexte qu’ils participe à l’augmentation de la population bordelaise !

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