Mon père et mon oncle, qui ont tous deux passé beaucoup de temps dans leurs vignes ou leurs arbres fruitiers, ont été touchés par des maladies proches de celle de Parkinson. Mon père a même eu une terrible fin de vie, touché par la maladie de Steele et Richardson, horrible condamnation à la rigidité corporelle intégrale. Avant de se tourner vers l’agriculture bio ils avaient probablement été tous deux exposés aux pesticides ou au moins à des produits que l’on n’imaginaient pas encore aussi nocifs qu’ils le sont vraiment. Quand on a vu les dernières années d’une existence consacrée à travailler infatigablement la terre, on doit s’interroger sur la réalité des menaces pesant sur les générations actuelles.
En 2013, la maladie de Parkinson était reconnue officiellement, en France, comme pathologie professionnelle pour les agriculteurs, à cause de l’exposition majeure de ces derniers aux produits chimiques. Ce fut une avancée découlant des statistiques de la MSA mais qui était restée discrète et surtout qui a laissé indifférents les autres habitants du monde rural. Seulement voilà les conditions d’exploitation du vignoble ou des cultures ont évolué moins vite que le nombre d’habitations ou d’équipements publics installés aux abords des lieux des traitements. Or en 2017, un rapport alertait encore plus sur les dangers des pesticides auprès des riverains sans bouleverser les grands épandeurs de produits nocifs et sans émouvoir outre mesure les pouvoirs publics !
Une étude publiée dans le Bulletin épidémiologique hebdomadaire et éditée par l’agence sanitaire « Santé publique France » vient d’être diffusée et elle est formelle : le risque de maladie de Parkinson ne se limiterait pas seulement aux agricultures, mais à la population habitant dans des régions agricoles et plus particulièrement viticoles, en France métropolitaine. C’est un énorme pavé lancé dans la mare des certitudes officielles fabrqiuées par les fabricants de mort différée. Désormais les maladies neurologiques dont celle de Parkinson représentent la principale cause d’invalidité et la deuxième cause de décès dans le monde. Parmi ces maladies se trouve celle de Parkinson. Le nombre de cas de cette maladie a plus que doublé de 1990 à 2015 et celui des patients traités de la maladie de Parkinson, fin 2015, était d’environ 160.000. On compte en moyenne 25.000 nouveaux cas de Parkinson par an. 17% des nouveaux cas étaient âgés de moins de… 65 ans. Les scientifiques estiment que le nombre de personnes atteintes aura « augmenté de 56% en 2030 par rapport à 2015 avec une personne atteinte sur 120 parmi celles âgées de plus de 45 ans ». Ces chiffres sont catastrophiques et rendent légitimes l’inquiétude des « exploitants » ou des « salariés » exposés directement ou indirectement à des traitements souvent intensifs et sur de grandes surfaces durant des années ! Maintenant tout le monde est dans l’incertitude sur son avenir !
L’étude confirme en effet de manière irréfutable que l’incidence de la maladie de Parkinson pour la population augmente avec la proportion de la surface des terres consacrées à l’agriculture, en particulier lorsqu’il s’agit de viticulture la plus utilisatrice de pesticides. En France, en 2000, la viticulture représentait 3% de la surface agricole utile et… consommait 20% des tonnages des pesticides. La Gironde est particulièrement concernée par ce travail qui démontre que « l’association la plus forte a été observée pour les cantons avec les proportions de terres agricoles dédiées à la viticulture les plus élevées, avec une incidence de la maladie plus élevée de 10% par rapport aux cantons sans viticulture »… Le rapport devrait être envoyé dans les plus brefs délais à un Ministre actuel de l’Agriculture défenseur de l’indéfendable ! Il devrait accélérer le processus mis en route par les professionnels de la vigne pour sortir de l’utilisation des pesticides et autres produits chimiques (les désherbants sont-ils inoffensifs) professionnelle était impliquée ». Ces résultats justifient par ailleurs la surveillance de la maladie de Parkinson chez les agriculteurs et la poursuite d’études sur le rôle de l’exposition non-professionnelle aux pesticides sur la population en général. Ils plaident également en faveur de la réduction de l’exposition aux pesticides des agriculteurs et aussi des riverains des cultures, notamment viticoles.
Voici un sujet pour un Président d’une vraie République protectrice de ses citoyens. Plutôt que renouer des liens avec l’église où finissent de trop nombreux parkinsoniens dans l’encens et l’eau bénite il devrait inciter à les rompre avec les fabricants de ces poisons aux multiples effets ! Tiens c’est même un vrai problème que « Pernaut-Ringard » devrait aborder lors de son entretien de complaisance avec son écolier modèle !
Le pire c’est que des solutions naturelles de substitution existent et que les services d’un État se voulant protecteurs passent leur temps à surveiller, sanctionner, détruire celles et ceux qui tentent de les mettre sur le marché français… Il faut probablement attendre que le monde du profit s’empare des brevets non encore reconnus et retrouve les marges actuellement réalisées au prix de milliers de morts ! Eux ne tremblent pas.

13 Réponses

  1. JJ Lalanne

    Une voisine qui était allé donner un coup de main à de la famille dans des vignes visiblement pas assez lessivées par la pluie. Bilan: hospitalisation pour malaises, brûlures et au final atteinte définitive du système nerveux. Ce n’ est pas pour rien que les produits utilisés en guerre chimique sont fabriqués dans des usines de produits pharmaceutiques ou de produits phytosanitaires. C’ est la même famille de produits! Pour ça au passage que dire lutter contre la production des armes chimiques relève du pipeau (comme en Irak). C’ est sur l’ ensemble de la planète qu’ il faut arriver à un désarmement en pesticides ou à un contrôle strict. Actuellement l’ interdiction de certains produits dérangent à peine les fabricants, ils ont toujours en attente des produits de substitution… Les tracasseries faites autour de certaines solutions « naturelles » peuvent embarrasser mais elles sont aussi insuffisantes. Bio ne veut pas nécessairement dire sain ou écologique. La cigüe, l’ aconit, etc, sont bio mais… Que de pub sur les pyrèthres sous prétexte qu’ ils sont naturels (ou la copie de), vendus souvent un litre gratuit pour un litre acheté en hypermarchés. Quelle idolâtrie du bacille de Thuringe. Sûr qu’ il est bio, sûr qu’ il est efficace contre les chenilles des indésirables, mais pas que, il ne peut être sélectif, pas plus que les pyrèthres dans leur domaine. Juste pour deux exemples, deux produits qui participent à faire disparaître les moustiques ou autres insectes sans distinction et par conséquence faire disparaître oiseaux et petits mammifères insectivores. Et pourtant ce sont des produits naturels. La guerre biologique existe comme la guerre chimique, elle est encore plus redoutable car à étendue et durée incontrôlables et le contrôle des phytosanitaires dits naturels est visiblement insuffisant. L’ argument les « anciens » l’ utilisaient devrait plutôt effrayer quand on voit à quel âge et dans quel état ils mouraient…

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  2. bernadette

    Ne vous laissez pas endoctriner, le but du jeu est de faire augmenter le coût des produits (bio et non bio), c’est commercial !

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  3. JJ Lalanne

    Garanti que ce que j’ ai pu constater et non pas entendu dire ce n’ est pas du commercial. Ma voisine aurait préféré et la famille à JM aussi. Les atteintes dont il parle n’ ont rien d’ inné ou de psychosomatique.

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  4. Alain. E

    Un vrai scandale que ces pesticides qui empoisonnent la terre et les populations , il est à noté que le coût de vente des maisons à proximité de vignes est dévalué du fait de cette pollution .
    J’ aime le bon vin , mais quand on sait les résidus de pesticides qu’ on ingurgite , j’ en bois moins et me tourne systématiquement vers les vins bio et je pense que beaucoup de viticulteurs ont compris la direction à prendre , un grand cru de st- émillion , chateau angélus va passer tout son vignoble en bio .
    Evidemment il y a aussi beaucoup à dire sur le bio et tout n’ est pas parfait comme disaient les cathares , bref bientôt « les raisons de la colère » pour les raisins ….

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    • bernadette

      Construisons disez Mme Rosenberg avant de passer sur la table électrique pour mourir.
      Il vaut mieux construire des maisons que de faire du pinard !
      On ne peut pas enlever ce cru bourgeois de St Emilion. L’Angelus, c’est aussi une peinture de Millet.

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  5. JJ Lalanne

    J’ ai même trouvé du bacille de Thuringe en vente comme traitement bio dans l’ entrepôt d’ un fournisseur pour professionnel. Tant qu’ il ne sera pas interdit, la chaîne alimentaire avec nous à un bout a du souci à se faire.

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  6. Yvon BUGARET

    En tant qu’ancien Chercheur à l’INRA de Bordeaux et responsable du Laboratoire de Phytopathologie Viticole au cours de mes dix dernières années de ma carrière, je suis inquiet de voir comment évolue cette guerre contre les pesticides.
    Pourquoi en est-on arrivé là ? Souvenons-nous dans les années 50, du plan Marshall, de la conquête de l’autosuffisance alimentaire, de l’exode rural pour aller gonfler les rangs de l’industrie. Je pense que c’est la société toute entière qui est responsable de la montée de la chimie dans notre monde. Il est évident que les agriculteurs, viticulteurs, arboriculteurs et consommateurs en sont les premières victimes.
    Ce qui m’inquiète le plus actuellement, c’est la ruée vers le Bio. On oubli de dire que les agriculteurs et surtout les viticulteurs Bio sont très concernés par l’utilisation des pesticides. Les vignobles comme la plupart des cultures sont affectées par des maladies cryptogamiques sévissant depuis plus de 150 ans. Pour les combattre, notamment les mildiou et autres, les agrobiologistes sont autorisés à protéger leur culture avec le fameuse Bouillie Bordelaise, fongicide à base de cuivre, considéré comme très toxique pour les sols. On oublie de dire que le cuivre est un métal lourd inaltérable, considéré comme très toxique pour les sols. sa toxicité est classée au même niveau que le cadmium, le mercure et le plomb. De nombreux pays ont interdit l’utilisation du cuivre en agriculture depuis longtemps…
    L’avenir est dans l’application d’une Protection Raisonnée guidée par des modèles mathématiques mettant en équation les risques de développement des parasites avec les risques climatiques. Cette méthodes déjà appliquée par de nombreux viticulteurs et arboriculteurs a permis de réduire significativement le nombre des intrants de façon significative tout en protégeant correctement les récoltes. Il est malheureusement impossible de ne plus utiliser des produits phytosanitaires (appelés pesticides pour faire peur) sans risque de perte de récolte pouvant être catastrophique économiquement.
    Dans l’application des produits, d’important progrès ont été réalisés. La nouvelle génération de pulvérisateurs ( très onéreux) en viticulture est de plus en plus équipées de panneaux récupérateurs de bouillies permettant de limiter sensiblement la dissémination des particules des produits phytosanitaires dans l’atmosphère et sur les sols.
    Espérons que ces tensions entre agriculteurs, viticulteurs et citadins s’apaiseront progressivement.

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    • bernadette

      Oh merci Yvon pour cet article. Les viticulteurs ne sont pas des pollueurs payeur. Il travaille beaucoup et observe leur parcelles de vigne très souvent. Je les soutiens de tout mon coeur

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  7. Puyo Martine

    Tout est dit ci-dessus.
    souhaitons que toute l’agriculture et la viticulture puissent se passer de ces produits nocifs pour tout ce qui vit sur cette terre.
    ainsi soit-il

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  8. JJ Lalanne

    Les conflits entre agriculteurs, viticulteurs et citadins (ou pas) sont d’ autant plus absurdes que quand on voit le surdosage de produits phytosanitaires par les jardiniers amateurs il y a de quoi avoir peur. Le professionnel, par l’ information qu’ il a et aussi par économie, est plus attentif au dosage. J’ ai cité en les critiquant deux produits parce que je les connais bien pour les avoir utilisés, sur conseil d’ un « spécialiste ». Ce fut efficace mais ces produits n’ étant pas sélectifs dans leurs domaines respectifs, plus un insecte mais, aussi, n’ ayant plus rien à manger, plus un oiseau. Les limites de certains traitements bio, pas nécessairement plus écologiques que la pharmacopée chimique. En se rappelant que dans la plupart des cas c’ est la dose qui fait le poison.

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  9. Yvon BUGARET

    Ok JJ Lalanne, mais concernant les oiseaux, je constate depuis que l’on a déclassé la nuisibilité des pies, les chardonnerets ont presque disparu des jardins. j’ai eu l’occasion de les voir détruire les nids, dès la naissance des oisillons. Il faudrait reclasser les pies comme oiseaux nuisibles. Le cas des pies n’est malheureusement pas le seul.

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  10. JJ Lalanne

    Si certaines espèces ne sont pas régulées et qu’ en plus pour x raisons elles sont en déséquilibre, on arrive vite à la catastrophe. Les cormorans ont réussi à faire autant de dégâts ou plus que le braconnage pour la faune piscicole, eux aussi. La place de l’ être humain dans l’ équilibre écologique est souvent mal prise en compte. Avant que l’ étang de Cousseau soit mis en réserve,j’ y faisais de très belles pêches mais quelques années après un garde me confiait qu’ il n’ y avait pratiquement plus que des poissons-chats. Tant qu’ on y pêchait, même si ce n’était pas le but, on sortait beaucoup de ces prédateurs et cela maintenait un minimum d’ équilibre. L’ équivalant du problème des pies reporté au milieu aquatique où il y en a aussi bien d’autres mais comme dans l’ eau ça ne se voit pas, on réagit (ou pas) trop tard…

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