L’art de la réforme reste le plus difficile à acquérir pour les femmes et les hommes de pouvoir persuadés qu’ils doivent obligatoirement changer les textes mais pas nécessairement les mentalités. C’est ancré dans la République française et le meilleur exemple en est l’éducation nationale où depuis un demi-siècle on modifie les horaires, les dates des vacances, les programmes, la formation, le recrutement mais où jamais on ne touche à la pédagogie. C’est vrai en tout : le privé est le modèle. La « maladie » qui consiste à laisser aux « aristechnocrates » de Bercy le soin de décider d’absoluement tout ce qui est bon pour le peuple n’a cessé de grandir au cours des deux derniers mandats présidentiels.
Ce n’est pas pour rien que les membres des cabinets ministériels ont globalement bénéficié d’une augmentation de plus de 20 % par rapport aux tarifs antérieurs. La rémunération moyenne brute (primes comprises) des 232 membres des cabinets ministériels s’élève à 9186 euros mensuels a analysé dans une annexe au budget l’ancien parlementaire Derosière publié par… Bercy.. Il ajoute que « 80 membres de cabinet sont mieux payés que leur ministre ». Mais bien évidemment il est plus aisé, pour l’opinion publique, de taper sur les indemnités perçues par les élu(e)s locaux suspectés en permanence de bénéficier d’avantages mirifiques ! Il est vrai que ces gardiens des temples de l’orthodoxie budgétaire méritent leur rémunération puisque ce sont eux qui bâtissent (bien plus que les « politiques ») les stratégies en matière de redressement des comptes publics.
Ils ont par exemple décidé de limiter la croissance des dépenses des plus grandes collectivités territoriales à 1,2 % sur les trois prochaines années (mais + 20 % pour eux) et d’améliorer les ratios de désendettement de l’État en contraignant les maires, les président(e)s d’intercommunalités, de départements ou de régions à restreindre leur capacité d’investissement par les emprunts au moment où justement les taux sont le plus avantageux. Depuis un an le gouvernement fait de la comptabilité avec la recherche de carabistouilles avec une volonté constante d’embrouiller tout le monde sous un flot de mesures techniques masquant un objectif constant : privatiser avec plus ou moins de vigueur mais privatiser pour faire entrer la France dans le giron de « la concurrence libre et non faussée » du Traité européen !
La vérité se cache dans une multitude de décisions réformatrices simultanées qui ne paraissent pas converger. Or de la fameuse réforme de la SNCF, de la baisse des soutiens au logement social en passant par l’abaissement de l’âge de la scolarité obligatoire , la sélection sur CV et lettre de motivation (ça ne vous rappelle rien) dans les universités, les restrictions apportées par exemple au fonctionnement quotidien de la solidarité humaine des départements ou une réforme constitutionnelle nécessaire mais centré uniquement sur le nombre de parlementaires mais pas sur le fonctionnement citoyen de la démocratie représentative le « arsistechnocartes » ne jugent que les effets financiers attendus. Peu importe les dégâts humains. Peu importe que la misère augmente, que les inégalités se creusent puisque leurs choix sont strictement ceux qu’effectuent les confectionneurs de bilans d’exploitation.
Le rapprochement entre une gestion privée d’entreprise et celle d’un État devant par principe l’égalité d’accès aux mêmes services est une absurdité notoire sauf à penser qu’il s’agit d’une volonté délibérée de transformer par les chiffres une société qui serait sclérosée car attachée à des valeurs différentes de celles du monde du profit ! Le vrai problème c’est que les forces sociales françaises sont segmentées, fragmentées, affaiblies et donc se laissent entraîner dans une spirale d’autodéfense spécialisée.
Les références idéologiques ont été en effet explosées par l’arrivée de parlementaires ne possédant que peu de culture politique ou les ayant trahies. Le renouvellement s’est traduit par un fort affaiblissement de la capacité de résistance de gens devant représenter leurs électrices ou leurs électeurs. Il paraît que leur parti va leur éditer des fiches avec des chiffres… et des éléments de langage devant les accompagner pour leurs réunions de premier année de mandat. Une manière d’avouer qu’ils sont souvent mal à l’aise pour justifier des réformes sur le terrain face aux intéressé(e)s. Ils diront « merci » aux retraité(e)s, « dommage » aux communes rurales dont les classes sont fermées et traiteront de « minables rétrogrades » les gens qui contesteront une politique favorisant les « premiers des cordées » filant vers les sommets sociaux.
Ce sont les « aristechnocates » qui ont préparé les supports de ce bilan d’une année de réformes avec le talent qu’ont leur connaît pour sauvegarder les apparences républicaines. Il n’y a aucun risque pour que des « frondeurs » se lèvent car si c’était le cas ils seraient éliminés avant même que le suffrage universel s’en charge… En attendant les « aristechnocrates » eux attendront les pantoufles toujours chaudes pour le privé !

3 Réponses

  1. LAVIGNE Maria

    L’ignorance, le fait qu’une information en chasse une autre, que la presse libre peine encore à se faire entendre, laisse la part belle à Jupiter et à ses sbires. Pensez-donc ma pauv’dame, il est charmant, le gendre idéal et bla bla bla… Le réveil va être dur et certains font déjà des cauchemars … J’enrage de voir le mépris de ces gens là !

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  2. Puyo Martine

    DÉMORALISE. HEUREUSEMENT AUJOURD’HUI IL FAIT SOLEIL, LE MORAL REMONTE.
    QU AVONS NOUS FAIT POUR MÉRITER CA ?
    heureusement QUE VOUS CONTINUEZ A PUBLIER VOS HUMEURS, SI ON NE REGARDE PLUS LA TÉLÉ,VOUS NOUS INFORMER ET CA C EST ESSENTIEL.
    MERCI JEAN MARIE.

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  3. bernadette

    Ce qui est inquiétant c’est l’insécurité de notre pays face aux ordres de guerre des chefs d’Etat français successifs.
    Le peuple syrien ne mérite pas cela.

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