critique

Bien évidemment quand je critiquais les décisions prises par François Hollande (Loi NOTRe, déchéance de la nationalité, CICE notamment…) j’ai vite été attaqué (voir insulté anonymement bien sûr) par ses partisans considérant que tout atteinte aux décisions prises par un élu national devant porter les mêmes idées que moi, était scandaleuse. L’esprit critique dirigé vers tout pouvoir constitue pour beaucoup un dangereux comportement dans une société où l’on cultive la notion « d’opinion dominante » ne supportant pas la contestation, sauf quand elle est utile à son parcours personnel,. Le comportement le plus paisible consiste à colporter des idées toutes faites, de’énoncer des concepts superficiels, de boire les décoctions médiatiques, de se contenter de répéter ce qui rassure… plutôt que ce qui dérange ! Pourtant j’ai bien du mal à entrer dans un moule, dans un militantisme béât ou dans un suivisme réputé utile ! C’est désormais au-dessus de mes forces!
Dans le contexte actuel j’avoue en effet ne pas me reconnaître dans un groupe politique organisé puisqu’ils tournent en rond cherchant à se construire soit dans une opposition systématique, soit dans une approbation idolâtre. Peu d’argumentations construites. Plus aucune « pédagogie » politique. Des affirmations dénuées de tout fondement et un déluge de positions se résumant à des « éléments de langage » ressassés constituent ce que l’on considère comme le débat politique. En fait il suffit d’avoir une grille de lecture reposant sur des valeurs immuables et de simplement se poser la question : cette position concourt-elle à l’égalité, à la fraternité, à la solidarité, à la laïcité ou au maintien de la liberté ? Ensuite je conserve mon droit de juger à partir de mes 50 années ininterrompues d’engagement dans tous les secteurs de la vie collective !
Si on prend un exemple concret de la gouvernance actuelle du pays il est possible de démontrer quelle repose sur la guérilla sociale rapide ouvrant des fronts multiples de telle manière qu’il n’y ait jamais de réponse massive possible. Les citoyens qui ne gobent pas tout peuvent en témoigner s’ils prennent le temps de raisonner globalement et pas seulement sur leur propre sort… Toute la stratégie repose sur une analyse : l’individualisme a gangrené le pays et il rend possible si l’on va vite toutes les attaques. On l’a vu avec la brutalité de la suppression des emplois aidés… Trop tard pour les collectivités, mes associations qui ont été plongées dans l’incertitude sur leur sort durant les vacances !
Les retraités dont on a soigneusement entretenu au préalbale une image de « favorisés » se font ponctionner mais ne réagissent surtout pas collectivement…Ils attendront octobre pour vérifier qu’ils sont provisoirement bénéficiaires après exonération d’une taxe d’habitation au niveau variable d’une commune à l’autre. En effet il sera aisé de démontrer que le même niveau de pension ponctionné via la CSG aura des conséquences dans les zones rurales (TH faible) ou les grandes villes (montant beaucoup plus élevé). Encore une fois les ruraux seront les cocus de l’affaire puisque le prélèvement est forfaitaire et le niveau d’exonération est très variable selon leur lieu de vie ! Electoralement cherchez le plus rentable. L’objectif proclamé : être solidaire des salariés ! Mais pour permettre aux EHPAD de fonctionner à peu près convenablement on va contraindre les salariés à travailler un second jour férié… afin d’alimenter la CNSA !
En baissant le niveau des retraites on rend en plus l’écart entre celles qui sont inférieures à 2 000 € par mois et le tarif des EHPAD beaucoup plus élevé ! Et s’ils ne peuvent pas payer on se retournera sur l’héritage (récupération APA sur les sommes perçues dans la décennie précédente) ou en sollicitant les enfants et même les petits-enfants pour payer ! Inutile de préciser que tous les retraités se pensent à l’abri de la maladie, de l’isolement et de la dépendance et que ces mesures successives ne les concernent pas : le gendre idéal de l’Élysée en jouent ! L’objectif implicite est clair : assurez-vous au plus vite (si vous en avez les moyens) contre les conséquences financières de la dépendance liée à des maladies dégénératives en constante augmentation ! On va dans la suite de ces réformes ajouter très vite une porte ouverte vers la retraite par capitalisation réservée aux classes les plus aisées ! Bien évidemment il s’agirait d’une véritable rupture de l’égalité sociale et le la solidarité humaine mais comme ce ne sont plus des références politiques il ne faut pas tenter de l’expliquer car c’est de l’opposition systématique ou comme dirait François Hollande de la « fronde » !
Il ne s’agit donc pas d’être pour ou contre l’occupant du palais de l’Élysée mais simplement de comprendre en quoi ce type de réformes empilées les unes sur les autres vont à l’encontre de l’intérêt des plus faibles, justement celles et ceux qui ne peuvent pas les contester. Et c’est valable dans bien d’autres secteurs !