Il fallait s’y attendre : la réforme des pensions versées aux retraités approche ! Ell va une fois encore casser l’un des héritages des luttes ouvrières et des préconisations de ce Conseil National de le Résistance qui avaient promu le concept républicain de la « répartition ». Le gouvernement va ouvrir une nouvelle brèche dans le système de la solidarité intergénérationnelle en lançant des produits financiers conduisant à une épargne de précaution avantageant bien évidemment celui qui aura les moyens de se l’offrir par rapport au plus faible démuni de moyens. Mieux les plus faibles des retraités que sont les salariés agricoles voient renvoyé à une promesse ultérieure la poursuite du rattrapage de leurs pensions minables. La fameuse harmonisation se traduira inévitablement par un alignement sur les avantages minimum généralisé. Alors il faut que les jeunes générations se préparent à cotiser et à épargner : une double peine alors qu’ils entrent de plus en plus tard sur le marché de l’emploi ! On commence donc par une réforme de l’épargne retraite. C’est le premier acte du laminage du système actuel ! Dans le collimateur on retrouve les « livrets »  ! Au total, ce patrimoine s’établissait à 4.765 milliards d’euros à fin 2016, en hausse de 300 milliards d’euros pa rapport à 2015. C’est un peu en baisse en 2017 (-10%) même si le groupe BPCE constate la persistance d’un «haut niveau de collecte nette», à 51,4 milliards d’euros de placements financiers des ménages, un montant estimé à fin décembre même s’il s’avère inférieur de 10% à celui de 2016.
Et ce malgré le ralentissement du pouvoir d’achat à +1,6% (1,8% en 2016) et la faiblesse des rendements après fiscalité, constatent les auteurs de ce baromètre trimestriel de l’épargne. Les Français qui le peuvent donnent encore une plus large préférence aux dépôts à vue qu’aux placements financiers stricto sensu : leur collecte nette aurait représenté, l’an dernier, 60% de l’épargne des ménages (31 milliards d’euros), en léger recul (-0,4%). Le gouvernement ne veut plus de ces sommes dormantes et va donc tout faire pour inciter les épargnants à les placer sur des « produits » plus dynamiques mais… plus risqués !
La mesure essentielle en préparation vise à l’alignement de la fiscalité des différents produits, pour les versements… volontaires des salariés. Ces versements seront déductibles du revenu imposable, permettant ainsi de réduire son impôt sur le revenu l’année de leur réalisation. Les retraités actuels apprécieront puisqu’eux sont réputés « riches » et donc pressurés de tous les cotés. Les conditions de sortie seront elles aussi harmonisées : il sera possible de sortir soit en capital (intégralement ou partiellement), soit en rente, pour les versements volontaires ainsi que pour la participation et l’intéressement.
Les rachats en capital seront imposés à l’impôt sur le revenu (sur l’ensemble du capital, et pas seulement sur les gains engrangés), de même que les rentes, sachant que celles-ci bénéficient d’un abattement de 10%. Encore une fois ces mesures concernent celles et ceux qui dans ce pays peuvent déduire de leurs impôts des choix fiscaux mais n’apportent rien à la très grande majorité des salariés qui n’ont pas assez de revenus pour d’abord économiser et ensuite payer des impôts ! Pour eux : rien sauf des fins de mois difficiles qui ne leur permettra certainement pas de se plonger dans des textes abscons concoctés par Bercy.
Les mesures proposées traduisent une double volonté : réorienter l’épargne des plus aisés vers un système ne pouvant fonctionner qu’avec la sécurité d’emplois bien rémunérés et tenter de réduire la part versée au titre de la répartition pour ne pas augmenter les cotisations ou allonger le nombre de trimestres. Il s’agit donc d’une première étape en juin se voulant rassurante pour les soutiens potentiels du gouvernement. On passera ensuite au détricotage des conditions d’accès à la pension pour le plus grand nombre. Si l’on en prend qu’une piste sur laquelle planchent les « réformsites » on trouve une solution consistant à créer un compte virtuel (« compte notionnel ») sur lequel seraient enregistrées les cotisations retraite versées. Lorsque le salarié voudra partir à la retraite, on retiendra alors l’ensemble des sommes versées au cours de la carrière, que l’on divisera par son nombre théorique d’années de vie restantes. Ce nombre serait évalué à partir de l’espérance de vie pour la classe d’âge concernée.  Une spéculation morbide mais qui n’effraie pas les apôtres des économies.
Par exemple si on prend un salarié partant à la retraite à 65 ans ayant cotisé 150 000 euros. Si l’espérance de vie pour sa génération est de 78 ans, il lui reste donc théoriquement 13 ans à vivre. Le montant annuel de sa retraite sera alors égal à 150 000 / 13 = 11 538 euros par an, soit 962 euros par mois… Bien évidemment s’il bosse jusqu’à 70 ans il aura davantage pour les 8 ans qu’il lui reste théoriquement à vivre ! Dommage pour celles et ceux qui disparaîtront avant puisque plus un cotisant partira tardivement, plus sa retraite sera élevée puisqu’il cotisera des sommes en plus et que son nombre d’années d’espérance de vie théorique diminuera.  Avec ce nouveau système, les notions d’annuité et de retraite à taux plein disparaîtront. D’où l’intérêt d’épargner pour pouvoir partir le plus tôt possible et compenser la faiblesse de la répartition !

5 Réponses

  1. JJ Lalanne

    Si je comprends bien,on remplace le scandale de la retraite à taux plein,celle que l’ on prend à moitié mort, par une retraite minable pour tous. Encore un truc qui va servir à augmenter le fossé public-privé et à l’ exploiter…

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    • bernadette

      J’ai compris qu’il va se créer l’épargne-retraite et ce sera à chaque futur retraité de placer l’argent pour sa retraite.
      Il est demandé d’être responsable de soi.

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      • bernadette

        Il va donc falloir apprendre à mieux gérer son pognon avec la banque puisque le gouvernement va faire créer des produits financiers.
        Et puis il y a le prélèvement à la source sur le salaire dont je ne sais peu de choses.

  2. J.J.

    Encore un beau projet fidèle aux grands principes des bankstaires : mutualiser les pertes et les prises de risque, et privatiser les profits.
    La casse continue.
    Et tous ces cheminots qui vont cacher leurs faramineuses retraites dans les paradis fiscaux !

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  3. JJ Lalanne

    Sur Antenne 2,à l’ instant, aux infos, ils viennent d’ en rajouter une couche avec un quasi-reportage, vu la longueur, sur les entreprises de location de véhicules qui rémunèrent des retraités de la SNCF pour les ramener à leurs bases. Il est souligné que ces retraités ne payant pas le train, l’ entreprise n’ a à payer ni leur venue ni leur retour, d’ où leur emploi exclusif selon Antenne 2. A quand un reportage pour montrer que madame Betancourt, madame Fillon,monsieur Cahuzac se sont enrichis grâce à une retraite de la SNCF? Madame Anne-Sophie Lapix vous êtes tombée bien bas. Ça c’ est votre problème mais le plus grave ce sont les dégâts que vous occasionnez à notre tissu social avec votre sourire macronien.

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