C’est maintenant une évidence : la France est gouvernée par la direction du Budget de Bercy ! Ayant été très proche de cette élite parmi les élites de la République l’occupant actuel de l’Elysée a totalement libéré leur « talent » longtemps brimé par des « politiques » frileux ! Ils peuvent enfin mettre en œuvre une stratégie mise sous les boisseau depuis plusieurs décennies : équilibrer les comptes de la Nation via une longue liste de coupes dans les dépenses imposées aux « autres » mais surtout pas à l’État. Cette structure de combat du libéralisme possède tous les pouvoirs puisque aucune décision ne peut être prise sans qu’elle ait donné son aval.
La direction du budget joue en effet un rôle central de conception et d’exécution dans le pilotage des finances puisqu’elle est garante des documents présentés à Bruxelles. La place désormais occupé par l’État dans l’activité économique et le poids des dépenses publiques lui donnent un champ d’intervention particulièrement développé puisque toutes les politiques sont, d’une manière ou d’une autre, conditionnées par une intervention financière venant de Bercy. Du fait que l’on ne cesse de ressasser que la réduction des dépenses publiques, après plusieurs décennies de forte progression, est la seule solution à tous les malheurs européens de la France, cette direction a éléargi son champ de compétences et on lui a confié la gestion de l’ensemble des administrations publiques (administrations de sécurité sociale et collectivités territoriales).
Dirigée par Amélie Verdier qui a été de 2012 à 2014 directrice de cabinet de…Jérôme Cahuzac puis de Bernard Cazeneuve, ministres délégués chargés du budget. Elle a également exercé les fonctions de directrice de cabinet adjointe de Pierre Moscovici alors ministre de l’économie et des finances ce qui lui a permis de parfaitement mesurer l’importance du poste qu’elle occupe actuellement. Elle a sous ses ordres 247 agents, en grande majorité des cadres (fonctionnaires de catégorie A et A+ et contractuels diplômés de grandes écoles) auxquels s’ajoutent les « espion »s contitués par 160 agents dans les services des contrôleurs budgétaire et comptable ministériel (CBCM) placés auprès des ministères réputés « dépensiers » et qui remettent des notes. Bien plus que les Ministres, les députés, les sénateurs la direction du Budget dispose d’une connaissance, à la fois synthétique et détaillée par secteur, des politiques publiques et de leurs modalités de financement…. ce qui lui confère le statut de « cœur du réacteur » politique !
Redoutée car redoutable, imaginative mais fermée, intransigeante voire bloquée cette direction vient de lever un pan du voile pudiquement posé sur une série de réformes toutes inspirées par un même objectif : libérer le profit pour relancer la croissance et surtout détruire tout ce qui constitue le système de la sécurité… sociale au sens large. En effet une note interne intitulée « transformer les prestations sociales » liste les pistes de économies à mettre en place dans un proche avenir. Encore une fois deux publics sont particulièrement ciblés : les jeunes et les plus âgés car il ne faut pas trop diminuer les rentrées fiscales des actifs. Les penseurs de Bercy estiment que les aides sociales constituent « un poids croissant » pour les finances publiques, de l’ordre de 26% des dépenses. Or « plusieurs approches » sont « possibles pour maîtriser la dynamique », estiment-ils. Le principe de la solidarité est remis en cause avec une révision des « règles d’éligibilité » des prestations, une meilleure prise en compte du patrimoine des personnes dans le calcul des allocations, ou la désindexation des minima sociaux sur l’évolution des prix au moment où l’inflation repart.
Plusieurs dispositifs sont ainsi passés au crible, comme l’allocation personnalisée pour l’autonomie (APA), destinée aux personnes âgées versée par les conseils départementaux. Cette prestation pourrait viser « des publics prioritaires » pour garantir sa « soutenabilité » dans « un contexte de vieillissement démographique » ce qui bien évidemment mettra les élus locaux responsables de l’application de ces modalités restrictives face à la réprobation des allocataires. Pour les aides personnelles au logement (APL) pour les étudiants, jugées « peu ciblées », faute de prendre en compte les ressources réelles des bénéficiaires, la direction du budget propose d’intégrer….. les minima sociaux et les prestations familiales dans les ressources servant de base à leur calcul « à compter de 2020″. Pour les bourses sur critères sociaux, enfin, elle suggère d' »accroître le ciblage » des aides — par exemple en abaissant les plafonds de ressources — ou bien de « renforcer le contrôle d’assiduité » pour les bénéficiaires, qui pourraient perdre leurs aides s’ils ne vont pas en cours. Bien entendu l’opinion dominante ne mesure pas réellement les conséquences de ces « annonces » tant qu’elle ne touche pas ses membres. La société est tellement segmentée qu’aucune réaction collective n’est envisageable et ça le direction du budget le sait.

Une réponse

  1. J.J.

    Ces gens de Bercy m’évoquent les fermiers généreaux de l’ancien régime, leur outrecuidance, leur mépris pour tout ce qui n’est pas leur caste privilégiée, leur fatuité à se croire infaillibles et indispensables.

    Ils devraient prendre garde, et se souvenir que la Révolution a su se débarasser de leurs personnes de manière drastique, et se passer de leur services.

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