Comment aborder sereinement la situation des migrants en France qu moment où de l’autre coté des Alpes le gouvernement anti-système annonce 500 000 expulsions vers nulle part et que la pression sur les États voisins va s’accentuer ? Difficile voire impossible dans un contexte de désinformation quotidienne, d’appel à la haine, de racisme rampant, d’une crise de confiance dans l’institution européenne et surtout de mépris aggravé de l’humain dans sa dimension universelle. Plus personne ou presque ne raisonne objectivement que ce soit dans le sens du soutien ou dans celui du rejet puisque il manque souvent les repères indispensables à une prise de position mesurée. Tout débute par une histoire de mots qui portent divers maux. Sous la qualification de « migrants » on classe par exemple les « réfugiés » dont l’Histoire nous apprend (du temps où elle était enseignée) qu’ils sont toujours les victimes d’actes contraires à la tolérance et à la démocratie. Les « réfugiés » ont toujours fui une persécution réelle ou potentielle. Et des millions d’entre nous sont d’une manière ou d’une autre des migrants pour les autres.
Rappelons aux « bons » Français qu’avant même la révocation de l’Edit de Nantes plus de 30 000 protestants quittèrent clandestinement leur pays pour Berlin, Londres, Genève, Amsterdam ou même Le Cap… en Afrique du sud. Ces « exilés » issus de la bourgeoisie laborieuse ont fait la fortune de leur pays d’accueil et leur départ a appauvri la France en la privant de nombreux talents et de ressources indispensables à son essor. Ils ont aussi nourri à l’extérieur du Royaume de France les ressentiments contre la France et son monarque. On considère que c’est au minimum 200 000 huguenots qui furent ensuite contraints d’aller chercher un refuge ailleurs lorsque l’Edit fut révoqué ! Beaucoup partirent misérablement mais fondèrent dans la difficulté et l’hostilité, des familles ou des affaires sur leurs lieux d’accueil… Il n’y pas eu de terres dans l’Histoire qui n’aient pas eu ses migrations provoquées par les guerres, l’intolérance, les menaces ou la misère. L’occulter c’est se priver de l’analyse des phénomènes actuels.
Bien évidemment les « migrants » qui s’installèrent aux Amériques sont loués pour leur détermination alors qu’ils finirent par exterminer les populations autochtones. Les Italiens ou les Allemands qui fuyaient des régimes totalitaires eurent bien du mal à se faire admettre sur notre sol. Et que dire des Espagnols tentant d’échapper au franquisme qui furent enfermés dans des camps ou des harkis algériens qui eurent toutes les peines du monde à trouver leur place dans une société qui ne reconnaissaient pas leur existence. Ils ne furent pas mieux considéré que les « migrants » actuels. Etaient-ils à rejeter à la mer ? Qui sont leurs descendants ? Sont-ils moins utiles au pays que la progéniture des « Emigrés » ayant fui la Révolution ?
En 1979 ce sont 120 000 « boat-people » qui ont été recueillis après un élan de solidarité porté par Raymond Aro qui en allant soutenir leur cause à l’Élysée devant Valéry Giscard d’Estaing  demanda aux hommes politiques de résoudre le drame de l’accueil des réfugiés vietnamiens, repoussés par de nombreux pays (en particulier par Hong Kong, l’Indonésie et l’Australie). Avec ces intellectuels et des personnalités telles que André Glucksmann, Yves Montand ou Simone Signoret, Bernard Kouchner lance l’opération Un bateau pour le Vietnam et affrète le fameux cargo, l’Ile de lumière. Doit-on en avoir honte ? Actuellement bien des « hommes politiques » accusent les ONG de connivence avec les passeurs pour aider les malheureux à traverser la Méditerranée et il y n’a que le silence qui entoure les défaillances de ce que l’on appelle encore à tort le droit d’asile alors qu’il ne s’agit que du droit « administratif limité » à rester sur une terre n’ayant plus rien d’accueillant.
« Migrants » : la peur, la défiance, le rejet reposent à leur égard d’arguments économiques, culturels sans fondement mais qui ont fini par intoxiquer une opinion publique préoccupé par une avalanche de retours sur ce qui constituait le socle de sa sécurité sociale quotidienne. Plus une société est inquiète et plus elle devient sensible aux propagandes sommaires ! Or il est affirmé tout et n’importe quoi sur le sujet des « migrantes » des « demandeurs d’asile », des « réfugiés » avec des campagnes sur les réseaux sociaux affichant des irréalités criminelles sur les aides reçues et sur les engagements d’un État républicain qui justement n’en tient que très peu !
Si l’on se réfère aux conditions actuelles de vie de près de 2 500 d’entre eux, sous tente, à Paris au bord du canal Saint-Martin et du canal de l’Ourcq, dans des conditions d’hygiène catastrophiques, indigne de toute humanité. Une querelle illustre la lâcheté de notre République puisque le Ministre de l’Intérieur laisse « pourrir » ces gens sous prétexte que la Maire de Paris n’aurait pas sollicité leur expulison et le démantèlement de leur camp ! En fait c’est tout simplement l’État dans ce domaine comme dans beaucoup d’autres ne respectent absolument pas son rôle régalien de mise à l’abri de ces gens… et se décharge une fois encore sur les collectivités territoriales. Totalement incapables faute de moyens financiers et de personnels d’assumer ses responsabilités en matière d’accueil il pond des lois ne changeant rien à la dure réalité de la misère, du sang et des larmes et faussement rassurantes pour des électrices et de électeurs oublieux des leçons du passé.

4 Réponses

  1. Bernadette

    Pour ces migrants c’est un problème de logements.
    Il faut dire que l’immigration qu’elle soient économique (travail), climatique, guerre est bien la conséquence de choix des chefs d’Etat.
    Les accords de Shengen qui ont été signés entre autres par la France en 1986 pour l’ouverture des frontières européennes n’est pas rassurant. La France est également fournisseur d’armes.
    L’économie de la France est en déconfiture.
    Comment voulez vous faire accepter par les populations française qu’il faille accepter des migrants ?

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  2. JJ Lalanne

    Heureusement qu’il y a les migrants parce que à Bordeaux,seulement, sans migrants pas de miroir d’ eau, pas de tramway,pas d’ écoquartier Ginko, pas assez de soignants,etc… Et même si nous ne leur devions pas tout ça, ils seraient bienvenus. Ce sont les mêmes qui pendant la guerre détournaient leur regard des déportations de Juifs et autres qui disent encore qu’ ils ne peuvent pas porter la misère du monde. « C’ est triste mais ce n’ est pas nous » se disent-ils. Personnellement,je dirais dommage que ce ne soit pas eux aussi, ça les sortirait de leur nombrilisme. Je ne m’ étendrais pas sur le cas d’ une immigrée proche qui m’ a ouvert les yeux sur les comportements de personnes que je prenais pour des amis,au moins d’ idées. On ne peut savoir combien un petit fait, ici, peut avoir de graves conséquences à des milliers de kilomètres comme j’ ai pu le constater mais ça les « bons » Français s’ en foutent pourvu qu’ on ne dérange pas leur bonne conscience.

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  3. J.J.

     » ils ne peuvent pas porter la misère du monde »
    Je ne suis pas un fanatique admirateur de Michel Rocard, mais il faut rendre à Michel ce qui appartient à Rocard, une occasion de rétablir sa citation dans son intégralité, car tronquée donc déformée, procédé très courant chez les merdias de tout poil.
    Elle prend d’ailleurs toute sa valeur dans les circonstances actuelles

    « l’Europe ne peut pas accueillir toute la misère du monde, mais elle peut prendre sa part de cette misère.»

    Si l’Europe, au lieu de pratiquer un coupable immobilisme, avait su prendre sa part de responsabilité dans le drame des migrants arrivant en Italie au lieu de tergiverser, abandonner l’Italie à son sort et laisser pourrir la situation, les élections italiennes n’auraient peut être pas pris le même tour.

    Vous trouvez étonnant qu’en Italie se dégage une majorité anti européenne et par voie de conséquence anti migrant ?

    Et que dire du comportement de l’Europe vis à vis de la Grèce ?

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