« La mixité sociale ne se décrète pas, elle se construit en même temps que le citoyen en devenir, à l’école de la République » et « c’est au sein de celle-ci que tout peut être fait pour offrir à tous la possibilité de s’engager ». Ces superbes principes sont dans le communiqué final des principales organisations françaises de jeunesse qui s’étaient réunies pour débattre su projet de service national universel. Ils mettent en évidence les carences politiques du reste de la population française totalement subjuguée par des réformes qui superficiellement paraissent « révolutionnaires » alors qu’elles ne font que perpétuer les inégalités ou dans la majeure partie des cas les renforcent. En effet en rendant obligatoire ces semaines de rassemblement dont on se demande toujours quelles en seront les finalités, Jupiter tente de masquer simplement les véritables carences d’un système éducatif de plus en plus élitiste. En décidant qu’un mois obligatoire entre 15 et 18 ans suivi d’une phase d’engagement citoyen de « trois à six mois avant 25 ans » deviendraient obligatoires pour absolument tous les jeunes il entretient l’illusion d’un effacement des différences sociales.
La période actuelle avec le système pré-universitaire « parcoursup » et les inscriptions dans les collèges et les lycées démontre amplement que la « mixité sociale » reste une illusion. Les stratégies de contournement pour échapper au secteur scolaire lorsqu’il est jugé de manière totalement erronée comme pénalisant pour les enfants, les adolescent(e)s ou les jeunes sont l’apanage de familles avisées ou possédant simplement les clés du fonctionnement des affectations. Et ce n’est pas avec une « période » de vie commune autour de sujets « oubliés » dans le parcours scolaire mais plus du tout éducatif depuis des années. La citoyenneté ne se construit plus dans les établissements puisque inexorablement les pédagogies actives, une bonne part des structures participatives, les actions citoyennes et surtout l’engagement relevant du militantisme des enseignant(e)s ont disparu en quelques années. Le dialogue, la confiance n’existent plus. D’ailleurs les associations l’expriment en rappelant que c’est véritablement une nouvelle erreur politique de continuer d’exclure la jeunesse de la construction de son avenir.
Passer en force avec de fausses concertations dans tous les domaines reste le principe de la gouvernance macronienne. « La jeunesse ne peut plus être tenue à l’écart des projets qui la concernent par des politiques paternalistes, soupçonneuses et systématiquement pensées dans la défiance », explique le collectif où figurent notamment les deux premiers syndicats étudiants (Fage et Unef), des syndicats lycéens (UNL, SGL…) et des organisations de jeunesse comme la Jeunesse ouvrière chrétienne. Cette demande n’a que peu de chances d’être entendue car elle est contraire au passage en force avec des ajustements marginaux qui entretiennent l’illusion jusque là appliqué sur absolument tous les sujets.
« Ce projet souffre d’un premier décalage majeur entre d’un côté la volonté des jeunes qui (…) font le choix de s’engager de façon souple et diverse dans une recherche de sens comme d’épanouissement et, de l’autre, le cadre obligatoire, rigide et contraignant que le projet semble faire émerger ». Ce constat effectué par la coordination est exacte ! Dans la vie locale (sport, culture, solidarité…) une part d’entre eux le démontre. Si je prends l’exemple de la vie locale créonnaise une quarantaine de moins de 16 ans est engagée dans les jeunes sapeurs-pompiers volontaires et accumulent des savoir-être et des savoir-faire, plusieurs autres œuvrent au sein de l’association gestionnaire du cinéma quand d’autres s’impliquent vraiment dans le milieu sportif (hand-ball, football, VTT…) et parfois beaucoup plus que leurs parents. Le vrai problème c’est que celles et ceux qui sont en difficulté dans le « système » ne trouvent pas leur place dans ces lieux de formation citoyenne.
« Le service national universel, tel qu’il semble se dessiner, souffre d’un second décalage entre l’objectif affiché de mixité sociale et ses effets présagés » ajoutent les organisations de jeunesse. «  Il est à craindre (…) que le dispositif réponde davantage à une logique démagogique qu’à celle de la coconstruction fondée sur l’expertise des acteurs ». Pour les particpant(e)s à la réunion nationale, dans le contexte actuel (la réforme coûterait à terme entre 1 et 3 milliards et entre 10 et 15 milliards en investissements), il y a bien mieux à faire car il suffirait de donner davantage de moyens à tout le réseau éducatif (foyers socio-éducatifs notamment) ou associatif pour soutenir «les nombreuses initiatives portées par l’Éducation nationale et les associations offrent des solutions adaptées aux réalités ».  Les jeunes suggèrent donc au gouvernement de recentrer ses ambitions « à l’accompagnement des jeunes en difficulté, à la prévention des risques, au passage du code de la route, sur des formations sur l’égalité femmes-hommes, sur les enjeux climatiques, sur la découverte d’autres cultures, etc. »… Mais ce n’est pas électoralement rentable et on ira donc vers une usine à gaz qui sera alimenté financièrement… par les collectivités territoriales quis eronte ncore une fois appelées à payer la réforme !