Le ministre des comptes publics, Gérald Darmanin en poste est venu en Gironde tenter d’expliquer à quelques dizaines de Maires que la situation de leurs finances locales relève du bonheur parfait puisque contrairement à ce que le Président avait fait quand il était ministre de Hollande, il ne leur retire pas de dotation de l’Etat. En fait il vient comme le veut désormais la tradition macronienne réaliser une opération de communication à petite échelle pour contenter des député(e)s en Marche plutôt gêné aux entournures par la situation réelle sur le terrain. Il s’agit pour lui de vendre une machine à laver les réformes qui ressortira tout plus propre, plus beau et plus siple. Situation qu’il est techniquement difficile de transformer en réalités rassurantes.
Il a profité de ce passage pour non pas apporter des propos constructifs et rassurants sur la modification d’une fiscalité locale obsolète sur ses bases mais pour attaquer le Département qui n’est pas passé sous le fourches caudines du contrat et se rendre la corde au cou chez le Préfet pour signer un contrat à sens unique. Une manière comme une autre d’appliquer le principe stratégique voulant que « l’attaque » reste la meilleure défense lorsque l’on manque d’arguments sérieux. Bien évidemment il a détaillé en solo des arguments plus ou moins solides, ne reposant sur aucun chiffre sérieux et surtout sortis d’un contexte socio-économique tellement différent des certitudes qu’il a assènées.
Encore une fois, les propos tenus démontre la véritable intention d’un gouvernement ultra-libéral : mettre à mal les conseils départementaux seuls véritables remparts désormais contre les exlusions sous toutes leurs formes. Il exerce un véritable chantage sur le Département de la Gironde et les collectivités qui n’ont pas souhaité signer un plafonnement de leurs dépenses réelles de fonctionnement transforman un contrat en assignation destinée à détruire les rapports actuels entre les territoires. Surtout il s’est ingénié à mettre en accusation les élu(e)s ne se pliant pas à un ukase financier éloigné de toute référence à la réalité de la Gironde, département en expansion démographique croissante, confronté comme les autres à la précarité humaine et territoriale. Je résume : « si vous vous plaignez que les AIS vous coûtent trop on les transfèrera à la Métropole et vous n’existerait plus! Asuumez votre compétence sociale et ne réclamez pas trop. Vous avez pris une position politique -entendez policinenne- car 44 départements ont compris eux l’intéêt de la démarche!  »
Un chantage déjà entrevu dans la prise de position récente du Premier des Ministres quant au désengagement de l’État pour un accord avec les Départements sur les Aides Individuelles de Solidarité (AIS). Des aides que les Départements paient pour le compte de l’État… et que le gouvernement envisage de clarifier. La Gironde qu’il compare faussement avec le Nord est le Trosième département métropolitian pour ce qu’il acquitte en reste à charge pour les la solidarité et si le handicap est onéreux c’est parce que la MDPH est trop généreuse. Quelle ironie, quel cynisme puisque l’État doit largement plus de 82 millions dans ce domaine comme dans d’autres pour simplement chiffer une part de ses engagements non tenus !
Il a parlé avec talent en grand spécialiste de la gestion locale de chiffres qui ne sont jamais cités d’ailleurs mais vaguement évoqués. Il est dans son rôle de comptable public tentant d’effacer des décennies de désastre de la gestion de l’Etat. Le département, reconnu pour la qualité de sa gestion (1) préfère mettre derrière des constats approximatifs des réponseS aux besoins quotidiens des Girondines et des Girondins mais l’humain n’a plus sa place dansce monde où tout se résume à une ligne de crédits!
Les attaques ou les décisions de ce Gouvernement asphyxient progressivement les capacités d’action des collectivités et mettent en péril les services qu’elles rendent dans les domaines essentiels de la vie mais c’est au nom du redressement eds comptes publics. A terme, c’est l’ensemble des actions que porte notamment le Département qui devrait être remis en question : la construction des collèges ou des routes, la prise en charge des hébergements et des soutiens aux personnes âgées ou handicapées, la construction de logements pour tous, le soutien à la vie associative,à la culture et au sport, l’insertion des personnes en situation de précarité, la protection des espaces naturels, entre autres exemples.
En quoi adoptons-nous une posture politicienne ?
Les zones rurales le Département les connaît et peut en parler. Nous devons faire face à sa fragilisation :
–  Risque de fermeture des petites lignes TER que l’Eatt ne peut plus financer et il appelle aux fonds du département
–  Le passage à 80 Km/h des axes secondaires sans consultations des Départements mais en leur délégant le travaiL
–  Fermetures de Services Publics : trésoreries, bureaux de poste, classe des écoles rurales
Le Département de la Gironde œuvre au quotidien pour une Gironde juste et équilibrée :
–  Déploiement du Très Haut Débit sur l’ensemble du territoire (projet : 669 millions d’euros)
–  Maintien du Fond Départemental d’Aide à l’Equipement des Communes
–  Aide aux communes : 3 millions d’euros par an
–  Création de villes d’équilibre pour le développement des territoires ruraux
– Réponse à la croissance délographique par la construction ou la restructuration de 25 collèges avec le personnel de service qui va avec.
Le chantage et la menace qui traversait les propos du Minsitre n’ont jamais amélioré la confiance entre un État méprisant et des collectivités agissant pour la réduction des inégalités sociétales créées par le pouvoir central. Darmanin est venu donner la leçon à des Maires et des élu(e)s épuisés et prêts pour une majorité d’entre eux à quitter la vie publique tellement leur situation devient intenable, coincés qu’ils sont entre une médiatisation accusatrice de leur gestion et les demandes croissantes de leurs administrés. Ils sont sortis lessivés : tout ira mieux demain.

7 Réponses

  1. Bernadette

    Bonjour,
    Je réside sur la departementale 10 sur une portion qui doit être entretenue par la commune.
    Cette commune a refusé l’entretien des bords de route, j’ai comme l’impression que cette commune n’a aucun lien avec la communauté de communes qui assure sur d’autres communes l’entretien des bords de routes.
    J’entretiens la bordure qui m’a été conférée lors de la décision de la DDE
    Je ne peux pas acheter le matériel pour nettoyer les fossés et demande en conséquence que l’entretien se fasse par les services intercommunaux.

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  2. LAVIGNE Maria

    Eh oui, le ministre est à l’image du patron, arrogant, méprisant, bonimenteur, il s’arrange avec la vérité, peu importe ! Je salue ici les élus Girondins du département qui tiennent tête face aux décisions prises par cette oligarchie d’incapables et qui devraient ruisseler et s’imposer à nous. Les décisions doivent être prises au plus près des citoyens. Ils veulent tout recentraliser pour notre plus grand malheur. Qu’en pensent les marcheurs ex. socialistes ? Nous ne les entendons pas ?

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    • Bernadette

      C’est à tous les niveaux des institutions. Que dire des communautés de communes qui comprennent au sein de celles ci des communes pauvres.
      Pourquoi au sein des réunions à la CDC les maires des communes pauvres n’interviennent ils pas ?

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  3. Bernadette

    Les bords de route et les fossés de toutes ancrages communautaires doivent être nettoyés et entretenus.
    C’est un minimum pour lutter contre ces hordes de serpents. C’est un minimum vital

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  4. Bernadette

    Ce n’est pas le déploiement du Très haut débit qui va aider les girondins à vivre. La machine pousse toujours l’humain vers le neant. Avec cette machine il était prévu le travail de bureau à domicile pour les employés de bureau pour éviter des conditions de transport (bien être) trop contraignantes. La machine n’a fait que supprimer des emplois et diviser la population.
    Les politiques utilisent cette machine infernale puisqu’ils sont divisés et ne s’entendent pas.
    Il n’est plus possible de continuer comme cela.

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  5. POLGE Aimé

    Merci Gérard pour tes commentaires en roue libre , toujours très documentés , avec des retours d’expériences pertinents d’un acteur actif du quotidien . C’est toujours un plaisir de lire ton décryptage des sujets graves ou moins graves de l’actualité , et en tous cas , aujourd’hui une réelle et efficace contribution plus que jamais indispensable à la lutte contre un pouvoir injuste et volontairement sélectif dans les décisions qu’il prend au jour le jour et qui affectent malheureusement le quotidien du peuple de France .Il en faut et il faudra de plus en plus , des voix qui s’élèvent contre cette technostructure d’état qui privilégie en permanence la finance et les plus nantis , au nom d’un libéralisme qui va jusqu’au bout de son implacable logique destructrice

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