Si un jour vous avez un peu de temps devant vous, rendez vous dans un palais de justice pour assister à des comparutions de coupables « ordinaires » au tribunal correctionnel. C’est un condensé de la société que vous révéleront ces moments officiles où on trouve absolument toutes les facettes des réalités sociales. Affaires sordides ou vraiment écœurantes souvent marquées par des actes violents ou désespérés se succèdent à un rythme soutenu. On retrouve parmi les prévenu(e)s des « pros » des lieux qui savent ce qu’il faut dire ou surtout de pas dire. Souvent ce sont pourtant des démuni(e)s, coupables présumé(e)s n’ayant droit qu’à un(e) avocat(e) commis(e) d’office qui n’a connaissance du dossier que quelques minutes auparavant. Ces gens là ont peu de chances d’échapper à des sanctions « exemplaires » et « codifiées » car leur défense est souvent impossible… et donc ils payent cash leurs « grosses bêtises » comme dirait M. B… de l’Elysée. Par contre il y en a qui ont droit à des défenseurs expérimentés connaissant bien le système, les « habitudes » du Président(e), celles des médias et qui ont toujours un angle d’attaque sortant des formules habituelles. Ce qui frappe c’est que le verdict, à faute similaire, n’est jamais identique dans le premier cas et dans le second. Plus les années passent et plus l’écart se creuse d’ailleurs entre la justice des acculturé(e)s, des pauvres, des maladroit(e)s, des exclu(e)s et celles des personnes ayant simplement les moyens de parcourir les arcanes d’une justice se voulant impartiale alors qu’elle ne l’est absolument pas dans de nombreuses circonstances.
Imaginons un instant qu’un individu usurpe par pure folie une fonction officielle avec complicité pour exercer un pouvoir qu’il n’a absolument pas et tabasse son voisin… S’il est identifié il sera en quelques heures ou en quelques jours expédié devant le juge en comparution immédiate ou au pire convoqué dans quelques semaines ou mois sans autres formalités à se présenter au tribunal. Or souvent celle ou celui qui connaît le système va vite chercher à gagner du temps… Enquêtes, contre-enquêtes, déclarations d’avocats ou de l’intéressé(e)e avant même son passage devant les fonctionnaires en charge du dossier de telle manière qu’il ait envoyé les messages indispensables pour brouiller les pistes. Il faut être bien entouré, bien conseillé et surtout bâtir une vraie stratégie de communication reposant sur l’exploitation des déviances médiatiques pour sauver l’essentiel.
Sachant ce qui va vous être reproché il vous faut détourner les faits en les minimisant, en les adaptant, en les popularisant (montrer que bien des gens auraient agi comme vous!), en mobilisant vos ami(e)s et surtout en cherchant par tous les moyens à gagner du temps. Cette stratégie en général est mise en œuvre sur les conseils d’un cabinet d’avocats spécialisés avec la participation de spécialistes de la communication bénéficiant de connections médiatiques fortes. Le premier objectif reste d’aller vite dans la réaction, très vite, le plus vite possible… en sachant que les enquêteur(trice)s ou les juges en charge du dossier ne pourront rien rétorquer et que surtout si un jour ils le font discrètement ce sera trop tard. L’objectif est évident : se victimiser au maximum pour que toute procédure soit considérée comme… injuste ! C’est une constante quellle que soit les pouvoirs en place.
Evoquer le plus tôt possible son enfance malheureuse et même traumatisante marche bien. Plaider à l’avance un moment rare d’égarement dû à des circonstances exceptionnelles est un piste à utiliser. Invoquer des circonstances atténuantes parle bien à l’opinion publique. Rechercher des failles administratives ou de procédures attaquables constitue le premier travail des avocats. Menacer discrètement de lâcher quelques boules puantes pour calmer les ardeurs de certains Zorro ! Ce faisceau d’actions programmées concertées diffusées autorise tous les espoirs du ou des coupables. Les « puissants » politiquement et financièrement savent bien souvent que l’on peut être absolument coupable et s’en tirer avec des peines minima si l’on sait anticiper le jugement. La justice immanente ne les concerne en effet jamais ! Il la réclame avec force pour les autres mais la refusent avec habileté pour eux.
Cette attitude visible, de plus en plus répandue rend les valeurs républicaines caduques pour une bonne part des gens ordinaires. Les dégâts sont irréparables et dangereux. Le populisme ne se construit que sur des sensations d’injustice mais pas forcément sur des réalités. L’affaire de M.B. n’a une importance « technique » que l’on ne donne pas à des faits divers beaucoup plus graves émaillant la vie publique ou politique. Elle ajoute au climat détestable qui règne autour du fonctionnement de la démocratie qui n’en est plus une puisqu’elle ne garantit plus un véritable contrôle citoyen. Les règles communes sont tordues, contournées, non-respectées au nom du fait qu’elles ne s’appliquent pas à des castes privilégiées… M.B…. s’en tirera avec une remontrance et quelques sursis bienfaiteurs dans un à deux ans ou plus s’il fait appel. Allez les paris sont ouverts !

3 Réponses

  1. faconjf

    Bonjour,
    sauf votre respect vous avez oublié cette stratégie que je décrivais le 22 juillet dernier sur les réseaux dits « sociaux » .B…..a en garde à vue utilise la fameuse méthode  » j’ai juste rendu service (aux CRS) ». Méthode mise au point par Jawad Bendaoud, le « logeur de Daech ». Et le pire c’est que ça va marcher il va juste écoper d’un rappel à la loi avant de revenir auprès du méprisant de la ripoublique .
    Dommage d’avoir raison alors que :
    -Il apparaît tout d’abord que Monsieur B….a a revêtu et porté des insignes (casque et brassard) tendant à le faire passer pour un policier dans l’exercice de ses fonctions. Premier délit prévu et réprimé par l’article 433-5 du Code Pénal. Imparable.
    -Ensuite, le même Monsieur B…..a, affublé de son déguisement, a exercé des violences contre des personnes visant à les faire passer pour des interventions des forces de l’ordre elles-mêmes. Il a donc lourdement violé les articles 433-12 et 433-13 du Code Pénal qui interdisent de s’immiscer dans une fonction publique réservée à son titulaire, et de le faire en introduisant une confusion dans l’esprit du public, et notamment par le port de cet uniforme. Cela s’appelle en bon français une « usurpation de fonctions ». C’est une infraction très grave.
    – Monsieur B….a , le « policier » de circonstance a, semble-t-il, bien commis les coups et blessures volontaires interdits par la loi Application de l’article 222–13 du Code Pénal.
    – L’auteur de la vidéo semble dire monsieur B……..a l’aurait menacé s’il s’avisait de la diffuser. De façon à la fois retenue et nuancée, il lui aurait lancé : « Si tu la diffuses, je te crame ! » Bien, bien, bien, comment interpréter cette menace ? Celui qui l’a lancé a fait la démonstration que la violence physique ne lui faisait pas peur et qu’il en avait même un certain goût. C’est que la loi fait une distinction entre les menaces de violence et les menaces de mort. Le tarif du Code pénal pour les menaces de mort, c’est plus cher. Alors « cramer » ?
    L’inobservation par un fonctionnaire de l’obligation qui lui incombe prévue par l’article 40 du Code de Procédure pénale n’est pas assortie de sanctions pénales dans le texte. Pour une bonne raison c’est que c’est une obligation administrative. Qui engage la responsabilité professionnelle du fonctionnaire et par conséquent celui qui ne la respecte pas encourt une sanction disciplinaire.
    Et voici venu le responsable mais pas de sanctions !!!
    Le Secrétaire général de l’Élysée n’a plus rien à faire à son poste. Nous sommes bien sûrs que le prince lui demandera d’y rester. Sentiment d’impunité quand tu nous tiens.
    Un bon ami à moi répétait sans cesse  » dans la vie il y a les uns et les autres ».
    Où est donc l’égalité de tous devant la loi ?
    Salutations républicaines.

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  2. JJ Lalanne

    Il faut vraiment que B soit bien « documenté » sur l’ Élysée pour qu’ ils ne l’ aient pas largué. Leur problème c’ est comment le faire sans risquer des dégâts collatéraux mais à sa place je n’ irai pas me promener seul dans les bois.

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  3. J.J.

    C’est vrai que monsieur B a certainement intérêt à tenir sa langue. Figon, trouble protagoniste de l’affaire Ben Barka fut suicidé pour avoir eu des velléités de bavardage.
    Exemple de justice à deux vitesses, on n’en finit plus de tergiverser et de noyer le poisson avec un certain monsieur Bismuth aux innombrables et rutilantes casseroles.
    Par contre, au mois de février 2017 un individu fut condamné à de la prison ferme, en comparution immédiate, pour une tentative d’agression contre le maire de Bergerac.
    Le dangereux malfaiteur envisageait de commettre son forfait avec une carotte, considérée comme arme par destination….

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