Il ne sera même plus question de rigueur pour la préparation du budget de l’Etat 2019 puisque tous les signaux susceptibles de ramener une énergie positive sur le pays ont lentement mais inexorablement disparu des radars de Bercy durant cet été. La fameuse « croissance » qui doit tout sauver est nettement en deçà des prévisions et le marché de l’emploi (emplois retrouvés veut dire davantage de rentrée fiscales et sociales) stagne. Alors il faut s’attendre à une cure d’austérité dans absolument tous les secteurs essentiels du quotidien. Elle sera dissimulée par des mesures techniques réputées indolores et portant sur des secteurs que la grande majorité des Françaises et des Français ne peuvent éviter. La stratégie est claire : ponctionner via des taxes dissimulées mais inévitables des ressources supplémentaires sur les pans de la vie sociale les plus « rentables ».
On sait par exemple que la fiscalité des carburants, déjà élevée au point que l’on ne sait plus si le distributeur délivre un ticket lié au gazole ou à l’essence ou une feuille d’impôts indirects, sera à nouveau revue en hausse le 1er janvier 2019, du fait notamment de la montée en puissance de la taxe carbone. Selon les estimations de l’Union Française des Industries Pétrolières, il devrait y a avoir une augmentation de 2,9 centimes par litre pour l’essence et de 6,5 centimes pour le gazole. Des augmentations indépendantes des cours du pétrole. Il est certain que les habitants des zones rurales ne disposant pas de transports collectifs suffisants et contraints pour aller au travail d’utiliser leur véhicule (voire deux) vont se retrouver avec un budget déplacement en hausse notoire. C’est encore le monde rural qui va être le plus touché par cette collecte supplémentaire au profit de l’État même si une part de la TICPE revient aux collectivités territoriales. Si l’on ajoute la contribution des automobilistes qui va devenir inévitable via les amendes en nombre croissant liées au 80 km/h on arrive vite à des montants qui vont faire très mal au pou voir d’achat. Notons que la progression est plus importante pour le diesel pour faire une bonne action visant à diminuer l’avantage fiscal dont bénéficie ce carburant. Le relèvement de la taxe carbone va aussi renchérir la facture de ceux qui se chauffent au… gaz ou au fioul ! Ces énergies vont également augmenter en raison des événements mondiaux qui influent sur leurs cours et le besoin pour certains pays de récupérer des fonds pour relancer leur économie.
Par ailleurs avant la fameuse unification du système des retraites, certaines cotisations vont être singulièrement ajustées. Les taux supportés par les salariés pour financer par exemple leur retraite complémentaire seront profondément modifiés, du fait de la fusion des régimes Agirc (dévolu aux cadres) et Arrco (pour l’ensemble des salariés). Dans la plupart des cas, cela entraînera des baisses de salaire net, effaçant en partie, voire totalement pour certains, le gain tiré par la suppression des cotisations chômage et maladie intervenue cette année. Et ce, sans que ces nouvelles cotisations ne génèrent pas forcément de droits à la retraite…
En fait la feuille mensuelle de paye sur laquelle apparaîtra la retenue pour les impôts (pour celles et ceux qui en relèvent) va devenir encore plus incompréhensible mais elle ne sera d’une manière certaine moins avantageuse pour celle ou celui qui la recevra. Quel montant sera retenu par les banques par exemple pour un prêt immobilier? Avant retenue fiscale ou après ? Le « disponible » mensuel sur le compte sera de toutes les manières moins important et il n’est pas du tout certain que les erreurs commises par les services comptables soient aisément rattrapables surtout si l’entreprise est mise en cause.
L’augmentation du prélèvement de la CSG sur les certaines pensions va accentuer ce phénomène de réduction effective du pouvoir d’achat en une période où justement la consommation stagne. Le retour d’une inflation plus élevée qu’antérieurement ne s’accompagnant pas d’ajustement automatique des retraites on assiste à une chute constante des moyens dont dispose la plus grande partie de la population. Les dépenses lourdes de la rentrée vont être encore plus longue à digérer d’autant que les factures liées aux consommations essentielles comme l’eau (assainissement compris) et l’électricité connaissent aussi des hausses significatives liées aux besoins des fournisseurs dans le domaine de l’investissement.
En 2019 le « faux-nez » de l’austérité sera seulement porté par la fameuse mais illusoire exonération de la taxe d’habitation pour une petite part supplémentaires des ménages qui n’en bénéficiait pas antérieurement…Il sera le 31 décembre 2018 indispensable de prendre un cas concret de personne soumise à ce flot d’augmentation de taxes, du poids de l’inflation, des prélèvements décidés et de comparer au montant de la TH disparue si c’est le cas. Le problème c’est que peu de contribuables oublieux des services de proximité dont ils bénéficient et si prompts à hurler contre les impôts locaux le feront, restant sur la partie visible d’une politique basée sur justement l’indifférence ou les insuffisances d’un électorat hypnotisé par les apparences.

3 Réponses

  1. bernadette

    bonsoir tout le monde,
    Juste une petite question relative a la loi SEPA.
    Est ce que le centre de paiement de Rennes possede toutes les adresses de ceux qui vivent dans l’Euro zone ?
    D’avance merci
    Bonne soiree

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  2. bernadette

    Les radars automatises fonctionnent bien et n’emploient personnes sur le terrain. A bout de course c’est la recherche de l’adresse correspondant a l’infraction. Puisque nous sommes parait il en democratie, il serait bien d’en expliquer le contenu. Je ne conteste pas le depassement de la vitesse puisque ce systeme choisi rapporte une somme d’argent importante. Expliquons le processus….

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  3. faconjf

    Bonjour,
    Le serpent se mord la queue, la taxation des consommateurs a forcément un impact sur la consommation des ménages qui représente 60% du PIB. L’impact sur la consommation crée 2 effets diminution de la croissance et diminution des recettes fiscales. Les hausse du prix de l’énergie sont constituées par l’augmentation du prix du baril de pétrole qui renchérit la facture des importations pétrolières et les coûts de production. Il faut aussi noter la fiscalité accrue sur les carburants. En outre, cette augmentation induit souvent un mouvement similaire sur le gaz ou sur les autres matières premières (métaux, céréales). Au final, elle va peser sur le porte-monnaie des ménages et sur la balance commerciale française. Ainsi en 12 mois le prix du diesel s’est envolé de 21%, à 1,45 euro par litre, tandis que celui du SP95 a bondi de 15%, à 1,54 euro/l, selon les derniers relevés du ministère de la Transition écologique. Et ce n’est pas fini ! Ce coup de bambou fiscal va se poursuivre dans les prochaines années… Avec la hausse programmée de la taxe carbone, sans oublier que la TVA sur ces carburants va aussi se renchérir, car elle s’applique, étonnamment, sur le prix incluant la taxe carbone…
    De plus, le gouvernement doit couper dans les dépenses s’il veut tenir ses engagements européens de réduction du déficit public. Avec une moindre croissance, le déficit repartirait forcément à la hausse. Contrairement aux prévisions du gouvernement (2,3% du PIB), il serait plutôt de 2,5% en 2018.
    Le tableau idyllique décrit par la macronie en panne vire progressivement à un mauvais rêve pour le citoyen lambda victime d’une inflation de taxes créant une inflation des prix sans espoir de revalorisation de ses revenus. Donc la consommation et les recettes fiscales vont baisser compensées par de nouvelles augmentations de taxes.
    C’est à l’ancien conseiller économique du Président Ronald Reagan, Arthur Laffer, que l’on doit la célèbre maxime « Trop d’impôt tue l’impôt ». Selon la Courbe de Laffer, les recettes de l’Etat augmentent avec le taux d’imposition, avant de s’effondrer lorsque celui-ci franchit un niveau insupportable pour les contribuables.
    Bof, bof la belle affaire ( Laffer grand inspirateur de Reagan , Thatcher et Kolh ), les Français se plaignent mais finissent toujours par payer d’une manière ou d’une autre…
    Salutations républicaines

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