L’Union européenne a établi des critères de définition des perturbateurs endocriniens, avec des années de retard, mais sans convaincre les ONG. Elles critiques des critères jugés trop restrictifs, puisqu’il faut démontrer pour ceux luttent contre ce fléau sanitaire qu’une substance est un perturbateur endocrinien et qu’elle a des effets négatifs, mais aussi démontrer son mode d’action. Cette décision rend les contestations pourtant salutaires très aléatoires et très coûteuses. Le principe de précaution a été rejeté ce qui permet tous les abus. Pour Générations Futures, organisation spécialisée,une étude a permis de répertorier les molécules suspectées d’avoir un effet de perturbation endocrinienne puisqu’il n’existe aucune liste exhaustive de ces produits dangereux.
Ainsi des traces de substances suspectes se retrouvent dans les assiettes des Européens sans que les conséquences soient évaluées et prises en compte. Elles sont les conséquences de l’utilisation de substances ou des mélanges chimiques capables d’interférer avec le système hormonal. Ils peuvent avoir des effets négatifs sur la croissance, la fertilité, le comportement et être à l’origine de certains cancers. Ces substances peuvent être présentes dans des détergents, des plastiques, des cosmétiques, des textiles, des peintures mais aussi certains pesticides. Bizarre alors que l’on dénonce férocement les effets néfastes du tabac, du cannabis et même désormais d’un verre de vin, personne ne se bat vraiment dans les médias contre ces produits dont des quantités infinitésimales suffisant à causer des milliers de morts ! Chaque fois qu’un excès de ces perturbateurs est décelé dans un produit il serait facile pourtant de le pénaliser par une surtaxation qui contraindrait les producteurs à modifier leurs fabrications.
Générations futures a analysé le dernier rapport de l’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) sur les résidus de pesticides dans les aliments. Ce rapport, publié en juillet et qui porte sur des données de 2016, concluait que 96% des échantillons analysés se trouvaient dans les limites légales et que 51% étaient exempts de tout résidu quantifiable. L’ONG s’est intéressée aux 49% restants, où des traces quantifiables de pesticides ont été détectées. Sur 109 843 échantillons concernés, 69 433 sont des résidus de pesticides perturbateurs endocriniens suspectés ce qui permet d’affirmer que «plus de six résidus de pesticides sur dix quantifiés dans l’alimentation européenne sont des perturbateurs endocriniens suspectés». C’est en fait un non-événement puisque étude après étude dans une très grande majorité de ce qui se trouve dans une assiette est contaminé par les épandages sur les cultures. Rien ne changera car les enjeux économiques sont énormes ! Dans une bonne bouteille de Bordeaux il n’est pas rare de trouver des cocktails « explosifs » sans que l’on tente de mettre fin à cette situation désastreuse. Aucun Ministre de l’Agriculture acceptera que l’on remette en cause des méthodes culturales que défend avec véhémence la FNSEA.
Les sources d’exposition de la population générale aux perturbateurs endocriniens sont connus :  l’eau et l’alimentation, mais aussi l’air et certains produits industriels (médicaments, cosmétiques, produits phytosanitaires,…) contiennent ces doses dangereuses quand elles sont cumulées. En fait dans un repas les doses par plat sont faibles mais le total consommé devient alors vraiment préoccupant.   L’estimation de leurs effets sur la santé humaine est rendue très délicat en raison de multiples interrogations qui demeurent sur leurs mécanismes d’action, la multiplicité des substances concernées et des voies d’exposition, l’exposition à de faibles doses, dans la durée ou à des périodes critiques du développement (in utéro, lactation, puberté, par exemple). C’est au nom de ce constat parcellisé que l’on continue à accepter des taux réputés non nocifs.
 Pour l’instant on se contente de suspicions dans l’apparition de cancers hormonaux-dépendants (cancer du sein, de l’utérus, de la prostate et des testicules), mais les données actuellement disponibles ne permettent pas de confirmer ce lien puisqu’il n’y a pas vraiment de recherche en raison de l’absence de financement. On trouve partout du diéthylstilbestrol (distilbène), du benzo(a)pyrène, la dioxine dite Sévéso (2, 3, 7, 8 TCDD) et les polychlorobiphényles (PCB). Une liste qui ne repose que sur les perturbateurs les plus dangereux… pour les autres on attend des jours sombres pour encore une fois décider de sévir. Les évaluations sur les méfaits du tabac (on sait que des substances nocives avérées sont rajoutées dans els cigarettes pour favoriser l’accoutumance) sont chiffrées… et justifient des taxes prohibitives et des mesures restrictives fortes. C’est logique et je ne songerai pas à le contester. Quel(le) député(e) aura le courage de proposer dans la loi des finances une taxation très forte de tous les produits contenant du glyphosate ou des dérivés ? Aucun car le lobby agrico-chimique est tellement puissant que rien ne changera ! On mourra en bonne santé selon les normes en vigueur !

3 Réponses

  1. faconjf

    Bonjour,
    les larmes de crocodile de Nicolas ne m’émeuvent pas.
    https://www.challenges.fr/politique/shampoings-ushuaia-la-machine-a-cash-de-nicolas-hulot-dans-le-viseur-du-canard-enchaine_485239
    Des shampoings pas vraiment écolos…

    Ironie du sort, les produits « Ushuaïa », qui font la fortune du ministre de la Transition écologique, ne sont pas particulièrement recommandables pour la planète. Au contraire. Comme le rappelle Le Canard Enchaîné, Greenpeace a placé en 2006 les produits de la marque Ushuaïa sur la « liste rouge » des produits chimiques dangereux. Il y a un mois, c’était le magazine « 60 millions de consommateurs » qui épinglait trois produits de la marque, dont un gel douche contenant « un grand nombre de colorants susceptibles de provoquer des allergies » et un déodorant renfermant du benzyl salicylate, une substance soupçonnée d’être… un perturbateur endocrinien.

    Désolé, je voulais pas intervenir… mais voila! complotisme quand tu nous tiens.
    Salutations républicaines

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  2. Alain . e

    On sait dorénavant tout le mal que peuvent faire les perturbateurs endocriniens , mais on sous estime souvent les dégâts occasionnés par les perturbateurs endoctrinés , j’ ai appris à me méfier des deux ……….
    récemment , je dégustais un vin rouge pas bio en conversant avec un agriculteur syndiqué à la fnsea , cela s’ appelle la double peine …..
    Cordialement .

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