La stratégie utilisée depuis près de 30 ans pour combattre les effets néfastes pour la santé, de consommation de certains produits, n’a guère variée : préférer l’augmentation des prix de vente par la montée constante des taxes récupérées par l’État plutôt que de tenter de prévenir par l’éducation. En 1990 un paquet « moyen » de cigarettes coûtait par exemple exactement 1,50 € pour arriver, depuis quelques jours, en 2018 à 7,90 € soit une augmentation des taxes pérçues que l’on peut estimer à un passage de 25 à 85 % ! La dialectique utilisée repose sur une baisse constante du nombre d’utilisateur(trice)s de la cigarette corrélée au coût du paquet… Étant non-fumeur depuis plus de 50 ans je ne peux pas être suspecté de défendre une pratique qui me conviendrait dans cette analyse de la duplicité de l’Etat car en 2020 la rentrée strictement financière atteindrait selon les prévisions de Bercy 1,4 milliard. Par ailleurs il est affirmé à juste titre qu’en France, le tabagisme est la première cause de mortalité prématurée évitable, avec 675.000 malades et 78.966 décès chaque année (2015), soit 216 personnes décédées chaque jour, …. notamment chez les femmes, qui fument de plus en plus jeunes. Le tabagisme actif est considéré comme responsable de 90 % des cancers du poumon en France. C’est indiscutable mais depuis quelques temps l’augmentation des taxes ne génère pas une baisse similaire de la consommation qui commence à se stabiliser ! Peu importe ça rapporte !
Cette manière d’opérer est appliquée à d’autres consommations jugées « dangereuses pour la santé ». En tapant fort par la taxation l’État se positionne comme le garant de la diminution des maladies graves affectant la population. Un but humanitaire qui est adaptable aux contingences économiques et pas nécessairement à une véritable politique de préservation de l’intégrité physique de la population. Ainsi il est évident que le gazole représente un danger pour tout le monde avec la diffusion de particules nocives. Immédiatement déboule la solution : on va donc augmenter le prix au litre avec une taxation supérieure ! On en arrive à près de 60 % de récupération par l’État ou les collectivités territoriales sur le prix d’un litre et on tente ainsi de faire diminuer l’utilisation de ce qui est désormais considéré comme un « poison » pour l’air que nous respirons. Logique puisque là encore la justification donnée repose sur les dégâts constatés sur les populations fragiles. Ce carburant, dont la fiscalité en France reste encore avantageuse car il serait responsable de « 16 000 morts par an » en France, selon Yannick Jadot alors que Noël Mamère, évoquait pour sa part 42 000 décès. Le diesel est vraiment nocif, cela ne fait aucun doute. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a d’ailleurs classé les gaz d’échappement des moteurs diesel parmi les cancérogènes certains pour les humains, en 2012. Solution : les taxes dépasseront 25 milliards acquittés par les automobilistes que l’on préserve déjà des dangers de la route avec les radars fixes ou mobiles et la réduction de la vitesse  (rapport supplémentaire depuis la mise en service du 80 km/h dépasse les 400 Millions).
Chaque rapport officiel démontre l’efficacité de ces mesures financières parmi bien d’autres et dans le fond c’est en touchant au portefeuille que soit-disant, on parvient à responsabiliser le « consommateur-contribuable ».
Le vrai problème c’est que cette responsabilisation s’applique à l’extrémité de la chaîne mais jamais à celles et ceux qui l’alimentent en produits dangereux. L’exemple le plus frappant c’est que depuis des années les scandales de « meurtres » indirects de masse (pour certain(e)s on évoque même des génocides à venir) se succèdent dans la pharmacologie, l’alimentation, les matières transformées, les produits chimiques ou phyto-sanitaires sans que jamais Bercy ait l’idée de les surtaxer lorsque il sont fortement suspectés de causer des milliers de morts ou de dégats irrémédiables à l’environnement. Et là pas de recherche d’augmentation du prix d’achat pour les utilisateur(trice)s de ces poisons par une vraie surtaxation puisqu’elle contrarierait les grands groupes industriels de la chimie  !
Le glyphosate qui a vu en 2000 son brevet américain tomber dans le domaine public est depuis exploité par de multiples firmes dans le monde. Rien qu’en France, l’Agence nationale de l’environnement (Anses) dénombre 188 produits autorisés qui contiennent le fameux agent actif. Bien évidemment la TVA sur ces « dérivés » est la même que sur des produits naturels reconnus bio…et auxquels on impose parfois pour leur sortie sur le marché des études de plusieurs centaines de milliers d’euros ! Pas question de contrarier le lobby de l’agriculture extensive… et donc Bercy ne changera pas d’un iota les taux applicables sur toutes les marques affichant des composants glyphosatés ! Impossible de trouver un Minsitre ou même un Député qui porterait cette mesure de salubrité publique.
C’est révélateur du mépris que l’on a dans certains Ministères pour la santé des populations et l’appétence qui existe à Bercy pour la justification de taxes devant sauver des cancers ou des maladies dégénératives une population fragile alors que ce ne sont que des pompes à fric déguisées qui touchent bien évidemment le… commun des mortels ! Pour les autres on alimente les dividendes !

Une réponse

  1. JJ Lalanne

    Absolument d’ accord sauf pour le diesel qui depuis une dizaine d’ années ne pollue pas vraiment plus que le moteur à essence pour les particules et par contre pollue beaucoup moins en CO2 réchauffeur de planète. En dehors de la logique mathématique, un motoriste de chez Renault me confirmait le côté commercial de leur course au moteur à essence au détriment de la planète…Pour les autres produits il y a effectivement scandale du laisser faire et il y a tartufferie pour certaines taxations. Un bémol pour certains produits bio ou s’ en revendiquant car bio ne veut pas nécessairement dire écolo. Je ne citerai que deux cas,à titre d’exemple, la pyréthrine, naturelle ou sa copie de synthèse qui se vend souvent à 1litre gratuit pour 1litre payé… ou le bien connu bacille de Thuringe très efficace contre les insectes tant qu’ ils sont au stade de chenille mais comme il ne fait pas de tri, c’ est la disparition de TOUS les insectes,utiles ou pas pour nous! Deux produits récupérés par l’ industrie, extrêmement dangereux pour l’ environnement mais qui se coiffent de l’ auréole du bio.

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