Quand le « Président des très riches » tente de convaincre les très pauvres qu’il s’intéresse à eux, l’exercice tourne à la caricature. Il faut rappeler pourtant qu’il avait repoussé l’annonce d’un « plan » pauvreté exceptionnel afin de ne pas le voir passer aux oubliettes médiatiques en pleine coupe du monde de foot. Cette décision confirmant que bien des sujets ne viennent sur le devant de la scène que grâce à des plans… de com’ destinés à masquer le vide derrière le trompe l’œil de mots dénués de toute portée matérielle réelle.

Aborder la pauvreté en France sans en analyser les causes revient en effet à délivrer une ordonnance à un malade sans avoir effectuer un diagnostic.

Et dans ce cas là les meilleurs remèdes et les moins risqués restent les placebos car ils ne font prendre aucun risque à celui qui les administre et ne change rien au sort de celui (celle) qui les reçoit. Il y a même mieux puisque il est encore moins dangereux de reprendre les « ordonnances » des autres en les présentant comme étant des nouveautés incroyables pour sauver les gens en danger.

Il faut reconnaître que ce plan qui devait lancer une véritable politique d’éradication de la pauvreté dans l’une des plus grandes puissances du monde ne révèle qu’une volonté politique de compiler ce qui existe déjà faute de pouvoir faire mieux. Il suffit alors de modifier les éléments de langage pour faire du neuf avec bon nombre d’initiatives existantes mais à l’arrivée on a la certitude que rien ne changera puisque les causes de la précarité sous toutes ses formes ne sont jamais prises en compte.

Ainsi quand le « magicien » de la réforme souhaite un « accès  universel » à la cantine pour les enfants les plus défavorisés « en développant  les repas à un euro » on se pâme d’aise. C’est une innovation d’une portée exceptionnelle quand on sait que bon nombre des familles en difficulté, par le biais du quotient familial payent dans bon nombre de villes, moins d’un euro. Et pour être plus précis, le département de la Gironde envisage par exemple, pour les « grands » boursiers d’Etat, de mettre l’accès gratuit à la demi-pension ou à 50 centimes ou à 1 euro!

La seule question qu’il fallait poser : qui va payer cette annonce présidentielle ?

Les collectivités locales bien entendu qui subventionnent déjà en moyenne en France les repas des restaurants scolaires ou de la demi-pension à plus ou moins 50 % ! quand Jean-Luc Mélenchon avait proposé la gratuité des repas en temps scolaire lors des présidentielles la meute avait clamé qu’il s’agit d’une mesure scandaleusement coûteuse pour les finances publiques…alors que maintenant c’est possible en en refilant les conséquences aux autres. Un virage progressiste modéré puisQue un euro suffirait à faire oublier que si le (la) gamin(e) ne mange pas à sa faim ce n’est pas que durant la semaine scolaire de… 4 jours. Il suffirait de 4 repas hebdomadaire pour que la précarité alimentaire disparaisse grâce à une référence au fric qui peut croire ça ?

L’autre trouvaille reste celle des petits-déjeuners proposés dans les  écoles prioritaires « afin de s’assurer que tous les enfants commencent la  journée dans les mêmes conditions ». Une mesure révolutionnaire ! Une absurdité totale car toutes les mères de familles savent, même celles qui sont les plus aisées, qu’il faut se battre pour éduquer les enfants pour qu’ils considèrent l’utilité du petit-déjeuner. Et que tout dépend de l’aheure à laquelle ils sont « posés » à la garderie ! Le fait qu’ils ne prennent pas un petit-déjeuner ne tient pas au niveau social…mais à l’éducation à la nourriture. Et comme un vieillard cacochyme je rappelle que Mendès-France avait eu l’idée en… 1954 inquiet des effets de la malnutrition et de la consommation d’alcool précoce des Français, annonça à ses « p’tits amis » les enfants que l’école leur distribuerait quotidiennement un verre de lait et du sucre payés par l’État. Son slogan : pour être « studieux, solides, forts et vigoureux, buvez du lait » !

Pour s’en tirer avec un parfum de gauche celui qui s’était élevé contre « le pognon de dingue » que représentaient les aides sociales a proposé une profonde réforme des minima sociaux avec la création, par une loi en 2020, d’un… revenu universel d’activité qui fusionnera « le plus grand nombre possible de prestations sociales » – du RSA aux APL en passant par l’allocation adulte handicapé.

Les contours de ce revenu sont encore à définir mais on en voit les contours : il sera soumis « à des droits et des devoirs. », à un « contrat d’engagement »  du bénéficiaire notamment la recherche active d’emploi. Il permettrait, notamment, de simplifier le versement des aides sociales mais n’est en rien lié aux situations sociales constatées. Un ersatz du « revenu de base » sans aucune autre finalité que celle de faire payer par les départements les améliorations de l’insertion puisque péremptoirement est annoncé qu’au 1er janvier « chaque personne qui s’inscrit au revenu de solidarité active (RSA) AURA aun rendez-vous dans le mois », dans « un lieu unique », pour bénéficier d’un accompagnement.

Qui va payer ? Qui va gérer ?

En Gironde ce sont 40 000 personnes à accueillir suivre et insérer par « uns ervice d’Etat » créé en trois mois alors que l’in diminue le nombre de fonctionnaires.

Quant aux crèches la ficelle est encore plus grosse puisque ce n’a jamais été l’État qui finance les « places » mais la CAF, les communes ou les intercommunalités et le…département en complément des familles selon un quotient familial que des député(e)s veulent supprimer (comment paieront celles qui n’ont pas de revenus?). Rien pour l’accès aux EHPAD des personnes âgées à faibles retraites. Rien pour les gens privés de logement. Rien pour les surendettés. Rien pour les foyers monoparentaux en grande difficulté. Rien pour les enfermés géographiques n’ayant aucun moyen de déplacement. Bien entendu nul n’a songé à demander au porteur de mots choisis si ce n’était pas sa politique ultra-libérale, niant la solidarité, la justice sociale, l’équité territoriale, la justice fiscale qui créait la pauvreté…

Une réponse

  1. LAVIGNE Maria

    Je partage ce constat . Jupiter et ses sbires sont plus que jamais hors sol. D’ailleurs ne s’est-il pas exprimé depuis les beaux quartiers du XVIème arrondissement de la capitale ? Que connaît-il de la pauvreté, lui né avec une cuillère d’argent dans la bouche, marié à une riche héritière ? Je ne l’ai pas entendu parler du problème du logement. Combien de familles, d’enfants, vivent dans des conditions indignes ou dans la rue ? Pourtant, le logement est la première condition pour vivre mieux. Un toit où dormir, un peu de chaleur en hiver me semblent des conditions minimales pour une famille.
    Le plan annoncé pour 2020 n’apporte rien de nouveau, comme toute la communication Elyséenne qui ne fait que brasser du vent. 8 milliards en 4 ans, du pipi de chat alors que les nantis ont obtenu combien tout de suite ? 6 fois plus au moins et que dire de l’évasion fiscale qui permettrait à notre pays d’avoir des budgets en équilibre… Le bruit des bottes se fait entendre à nos frontières, ils traitent de populistes ceux qui disent avec force ce qui se passe car ils ont les pieds sur terre mais ils sont sourds n’ayant pour priorité que la piscine et la vaisselle. Tout ce qui est humain est nôtre, c’est la devise du Secours Populaire mais celle là, ils ne la connaissent pas préférant défendre les privilèges de leur caste.

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