Durant des décennies l’image du Sénat dont de Gaulle entre autres a voulu la peau a été dégradée par le comportement de quelques-uns de ses membres ou par des commentaires persistants sur l’âge de ses membres. Représentant les élus régionaux, départementaux et communaux la haute Assemblée est en passe de se bâtir une autre notoriété grâce à la « faiblesse » collective de l’Assemblée nationale. Sur la majorité des réformes du quinquennat en cours les occupant(e)s du Palais du Luxembourg ont tenté d’infléchir les textes arrivés mal ficelés. Largement dominé par la Droite cette assemblée a souvent des penchants pour le durcissement de mesures jugées trop laxistes. C’est un fait indiscutable mais il arrive aussi que le débat permettent des ajustements qui se révèlent judicieux.
Grâce à démesure de l’ego de l’un des gardiens du corps du Chef de l’État il est probable que l’estime portée aux Sénateur(trice)s va singulièrement progresser. En effet cet olibrius a offert une dimension particulière à la commission d’enquête présidée par Philippe Bas en prenant des positions déniant à ses membres de l’auditionner. Il a donné du sens au travail calme, ferme et probablement un soupçon instrumentalisé d’une structure se construisant une vraie « intégrité » sur le dos de la pagaille ayant régné au sein de son homologue de l’Assemblée nationale. Le coup de téléphone venu de l’Olympe élyséen pour sermonner le Président du Sénat va rendre l’audition du « Zorro » au brassard police digne d’un épisode d’une série de téléréalité que les chaînes vont s’arracher ! Tout le monde y a mis du sien pour que la promotion du spectacle et c’est assez réussi !
Les maladresses se multiplient dans le camp des supporteurs du bagagiste de Champion du monde. Plus les pressions directes ou indirectes s’étalent et plus les sénateur(trice)s se parent de l’image des dangereux révolutionnaires prêts à fomenter un coup d’État institutionnel qui destituerait le Président de la République. Jugeant la commission « illicite » et qualifiant ses membres de « petites personnes » et son président de « petit marquis » l’irréprochable « gardien de la Paix » élyséenne a vraiment dopé sa rencontre avec des gens prudents mais pugnaces ou curieux mais sachant rester dans les limites légales. Il donne encore une preuve du mépris que peuvent avoir les proches du tenant du pouvoir vis à vis de celles et ceux qui demandent des explications sur un acte pour lequel n’importe quelle « banlieusard » aurait été déjà impitoyablement condamné. Le propre des gens en difficulté c’est qu’ils nient l’évidence et s’enferment dans une sorte d’entêtement les privant de toute mesure. Les sénateurs en briscards de la vie politique s’étranglent, s’offusquent, s’indignent ce qui leur donne encore plus d’importance.
Comme les affidés du Président des (très) riches se déchaînent ils renforcent les soupçons pesant sur l’ensemble de la « machine » installée au château. « On voit tout l’appareil d’État, du président de la République à la Garde des Sceaux, à M. Griveaux (porte-parole du gouvernement), se réunir pour soutenir le martyr de la démocratie. La ministre de la Justice a dénoncé l' »instrumentalisation » politique de l’affaire.  Benjamin Griveaux a lui souligné « l’ambition politique personnelle » de Philippe Bas. Et ce n’était pas fini puisque le pistolero Castaner y est allé de sa rafale de remarques destinées à calmer les ardeurs sénatoriales :« Si certains pensent qu’ils peuvent s’arroger un pouvoir de destitution du président de la République, ils sont eux-mêmes des menaces pour la République », a menacé le tireur d’élite. « Une commission d’enquête qui aurait des ambitions politiques » et penserait « qu’elle peut jouer de ses fonctions de contrôle du gouvernement pour faire tomber un Président de la République commettrait une faute constitutionnelle » a ajouté le chevalier servant de la vérité présidentielle. L’attaque est d’autant plus surprenante que le Sénat n’a, seul, aucun pouvoir de destitution et que ces propos sont dénués de toute réalité constitutionnelle. La provocation patente ne produira probablement pas une excellent effet dans l’opinion publique.
En fait derrière cette « guérilla » autour du témoignage du « roi du melon » ne constitue qu’une escarmouche sans grands enjeux. La vraie bataille se profile lorsque l’on évoquera… la réforme des institutions. Là, malgré leur grand âge, les Sénateur(trice)s se souviendront de ce que l’homme aux trois revolvers a balancé sur leur compte. Contourner le Sénat par un référendum devient désormais impossible. Raminagrobis Larcher attend son heure… et il se délecte déjà à l’idée que quelques souris en marche passeront par le Palais du Luxembourg. « L’affaire » prendra alors une toute autre tournure et perdra de son coté règlement de compte à « OK Sénat » pour devenir une belle épine dans le pied de Jupiter.

Une réponse

  1. LAVIGNE Maria

    Tout cela est en effet pathétique mais remarquons tout de même que cela est fait avec les Judas qui ont changé de camp, CASTANER, GRIVEAUX, RICHARD, PATRIAT et quelques autres pétris de grandes convictions, de valeurs. Que ne ferait on pas pour un plat de lentilles ?

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