Va-t-on vers une nouvelle crise financière mondiale de grande ampleur ? Bien entendu c’est comme pour toutes les maladies brutales, il faut identifier les symptômes et tenter d »anticiper ce qui pourrait être mortel pour bien des pays en difficulté. Actuellement chacun, comme au temps de la peste espère qu’en rester enfermé il échappera à l’épidémie. L’Europe des « nationalismes «  et du culte du « profit » se fissure de tous les cotés avant de confier son sort politique à des démagogues dangereux. Ainsi tout le monde invoque une croissance salvatrice incompatible avec l’état de l’opinion générale. Méfiance, défiance, prudence, chute du pouvoir d’achat (quand il existe) renforce le pessimisme sur la consommation et les investissements privés. La France marche à cet égard sur la tête puisque toutes les mesures prises à ce jour renforcent le climat de suspicion généralisé. Comment espérer une relance économique favorable à l’emploi quand il existe, selon l’observatoire de la pauvreté près de 5 millions de personnes qui survivent en France ? La remontée de la pauvreté à partir des années 2000 constitue une rupture dans l’histoire sociale de notre pays qui est l’un de ceux qui amortissaient le moins mal le choc pendant les crises économiques comme celle amorcée en 2008. Si la pauvreté existe elle offre des visages très différents, des mères seules aux immigrés, en passant par des jeunes sans qualification ou des personnes âgées. Les politiques publiques devraient en tenir compte mais ce n’est pas le cas..
Les auteurs du rapport s’intéressent aux trajectoires : il n’existe ni gouffre à pauvreté dans laquelle les individus tomberaient à tout jamais, ni reproduction mécanique entre parents et enfants. Pour autant, la progression des inégalités de revenu et d’éducation tend de plus en plus à figer les situations. Les plus riches ne contribuent plus à la solidarité ! Fraude fiscale massive, détournement des bénéfices colossaux effectués sur la finance pure, exonérations en tous genres offerts : ils ne participent plus à la dynamique nationale voire européenne.
Résultat le FMI vient d’abaisser des prévisions de croissance mondiale pour cette année de 3,9% à 3,7%. cette institution qui a saigner à blanc la Grèce, met en garde contre les risque d’une poursuite de l’escalade des tensions commerciales, en particulier entre Washington et Pékin sur lequel l’UE n’a absolument aucun pouvoir. Elle a même accepté de se voir privée du marché iranien et d’être humiliée par un Trump obsédé par son électorat ! C’est une cause d’affolement de bien des spéculateurs. Ils nourrissent aussi de inquiétudes légitimes sur le sur-endettement du monde ! Un endettement qui n’est pas que public. La dette privée est aussi exponentielle mais ne retient pas l’attention. En France, le secteur privé non financier continue de croître, pour atteindre 130 % du PIB au premier trimestre 2018 (58,4 % pour les ménages et 72,7 % pour les sociétés non financières. Faute d’inflation tout ce beau monde qui vit ou survit à crédit risque bel et bien de ne pas pouvoir rembourser. Des produits dangereux sont toujours en circulation ce qui a tout lieu d’inquiéter après leur impact sur la crise de 2008.
Du coup les premiers soubresauts se produisent. La fébrilité des acteurs des marchés financiers s’est traduite par des baisses spectaculaires des bourses ces derniers jours. Ils savent tout simplement que les caisses des États sont vides puisqu’elles servent uniquement à rembourser des dettes colossales.
Contrairement à 2008, ils seront donc incapables de secourir le système financier avec de coûteux plans de sauvetage. Les caisses publiques ont été ponctionnés pour sauver le système financier cette dernière décennie, et en cas de nouvel effondrement boursier les investisseurs vont devoir en subir toutes les conséquences. Ils cherchent tous à liquider leurs avoirs actuels avant qu’il ne soit trop tard ! La chute boursière débutée à Wall Street n’est qu’un signe fort de fragilité. Ce n’est donc pas la dépression incontrôlable, mais peut-être le lancement d’une longue descente aux enfers boursiers.
Il suffirait de la faillite d’une seule banque telle que Deutsche Bank en Allemagne, UniCredit, Intesa Sanpaolo en Italie, du « défaut » de l’Italie, de l’Espagne ou de quelques pays émergents pour qu’un krach boursier s’ensuive avec une augmentation des taux d’intérêt et une succession de faillites en série d’entreprises et de banques dans le monde entier. Les situation en Italie est devenue officiellement explosive au cœur de l’Europe, suite au budget dépenaillé des populistes au pouvoir. Les craintes d’une nouvelle crise du type grec en dix fois plus grand sont fondées. Mais on continue de faire comme si la solution passait par la réduction autoritaire des dépenses quand il faudrait surtout se préoccuper de veiller aux rentrées des recettes.