Afin de pouvoir transformer les consommateur(trice)s pollueur(euse)s à l’insu de leur plein gré en citoyen(ne)s conscients de leur responsabilité vis à vis des générations futures, il est indispensable de transformer l’écologie sanction en écologie adhésion. Cette mutation échappe totalement aux hauts fonctionnaires de Bercy qui, cherchant des recettes de tous les cotés, s’évertuent à taxer le maximum de secteurs de la vie quotidienne créant ainsi un concept nouveau qui se résume sous le vocale d’écologie punitive généralisée qui crée encore plus d’inégalités. En effet si l’on se réfère au gazole dont le prix ne cesse d’augmenter les décisions qui s’enchaînent handicapent lourdement des automobilistes sincères ayant acquis un véhicule diesel mais dans l’incapacité financière d’en changer. A la pompe l’Etat ne fait aucune différence entre les raisons qui y conduisent celle ou celui qui vient s’y ravitailler. Pendant le même temps des transporteurs routiers sillonnent la France avec des pleins faits à l’entrée sur les territoires frontaliers sans être soumis aux mêmes dépenses que le conducteur lambda.
Les gens ayant une contrainte de déplacement entre leur domicile rural et leur lieu de travail urbain , sans possibilité de transport collectif adapté, sont aussi fortement sanctionné. En août dernier, Gérald Darmanin estimait quant à lui que ces hausses étaient justifiées, et qu’elles représentaient une «façon d’inciter les gens à changer leur mode de transport. C’est normal de pouvoir aller vers une économie décarbonée». Une belle mascarade qui dissimule seulement sous une façade écologique une simple volonté de récupérer le maximum de fric ; «Nos décideurs politiques devraient s’installer dans la campagne, ils se rendraient compte de l’absence d’autre solution que la voiture personnelle pour se déplacer» explique le Président de 40 millions d’automobilistes.
Toutes les incitations fiscales à utiliser des alternatives de déplacement de proximité vont être supprimées dans la loi des finances comme le crédit d’impôt de transition énergétique, les 200 euros pour les vélos électriques, les 10.000 euros sur les véhicules électriques. Les autres crédits d’impôt, notamment pour l’installation de bornes électriques pour favoriser l’achat de véhicules électriques, les subventions « territoire à énergie positive » ont été également  effacés par le gouvernement.  Ces hausses « punitives » de la fiscalité serait illégale puisque l’article premier de la loi de transition énergétique prévoit que pour toute hausse de la fiscalité écologique, la loi des finances est obligée de baisser à niveau équivalent les taxes sur les produits écologiques. Ce ne sera absolument pas le cas…recherche de rentrées fiscales obligent.
Parallèlement des scientifiques reviennent récemment, sur les effets des mélanges de molécules et des expositions chroniques à faibles doses que nous connaissons toutes et tous. Ils n’hésitent pas à expliquer que les risques posés par les traces de produits phytosanitaires sont, au contraire, bien réels pour le consommateur. Une étude épidémiologique française récemment publiée ose affirmer que des risques de cancer existent dans la population générale. Par contre elle met en évidence que les plus gros consommateurs d’alimentation issue… de l’agriculture biologique ont un risque réduit de 25 %, par rapport à ceux qui en consomment le moins. Or on cherche encore les mesures (baisse TVA par exemple) pouvant favoriser le développement des ces produits qui sont souvent bien plus chers que ceux qui comportent un danger pour la santé. Encore une fois une taxation des matières dangereuses identifiées comme pouvant générer des problèmes devrait être mise en place mais on attendra de longues années pour que les firmes qui les fabriquent rentabilisent leurs formules.
Dans bien d’autres domaines (déchets, eau, énergie, climat) la tendance est la même : tout se règle par des taxes augmentées ou supprimées. Le principe est toujours le même. On considère comme pour la fameuse « sécurité routière » qu’en touchant au portefeuille on responsabilisera les gens ce dont on peut douter. Des pétitions poussent de tous les cotés. Un mouvement de contestation monte. Il n’a rien d’écologique mais il risque bel et bien d’accentuer les récupérations populistes qui s’appuieront sur un ras-le-bol à l’égard de ce qui a un véritable sens : la protection de la santé et de l’environnement. C’est le paradoxe d’un monde totalement obnubilé par des équilibres budgétaires obtenus par des artifices dangereux.