Si l’on en croit les diagnostics qui pleuvent sur les réseaux sociaux, la France aura réellement une belle « jaunisse » avec un accès brutal de fièvre qui pourrait être également « jaune ». Plus rien de tournera vraiment très rond sur les multiples giratoires que compte un pays. On verra bien la tournure pris par ces événements gérés par des « biotaxés » ayant mouillé leur maillot (« jaune » évidemment) pour rassembler des troupes prêtes à agir. Tous les participants espèrent qu’au soir de cette journée ensoleillée le gouvernement rira « jaune » en répétant comme le veut une tradition bien française : « même pas mal ! » Les manifestants qui battront le bitume ont bien été mis en garde par les forces de l’ordre tellement promptes à sanctionner les excentricités que commettent tant d’automobilistes : ne franchissez pas « la ligne jaune » ou vous serez impitoyablement sanctionnés. Il sera cependant difficile de verbaliser si les « biotaxés » décident de se mettre à la queue leu leu pour emprunter les passages piétons où ils sont prioritaires sur les voitures. Cette stratégie n’a de valeur que si parmi les faiseurs de chenilles processionnaires il n’y a aucun « jaune » qui viendrait briser l’élan solidaire de revendication. On le sait ils sont de plus en plus nombreux lors des conflits sociaux et donc il y aura des infiltrés.
Cette aventure sera forcément retracée dans les pages « jaunes » d’un annuaire des points de blocage qui ne manqueront pas d’être minimisés par les autorités. On apprendra sur les télés perroquet par des Saint jean bouche d’or que la mobilisation ne comble pas les espérances des initiateurs de la « croisière jaune » de l’indignation. Par monts et par vaux, les forces vives du « péril jaune » qui risque bien de ne pas être le « péril jeune », déferleront pourtant sur les ronds-points ou les Carrefour vendant opportunément du gazole à prix coûtant. Elles ne tiendront pas facilement la route si elles ne sont pas encouragées d’une manière ou d’une autre durant leur long pied de grue. Il sera donc forcément prévu avant les grillades un « petit jaune » au moment clé du ravitaillement. Tout ça pour éviter un coup de pompe qui conduirait certain(e)s à en faire tout un pastis. Sur leur téléphone possible les fans diffuseront la dernière chanson de … « Johnny », dont on sait qu’il reste « l’idole des jaunes » ! Les plus nostalgiques effectueront même une distribution à la volée de cachous Lajaunie Un bon moment partagé qui change une vie.
Comme le veut en effet un proverbe chinois : « Le fleuve Jaune a lui-même, parfois, son eau limpide; est-ce que l’homme n’aurait pas, lui-aussi, quelques jours heureux ». Pour le moment il n’en est pas question puisque les réalités font que les « biotaxés » semblent au courant que les « taxeurdermistes » de Bercy veulent les couler. Leur conviction est faite : ils sont les « cocus » de la politique fiscale du gouvernement et ils sont prêts à lui en faire voir de toutes les couleurs. Sur quelques clichés « jaunies », dans quelques années, les « gilets jaunes » se trouveront des allures de Che Guevara du gazole. Sur les barricades, en tenue de chantier, pour eux, ça va carburer ! Ce sera même la première fois que la contestation se fera en « gilets » ce qui dénote une certaine élégance que les travailleurs battant le pavé n’ont pas toujours. Inutile de se presser le « citron »  pour trouver des slogans chocs. On fera dans la simplicité du genre : « le bololo en polo, le taxé en gilet ! » ou « là où la taxe passe le pouvoir d’achat trépasse » ou « un jaune ça va, deux jaunes ça chauffe, trois jaunes bonjour les dégâts ! ». Les discussions enflammées redonneront probablement du punch aux plus hésitants pour qui le silence est d’or en cette période où tous ne roulent pas nécessairement sur ce métal précieux. Les feuilles d’automne qui sont tombées ne sont pas toutes « jaunes » dans le vent mauvais des taxes locales où pourtant les promesses se ramassent à la pelle.
Le mouvement « neuf » sorti de la coquille sociale aura donc un « jaune » particulier un peu fluo pour gens s’estimant floués. Inutile d’en faire un plat même si tout le monde pense avoir des raisons de « bouillir ». L’angoisse des « taxeurdermistes » de Bercy c’est qu’avec tous ces « jaunes » la mayonnaise de la contestation sociale puisse prendre et monter. En fait le grand espoir des « biotaxés » se trouve dans un constat du plus grand philosophe des temps modernes. Pour Coluche : « Dans un oeuf, y’a du blanc et du jaune. Eh bien plus on mélange, plus il n’y a que du jaune ! ». Je suis certain que ce sera médité sous les ors des Ministères !

11 Réponses

  1. J.J.

    Et quel est le magasin le plus représentatif de ce mouvement ?
    LIDL, bien sûr (publicité gratuite), car cette chaîne de magasin se flatte d’être « Lidl des jaunes » ….

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  2. Alain. E

    ça se confirme, le péril jaune est à nos portes , beaucoup de Gilles et Johns sur nos routes , ronds points aujourd’hui .
    La France du ras le bol s’ exprime , ras le bol des taxes et impôts divers, essence , gaz , fioul , qui ne font qu’ augmenter , alors que les revenus baissent , ras le bol des radars , ras le bol de la morgue des donneurs de leçons biens au chaud dans leurs avantages et privilèges .
    ras le bol des syndicalistes , des politiques , des journalistes aux ordres …..
    Ce pays va mal , très mal et tout ça vient de bien plus loin que Macron , même si un ancien banquier issu d’ un milieu favorisé ne peut voire et comprendre son pays avec ses députés godillots en marche arrière et sa communication déplorable .
    Après , ce que j’ écris n’ engage que moi et j’ espère me tromper dans mon analyse , la seule certitude que j’ ai , c’ est d’ avoir des doutes , et je pense que certains autres seraient bien inspiré de douter plus souvent …..

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  3. Fabienne

    J’y étais, place de la république, à 11h….
    J’y étais et j’ai vu, les drapeaux BBR, et j’ai entendu la marseillaise chantée à tue tête,
    J’ai entendu scandé « les français avec nous »…
    Ils étaient des milliers….mais derrière les premiers, ceux que je n’avais jamais vu dans une manif, tout habillés de jaune, portant les couleurs du drapeau..
    Derrière, il y avait des auto collant rouge, des carton qui disait, les services publics, la casse sociale, la fin de la protection sociale, la fin de l’humanité aussi si personne ni prend garde… il y avait la « ma » France….
    OUI nos colères sont légitimes, et je hais les politiques, syndicats, qui n’ont pas « souhaités » aider, conseiller, encadrer, car c’est là, qu’est le danger….
    Nous discutons, nous tentons de…. une alternative, canaliser cette colère, donner des objectifs, construire des revendications, mais nous sommes désespérément seuls… et ce n’est pas faute d’avoir tenter d’alerter… nous attendons un rdv important, promis, et repoussé…pas encore de date… alors nous continuons, vers quoi?….nous ne savons pas…mais nous « faisons »… et demain peut être, ne serons nous plus « seuls ».

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  4. J.J.

    Fabienne
    « OUI nos colères sont légitimes, et je hais les politiques, syndicats, qui n’ont pas « souhaités » aider, conseiller, encadrer, car c’est là, qu’est le danger…. »

    Il y a des décennies que les syndicats (pas les « jaunes « que je ne citerai pas) mettent en garde contre tous les abus qui nous sont imposés.
    Le grand projet des princes qui ont essayé de nous gouverner depuis quelques décennies est justement de discréditer et briser les syndicats, seule défense contre leurs funestes projets.
    Ils ont usé de tous les moyens, la CALOMNIE n’étant pas des moindres.

    On a essayé de prévenir le peuple, mais il n’a pas réagi, ne sentant pas concerné. Maintenant, c’est trop tard.

    Les syndicats n’ont pas voulu s’engager et ramasser le « bâton brenoux »dans ce mouvement pollué par l’ex front national qui s’y est immiscé, et c’est tout à leur honneur,
    Mais malheureusement, et je le déplore, ça fait perdre de la crédibilité au mouvement.

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  5. Alain.E

    quand j’ entends syndicats , je pense au rapport perruchot , sur les syndicats et j’ ai un gros doute sur ceux ci !!!!! et pour le moins des questionnements…..
    rapport enterré pour de nombreuses années …extrait de celui ci dans le point …..

    Le rapport Perruchot, du nom du député Nouveau Centre rapporteur de la commission d’enquête, a été enterré en novembre 2011 sans autre forme de procès. Officiellement, il ne pourra être publié que dans trente ans ! De larges extraits du rapport avaient déjà été édités dans Le Figaro. Le Point.fr vous le propose aujourd’hui dans son intégralité.

    Le rapport visait à faire la lumière sur les finances encore très opaques des syndicats, tant ouvriers que patronaux. Son histoire n’est pas banale. Tout commence en 2007, lorsque Nicolas Perruchot, député du Loir-et-Cher connu pour avoir été le « tombeur » de Jack Lang à la mairie de Blois, propose la création d’une commission d’enquête. L’accueil est froid. Mais en 2010, le Nouveau Centre utilise le « droit de tirage », qui autorise chaque groupe parlementaire à réclamer la création d’une commission d’enquête pour rouvrir le débat.

    Consternant
    Tous les groupes, UMP, socialistes, Verts, se cabrent. L’Élysée aussi rechigne à chatouiller les centrales syndicales à quelques mois de la présidentielle. Mais la commission est quand même mise en place. Le rapport est rédigé. Sur les trente membres de la commission, seuls neuf participent au vote. Deux centristes votent pour, trois socialistes contre et quatre élus UMP s’abstiennent. Le rapport Perruchot, puisqu’il n’a pas été adopté, ne sera pas publié, fait rarissime pour la Ve République.

    Le Point.fr, en le mettant en ligne, décide de rendre chacun juge de son contenu. Le rapport n’est pas d’une lecture facile. Il ressort tout de même que :

    – Les syndicats patronaux, en dépit de leur opulence, « tapent » dans les fonds des organismes paritaires (Sécurité sociale, Unedic, formation…).

    – Les syndicats ouvriers vivent aux crochets de l’État et des organismes paritaires.

    – Le syndicat agricole dominant, la FNSEA, a un art éprouvé pour confondre fonds publics et militantisme.

    Au total, le rapport Perruchot dresse, entre les lignes, un rapport consternant de la vie syndicale en France. À base de combines et de faux-semblants. Où l’État participe à un jeu de rôle avec des apparatchiks syndicaux qui ne représentent pas grand-chose. La France compte 8 % de syndiqués et huit « grands » syndicats. Qui ne courent pas derrière les militants et leurs cotisations tellement il est plus facile d’actionner d’autres pompes à fric (parmi lesquelles les comités d’entreprise des sociétés publiques).

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    • faconjf

      @Alain.E
      Le rapport Perruchot est interdit de publication pendant 25 ans sous peine de 15000 euros d’amende et d’un an d’emprisonnement. Une décision bafouée par les merdias et jamais poursuivie, suivant que vous serez…
      Un rapport sujet à de nombreuses critiques, sans doute en raison de l’obscurité des comptes, la commission a basé son travail sur beaucoup d’estimations et d’extrapolations ce qui suffit à discréditer ses travaux.
      Le rapport mentionne une somme de 4 milliards « estimés » où les cotisations ne représentent que 3 à 4%, cette somme ne correspond pas à une subvention d’état -tel que la presse la souvent mentionné- mais bien de l’exercice du droit syndical dans les entreprises et la
      fonction publique ( p 165 du rapport).
      Peut-on imaginer un instant que les heures consacrées aux mandats syndicaux ( les formations et les préparations nécessaires pour savoir de quoi l’on parle) puissent être supportées UNIQUEMENT par les élus et les syndiqués ???
      Peut-on imaginer des entreprises sans représentants des salariés et donc sans régulation sociale ???
      Le problème du financement des syndicats ( ouvriers, agricoles et patronaux) méritait mieux qu’un rapport approximatif qui risquait de déstabiliser un ensemble social vacillant. Les pouvoirs politiques, patronaux, ouvriers et paysan plutôt que de mettre les problèmes sur la table ont préféré l’enterrement à la confrontation.
      Pour moi, le système gagnerait en transparence en supprimant le système de cotisations conduisant immanquablement aux magouilles clientélistes pour le remplacer par une subvention directe de l’État financée par l’impôt et redistribuée en fonction des élections professionnelles. Mais cela fermerait la porte aux négociations inavouables… mais tellement efficaces !!
      Cordialement

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  6. J.J.

    La différence entre les syndicats ouvriers et les syndicats patronaux , c’est que les premiers se déchirent pour des questions souvent oiseuses, qui leur fait perdre leur efficacité, alors que les seconds, plus pragmatiques, sacrifient avec un bel ensemble au culte de saint Pognon.

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    • Bernadette

      @J J
      Vous oubliez les syndicats intercommunaux ou syndicats des élus? Que peut on dire à leur sujet?
      Bonne fin de journée

      Répondre
      • J.J.

        Je n’oublie rien, car il faudrait également ajouter les conseils syndicaux de copropriété, les syndicats de gestion des eaux ou de l’électricité etc… !

        Bien qu’étant également dénommés syndicats, ils n’ont rien à voir avec l’activité syndicale des travailleurs, et de ceux qui les exploitent.

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