Il règne un climat délétère autour de l’avenir des départements. Celles et ceux qui suivent la vie des collectivités territoriales depuis deux décennies savent que ce n’est pas nouveau. De nombreuses menaces sont sorties de l’imagination des adversaires « étatiseurs » qui cherchent en peremanence , par tous les moyens, promotion après promotion de l’ENA, à tuer la décentralisation Deferre. Ils ont instillé une seule idée dans l’opinion publique : celle d’une nécessaire « simplification » de ce qui serait un « mille-feuille » territorial qu’ils ont créé loi après loi et qui désormais serait insupportable pour la survie du pays ! Il y a eu des déclarations fracassantes de grands élus contre le pouvoir départemental (Juppé, Sarkozy, Mamère, Fillon, Hollande, Collomb, Pécresse…) qu’ils ont tous voulu étrangler, effacer, fusionner, démembrer sans jamais vraiment aller jusqu’à mettre leurs actes en accord avec leurs déclarations. Pour le Président actuel il avait au temps de sa splendeur populaire annoncé des mesures drastiques lors de sa campagne présidentielle en annonçant tout de go de supprimer un quart des départements français d’ici 2022. La raison : les territoires très urbanisés ne se gèrent pas de la même manière que les zones rurales.
Il voudrait donc que les grandes métropoles “pensent au niveau départemental” et qu’elles puissent récupérer à termes les compétences du département. “C’est un gain d’efficacité, ce sont des vraies économies », a-t-il assuré, précisant qu’il souhaitait conserver les départements les plus ruraux, “parce que c’est un acteur qui structure le territoire ». Encore une fois il s’agit d’une vision strictement technocratique qui ne générera pas plus d’économies (bien au contraire) que la fusion des régions ou la mutualisation interne des métropoles ou l’agrandissement des intercommunalités. Absolument aucun rapport sérieux de la Cour des Comptes n’a démontré à ce jour que les mesures déjà prises ont été efficientes et constructives pour la vie démocratique ! Mieux elles ont toutes contribué à complexifier le système et surtout à accentuer l’éloignement des pouvoirs locaux des usagers ou des citoyen(ne)s !
Le choix a donc été effectué de ne pas supprimer les départements mais de rechercher tous les moyens de les asphyxier et donc démontrer qu’ils ne peuvent plus remplir leur rôle en matière de solidarité sociale et territoriale. Le gouvernement actuel tente donc de diviser les départements de telle manière qu’il n’y ait plus de front commun face à la dévitalisation continue de l »exercice des compétences de proximité quotidienne indispensables dans le contexte social actuel. Métropolisation pour les uns, fusion pour d’autres, contraintes budgétaires imposées intenables pour beaucoup ; augmentation des charges décrétées unilatéralement par un Etat incapable de les assumer : les attaques incompréhensibles pour le grand public se multiplient depuis quelques mois. Tout est fait pour discréditer cette collectivité territoriale dont l’utilité devient croissante dans d’immenses régions en difficulté pour gérer les difficultés de proximité. Elles accentuent par exemple le sentiment d’abandon des zones rurales d’un département comme la Gironde qui a absolument besoin de péréquation de proximité avec le milieu urbain.
Depuis le début je me suis battu bec et ongles contre cette « métropolisation » qui diluerait toutes les identités communales et même intercommunales actuelles. Elle ne vise qu’à préparer, grâce à une transformation prévue du mode d’élection locale, la disparition totale des élus communaux déjà tous bien mal en point. La stratégie technocratique est claire : avoir peu d’interlocuteurs sélectionnés par un mode électif garantissant aux leaders locaux une &élection durable ! Concentrer au maximum le pouvoir dans peu d’instances et donc faciliter grandement une main mise sur le fonctionnement du pays !
Je reste farouchement opposé à cette vision destructrice de ce qui n’est pas une faiblesse mais une force de la république : la proximité et la responsabilité directe de l’élu(e) pour sa gestion ! En fait derrière de pseudos affirmations de rationalisation d’un système se dissimule un calcul strictement politicien et surtout totalement inutile au moment où la misère, la précarité sous toutes ses formes augmentent et creusent une précipice social entre les nantis et les classes moyennes ou en difficulté.
Je suis de celles et ceux qui exigent justement dans ce contexte que l’évolution des Allocations Individuelles de Solidarité soit intégralement retirée de l’évolution des dépenses des Départements dans le cadre des contrats financiers : comment en effet être responsable d’une dépense incontrôlée et effectuée pour le compte de l’Etat ! J’appelle tous les citoyen(ne)s vêtus d’un gilet jaune, de rouge, de bleu, de blanc ou de noir à la plus grande vigilance à l’égard de toute métropolisation des départements sans l’accord des élus départementaux concernés. Je poursuivrai derrière Jean-Luc Gleyze, Président du département de la Gironde, le combat pour que les dotations financières aux collectivités soient, enfin, justes, lisibles et solidaires.

Une réponse

  1. CRR

    Il y a beaucoup d’efforts à faire pour que les découpages soient compréhensibles…Je pense à l’intercommunalité…un exemple parmi d’autres :l’entretien des routes a fait l’objet d’un partage de compétences sans aucune consultation ni information aux habitants -là où j’habite- entre la commune et l’intercommunalité…en résumé il vaut mieux que votre rue soit gérée par l’intercommunalité car sinon pas d’argent…c’est grotesque..

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