L’exploitation des migrants ou de migrations constitue la base de la montée des populismes les plus exacerbés et donc les plus florissants. Au milieu des revendications des gilets jaunes, il est facile de glisser de pseudos informations qui attisent les haines à l’égard des autres et donc de préparer la montée d’une xénophobie déjà très élevée. Actuellement l’interprétation du « pacte de Marrakech » porté par l’ONU offre une bien belle opportunité de distiller le gaz indolore, incolore et inodore des opinions dominantes basées sur des contre-vérités. Ce texte de portée générale, non contraignant, non chiffré, non intrusif vise simplement à rappeler des principes destinés à réguler un phénomène qui ne va cesser de croître malgré les murs, les patrouilles armées, les barbelés tellement la planète brûle. La fuite des populations dans les incendies qu’allument les tenants du profit financier sera inexorable. Le nier c’est simplement vouloir satisfaire des approches politiciennes d’un phénomène massif ! La coopération (« quel mot démodé ») est au cœur de ce texte qui enflamment le sites néo-fascistes ou simplement d’extrême-droite.
Le pacte de Marrakech vise à favoriser des échanges de données et d’informations entre les pays en, « renforçant l’action transnationale face au trafic de migrants », « gérer les frontières de manière intégrée, sûre et coordonnée » ou « sauver des vies et mettre en place une action internationale coordonnée pour retrouver les migrants disparus ». Doit-on considérer ces phrases comme de dangereux abandons de la liberté nationale ? Au contraire il s’agit d’une réponse à de nombreuses critiques faites par des « exploiteur (teuse)s de peurs qui parlent de frontières passoires ou de laxisme sur les passeurs ! Le véritable problème de la perception des migrations passe par la prise en compte de ces phénomènes jusque là laissé aux bons soins des Etats !
Le pacte veut limiter le nombre de migrations à l’avenir en s’attaquant aux « facteurs négatifs et problèmes structurels qui poussent des personnes à quitter leur pays d’origine » et en coopérant pour « faciliter le retour et la réadmission des migrants en toute sécurité et dignité, ainsi que leur réintégration durable ». Là encore il faudrait revenir simplement au discours de Cancun d’un certain François Mitterrand : « Il existe dans notre code pénal un délit grave, celui de non-assistance à personne en danger. Lorsqu’on est témoin d’une agression dans la rue, on ne peut pas impunément laisser le plus faible seul face au plus fort, tourner le dos et suivre son chemin. En droit international, la non-assistance aux peuples en danger n’est pas encore un délit. Mais c’est une faute morale et politique qui a déjà coûté trop de morts et trop de douleurs à trop de peuples abandonnés, où qu’ils se trouvent sur la carte pour que nous acceptions, à notre tour, de la commettre ». Le vrai problème c’est que dans notre pays nous ne sommes même plus capables d’appliquer à notre propre population ces principes… et que bien évidemment il va devenir impossible d’imaginer que le Peuple des Droits de l’Homme et du Citoyen ait la capacité à le mettre en œuvre pour les autres.
François Mitterrand dans un autre grand discours de 1989 annonçait clairement : « Si la défense de la paix est un objectif prioritaire de la politique extérieure de la France, il nous parait tout aussi important de combler le fossé qui ne cesse de s’élargir entre pays développés et pays en voie de développement. Écart qui atteint une dimension telle que certains s’y résignent. Or, je le redis, ici, solennellement(…) le sous-développement n’est pas fatal. il n’y a pas, croyez-moi, de tâche plus urgente que d’y porter remède, car les déséquilibres actuels pourraient précipiter le monde dans les pires désordres. Il m’arrive souvent de dire, dans mon pays, que je considère le problème du développement, comme plus grave en profondeur que le problème de la course aux armements, parce que la course à l’armement nucléaire dépend d’autorités quand même responsables, capables de contrôler leurs actions. Tandis que le sous-développement avec ce qui l’entraîne, suppose un désordre immense où les passions, les désespoirs, les rigueurs de la nature, les rigueurs des hommes s’entremêlent de telle sorte qu’il peut ne paraître qu’une seule issue, celle du désespoir. Et comment s’appelle-t-elle, sinon la violence ? Et qui peut contrôler, et qui peut prétendre maîtriser un mouvement venu des profondeurs qui, aujourd’hui, occupe plusieurs milliards d’être humains ? » Este-ce vraiment démodé, dépassé, absurde ?
Le pacte de Marrakech n’est devenu en fait pour des policiens sans scrupules qu’un exutoire permettant de détourner sciemment des principes humanistes basiques. Pour parvenir à atténuer les flux migratoires constatés le texte renvoie au programme de développement durable à l’horizon 2030 (adopté en 2015) ayant pour but d’améliorer les conditions de vie, aussi bien politique qu’économique, dans les pays sujets aux exodes d’ampleur. Difficile de convaincre par la raison et les valeurs républicaines si on joute que le pacte demande aux États signataires d’ assurer « l’accès des migrants aux services de base », « donner aux migrants et aux sociétés des moyens en faveur de la pleine intégration et de la cohésion sociale » ou encore « mettre en place des mécanismes de portabilité des droits de sécurité sociale et des avantages acquis ». Dans le contexte actuel c’est vraiment sans espoir !

2 Réponses

  1. J.J.

    La Coopération (quel mot démodé) dis tu.
    Et tu ne crois peut être pas si bien dire.
    Depuis longtemps je me demandais quand les charognards allaient s’ attaquer à l’Economie Sociale Et Solidaire.
    Il est à craindre que ce ne soit à l’ordre du jour des princes de pacotille qui ont l’outrecuidance de prétendre nous gouverner. J’ai lu un article ( info à vérifier) évoquant une attaque ciblée et déstructrice sur les Sociétés Coopératives.

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