Un nouvel attentat cruel injuste, cynique et horrible car commis de sang-froid. Encore des victimes innocentes, libres et heureuses. Encore une atteinte gravissime aux valeurs républicaines. Encore une déchirure au sein de l’oligarchie politique parlant à la fois avec le cœur et la déraison. Encore des propos nauséabonds sur les réseaux sociaux, des affabulations transformées en vérités, des attaques indignes se voulant pourtant conformes à la défense de l’esprit démocratique. Encore du sang, des pleurs, des larmes et une angoisse collective majeure. Encore un mélange inextricable entre de la délinquance, le banditisme et les arguties sectaires. Encore des tombereaux de haine déversés sur une société malade. Encore une guerre des mots et des postures quand il faudrait de la lucidité, de l’objectivité et de la prudence. Encore des craintes que l’impuissance collective face à ces actes individuels démentiels mette à mal la vie démocratique. Encore les mêmes images des décorations de la période des fêtes et les gyrophares immobiles des secours ou des forces de police. Encore une fois la République touchée au cœur qui vacille durant quelques temps sous l’influence des vents mauvais de l’intolérance et de la folie.
L’attentat de Strasbourg dans la ville où siège un parlement européen en fin de mandat, va renforcer la défiance et la méfiance jamais bonnes conseillères sur un continent en crise. Les querelles sur la qualité de la couleur d’un gilet servant en cas de détresse, perdent tout leur sens. Le danger d’une réponse de plus en plus autoritaire, hostile à « l’autre » quel qu’il soit, aveugle et croissante devient une perspective plausible. De partout les symptômes du retour de la peste plus ou moins brune sont perceptibles sans que l’on sente une solution viable pour les soigner et les stopper. « L’habitude du désespoir est pire que le désespoir lui-même » explique Albert Camus dans La Peste et malheureusement le désespoir s’installe de manière durable au plus près du terrain !
Les barrages, les murs, les barbelés n’ont pas encore fait remparts contre la perversion des esprits. Ils ne servent qu’à écarter les plus faibles, les plus démunis mais se révèlent sans effet sur l’endoctrinement par l’exploitation des troubles psychiques (au mieux) ou psychiatriques (au pire). Il faudra bien admettre que malgré toutes les précautions, malgré toutes les ordonnances, malgré le travail louable et croissant des fonctionnaires ayant en charge notre sécurité, la folie meurtrière individuelle ne sera jamais totalement maîtrisée. Et c’est certainement le plus difficile à digérer pour les consommateur(trice)s de services publics organisés que nous sommes devenus… surtout quand ils deviennent les garants de notre bien vivre ! Dans l’émotion l’opinion dominante réclame davantage de CRS, de gardes mobiles, davantage de services secrets, davantage de précautions, davantage de lois répressives, davantage de condamnations… mais de manière sélective et ponctuelle.
L’attentat considéré comme terroriste de Strasbourg nous place, une fois encore, dans le pire des dilemmes. Soit nous aboyons avec les loups pour finir par devenir nous-mêmes des loups, soit nous passons pour des moutons rêveurs en tentant d’en appeler à la raison et nous devenons ridicules. La France va inexorablement se couper en deux avec les dérives que cette fracture dans le peuple entraînera. Suffisamment clivé par le contexte gouvernemental et les entourloupes présidentielles, le pays mettra des mois avant de retrouver ses esprits et ne reprendra probablement pas le chemin de la citoyenneté sur les bases actuelles.
Un drame comme celui de la capitale de l’Alsace, ajouté aux événements antérieurs, discrédite également de manière durable le Président actuel. Il se trouve dans une posture de plus en plus précaire avec des dernières semaines ayant écorné son image internationale et considérablement affaibli son autorité nationale. Il a « grillé » lundi soir une cartouche importante car on ne le voit plus réitérer un message à la Nation vu le résultat de celui qu’il a déjà émis. Nul ne saurait sans risques sans réjouir. Se profilent en effet des échéances démocratiques dangereuses et il est risqué d’envisager un sursaut citoyen. L’extrême droite va réaliser des scores exceptionnels puisque ses « supporteurs » seront les plus motivés pour se déplacer. C’est inexorable.
Il va encore manquer, car il a été le plus malmené depuis des années, l’un des piliers sur lequel repose la république : la solidarité. Elle a totalement disparu des discours officiels et surtout des actes portés par les pouvoirs successifs alors qu’elle constitue la seule issue à la situation actuelle Est-ce vraiment aussi le moment de s’attaquer à la laïcité comme l’envisage le Ministre de l’Intérieur et des cultes ? J’en doute mais difficile de se faire entendre dans la chape de plomb qui écrase les idées de l’ancien monde en France. Solidaires, laïques, responsables : il n’y a plus d’autres réponses crédibles à cultiver.

4 Réponses

  1. faconjf

    Bonjour,
    facile de refaire le match depuis son fauteuil et pourtant … Comment le malfaisant s’y est pris pour arriver armé au cœur de Strasbourg ? C’est très simple et connu de tous les Strasbourgeois, il suffit de prendre le tram pour aller dans la grande Ile de Strasbourg, depuis des années aucun contrôle dans le tram … Le marché de Noël est bien protégé par des énarques incompétents, même pas capable d’aller sur le terrain !!!
    Comment retrouver les valeurs Républicaines ? Commencer par donner l’exemple au niveau de l’État, ainsi ce matin à la radio pérorait le 4 éme personnage de notre république. J’ai nommé Richard Ruffian nommé Président de l’Assemblée Nationale par la grâce du Méprisant. Il suffit de consulter son pédigrée pour se faire une idée du niveau de délabrement de notre pauvre République. Pas moins de 6 affaires entachent la probité de cet individu, la justice dans ses plus hautes instances entravent l’instruction de la dernière plainte en date d’Anticor. L’instruction était menée par le juge Van ruymbeke puis opportunément délocalisée à un juge de Lille et c’est justifié par quoi ?? Pendant les auditions menées par les deux commissions d’enquête sur l’affaire Benalla, Anticor a dénombré au moins six témoignages susceptibles d’être qualifiés de mensongers (deux à l’Assemblée nationale et quatre au Sénat). L’article 6 de l’ordonnance n° 58-1100 du 17 novembre 1958 relative au fonctionnement des assemblées parlementaires dispose qu’en « cas de faux témoignage […], les dispositions des articles 434-13, 434-14 et 434-15 du code pénal sont respectivement applicables. Les poursuites prévues au présent article sont exercées à la requête du président de la commission […]. » L’article 434-13 du code pénal prévoit ainsi que « le témoignage mensonger fait sous serment devant toute juridiction ou devant un officier de police judiciaire agissant en exécution d’une commission rogatoire est puni de cinq ans d’emprisonnement et de 75 000 euros d’amende. »Anticor avait écrit, le 24 octobre 2018, aux présidents des commissions d’enquête pour leur demander de saisir le parquet de ces faits.

    Par courrier en date du 22 novembre 2018, la présidente de la Commission d’enquête de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet ( la REM) , répond à Anticor :  » circulez y a rien à voir  » .
    Mentir, tricher, voler l’État est-ce ainsi que les valeurs républicaines sont défendues par nos représentants qui s’érigent défenseurs de la république exemplaire ?
    Et que penser des GJ, ou prétendus tels , qui veulent monter des listes aux Européennes. Listes qui réjouissent la REM car elles videraient une partie de l’électorat de Narine La haine et de la Méluche. C’est tout bénéf pour le méprisant dont les listes arriveraient alors en tête, par pure mécanique électorale!
    Salutations républicaines

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  2. J.J.

    Il faut bien reconnaître que cette tragédie peut avoir, pour des esprits un peu faibles, quelque chose de troublant dans les circonstances actuelles, surtout après la piteuse prestation du peu légitime chef de l’État.
    Coïncidence malheureuse.
    …Et de renchérir qu’il est plus facile de matraquer des gilets jaunes ou des étudiants, que de faire la chasse aux casseurs et aux terroristes, sans évaluer la difficulté de la tâche..

    Certains cyniques prétendront que cette affaire arrive juste à point, comme les horreurs du 11 septembre, ou la découverte d’armes de destruction massives en Irak.
    Mais on ne peut empêcher chacun d’avoir son intime conviction.

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