La crise de la fièvre jaune, maladie hémorragique sociale virale aiguë transmise par des « moustiques infectés » ne donne pas la jaunisse qu’à celles et ceux qui portent un gilet obligatoire sur la voie publique en cas de danger mais interdit si l’on manifeste au même endroit. Malgré les apparences et dans l’attente des « ordonnances » gouvernementales d’avant les européennes il faut mobiliser un cordon sanitaire pour tenter d ‘enrayer une propagation dangereuse de ce qui deviendrait une épidémie. Pour se faire il a brutalement décidé de mobiliser les Maires mis depuis presque deux ans en réserve de la République mais qui hésitent à s’engager car ne voulant pas détruire ce qui fait leur force : la proximité avec leur électorat. Ne vous fiez pas au spectacle du zénith de Grand Bourgtheroulde!
On assiste à revirement tardif, contraint et surtout artificiel. Par exemple il lui serait difficile de solliciter le même exercice de la part des président(e)s de conseils départementaux alors que le gouvernement passe son temps à nier leur rôle irremplaçable dans les deux secteurs de la contestation actuelle : la solidarité humaine et territoriale ! Dans une réunion récente où une quinzaine d’entre eux se retrouvaient libres de leur déclaration et de leur prise de position on était loin des analyses postérieures au « one man show » de plusieurs heures effectué en « générale » du grand débat. Il aurait du proposer de lancer un #mobilisetonmaire !
La motivation ne semble pas en effet être au rendez-vous malgré l’envoi d’un tout récent message ministériel incitant à ouvrir les bras, le cœur, l’esprit aux contestataires ou aux laudateur(trices) qui viendraient pleurer dans leur gilet tricolore. « Je ne vois pas alors que durant des mois nous avons été ignorés dans les décisions prises (exonération de la taxe d’habitation, réforme de la fiscalité, suppression des emplois aidés) nous accepterions maintenant de prendre des coups à la place du pouvoir central » affirmait l’un d’entre eux. «Si nous sommes à la tribune c’est nous qui devrons répondre aux attaques ne nous concernant pas et auxquelles surtout nous n’avons ni la capacité, ni la prétention de répondre ! Que les député(e)s organisent et président ces débats pour ensuite prendre les décisions qui s’imposent s’ils en ont le courage ». Tout le monde hoche de la tête.
« Je veux bien prêter une salle, des sièges, des tables pour faciliter la tache des organisateurs(trices) mais en ce qui me concerne je serai dans la salle, comme citoyen(ne) désireux d’écouter et éventuellement d’apporter ma contribution aux discussions si elle relève de ma compétence. Pour ma part de je serai ni président(e), ni animateur(trice) , ni rapporteur(trice) d’une réunion. Les Préfets ont désignés des personnes référentes elles sont là pour remplir ce rôle ! » Un autre problème est soulevé/ « Je ne peux d’après les délibérations municipales prêter gratuitement des salles municipales qu’aux organisations reconnues, détentrice d’une attestation d’assurance et d’une déclaration officielle… et qui me garantit sa capacité à faire respecter les lieux, à en garantir l’intégrité et à empêcher les violences. J’attends donc les demandes et les garanties…. »
L’unanimité se fait sur les cahiers de doléances (un député zélé est allé les distribuer dans des mairies qui avaient déjà… ouvert le leur) qui sont en place mais qui recueille peu de remarques liées aux sujets proposés eu débat.
Personnellement j’ai pu lire des remarques sur « la médecine du travail », sur « la justice fiscale »…ou sur la politique générale longues et parfaitement rédigées. Je doute qu’il surgisse des propositions inédites révolutionnaires et que la synthèse ne soit guère productive. Enfin les cahiers de doléances existent mais le passage des élucubrations orales à l’écrit structuré rend l’exercice démocratique très difficile pour une grande partie des citoyen(ne)s pourtant motivés. C’est une réalité de la société actuelle… qui n’est faite que de slogans simples (#balanceton maire a fait beaucoup de mal et on sait d’où il vient) ou de destruction permanente d’un système d’une démocratie représentative dénigrée et méprisée.
Il arrive par exemple que des représentants de l’État parés dans leur suffisance ne saluent même pas les élu(e)s présent(e)s à une manifestation (il leur demande ensuite leur soutien) ou que la presse ignore ostensiblement leur parole du moment qu’elle n’est pas provocatrice ou forgée à partir d’éléments de langage. Le mépris à l’égard des élu(e)s a effectué des dégâts irrémédiables qui ne sera pas comblé par un pseudo SOS soucieux de sauver un navire qui est mis en quarantaine pour cas de fièvre jaune inquiétant. Nous payons des décennies d’effacement de la citoyenneté et surtout une véritable carence en matière d’éducation au débat, à l’action commune, au projet partagé… La note sera salée sur le plan démocratique !

2 Réponses

  1. faconjf

    Bonjour,
    une gigantesque farce où je cite médiapart : « Un oligarque proche de Vladimir Poutine, suspecté par plusieurs magistrats européens d’être lié à la mafia russe, a rémunéré la société de l’un des principaux protagonistes de l’affaire Benalla, le gendarme Vincent Crase. Un paiement de près de 300 000 euros a eu lieu au mois de juin 2018, à une date où le commandant Crase était encore salarié de La République en marche, au titre de responsable adjoint « sûreté et sécurité » du mouvement. » De l’autre coté un maintien de l’ordre qui nous coûte des centaines de blessés, des mains arrachées, des yeux crevés, une femme décédée, un homme dans le coma et aucun média ou politique pour être consterné ! Pire encore, certains appellent à plus de répression comme pour balayer deux cents ans d’histoire de France.
    Et pourtant , une foule de protestations émane autant d’institutions comme le Défenseur des Droits, Amnesty International ou la Ligue des Droits de l’Homme que d’ONG, de syndicats, de magistrats, de collectifs citoyens, d’associations, de responsables politiques, d’intellectuels, d’anciens gradés de l’armée ou de la gendarmerie, de journalistes indépendants ou de la presse étrangère.
    Rien n’y fait, juste une stratégie froide et cynique : diaboliser le mouvement, le rendre responsable des violences, retourner l’opinion publique contre lui, l’isoler, l’écraser impitoyablement ensuite, et s’en glorifier au final. Avec la collaboration acharnée de toute une presse aux ordres, tout support confondus.
    Et pour se refaire, comme dirait le joueur de poker Gaz-tanner, on organise un pseudo-débat où l’on peut discuter de tout à l »exception des VRAIS problèmes …
    Et sans vergogne mobiliser ceux que l’on a méprisé, ignoré, humilié pour se ripoliner une belle image de « démocrate qui écoute les gueux ».
    Une incohérence rance qui fleur bon la démagogie. Ainsi la très discutée limitation à 80Km/h sensée épargner 400 vies humaines par an serait révisable!! Les 400 survivants n’ont donc plus aucune importance… De même l’économie de carburant, chiffrée on ne sait comment à 120€/ an, cette contribution indispensable pour sauver la planète!!! Elle aussi sans importance.
    Ben oui, tout est bon pour éviter de « détricoter » les prodigieuses réformes Macron.
    Salutations républicaines

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  2. J.J.

    Je trouve qu’il y a un titre de notre chroniqueur préféré qui définit trés exactement le profil de celui qui s’imagine être le chef de l’état : mettre son énergie dans l’autosuffisance..

    Un des mots favori de ce même personnage, oh combien révélateur dans sa concision, pour qualifier son comportement et ses propositions : carabistouille.

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