Les constats sont partout les mêmes : l’activité économique en France a singulièrement ralenti en janvier et n’avait pas repris dans la première quinzaine de février. La consommation stagne et bien évidemment si l’impact de la fièvre jaune du samedi explique cette tendance dans les centres des villes bloquées il en va tout autrement dans tous les autres espaces commerciaux. Les commerçants en général ressentent une morosité, une méfiance et disons-le un » forme de peur qui ne favorisent absolument pas un climat d’achat. Le double effet sur les retraités notamment de la ponction CSG et de la retenue à la source (1) pèse sur leurs achats. Ils auraient selon les informations que j’ai pu recueillir tendance plutôt tendance à économiser qu ‘à dépenser. Le réflexe s’étend et même si les prix auraient baissé de 0,4 % en janvier (soldes obligent) ils ne favorisent absolument pas la dépense. Au contraire : le bilan ne sera pas à la hauteur des espoirs.

La crise est grave et les recettes de l’Etat (TVA notamment) font s’en ressentir fortement. En revanche les banques qui ne prêtent pas ou très peu voient arriver une épargne modeste mais imprévue. paradoxalement, la période d’incertitudes actuelles a en effet favorisé les livrets d’épargne ! Le mois de janvier est historiquement bénéfique pour le Livret A car selon le journal les Echos «après les fêtes de fin d’année et les primes de décembre, les Français ont tendance à mettre de l’argent de côté ». Au cour du mois écoulé, le phénomène a toutefois été nettement accentué: 4 milliards d’euros ont été placés sur le fameux livret A et 730 millions d’euros sur le livret de développement durable et solidaire (LDDS). Un record depuis six ans et une fort mauvaise nouvelle pour l’activité économique. Nul ne sait si ces sommes ressortiront ou demeureront «au cas où…» dans les banques. Certes on peut considérer que les achats ont été reportés mais il n’existe aucune certitude sur l’utilisation ultérieure ers fonds mis de coté. Il est à peu près certain que les gens se moquent pas mal du fait que ces placements ne leur rapportent plus rien mais que leur souhait est des e prémunir contre un avenir incertain.

La fameuse prime accordée à la demande du gouvernement aux salariés des petites, moyennes et grandes entreprises n’a pas amélioré l’envie d’achat ou de commande. Elles auraient rejoint les livrets d’épargne pour dormir quelques temps. Une autre erreur liée à la réforme de l’impôt sur le revenu a contribué à cette situation inquiétante. En effet le versement de 60 % des exonérations (dons aux associations, emplois à domicile) a augmenté artificiellement les revenus de janvier. Devant l’incertitude que représente la déclaration 2019 et une fort mauvaise nouvelle en fin d’année cette « remise » anticipée a été mise au chaud. La conjonction de la « crise jaune », de la mise en place de la retenue à la source n’ont pas du tout compensé psychologiquement (et parfois matériellement) les avantages supposés avoir été accordés sur les charges.

Un autre paramètre conjoncturel n’est pas à négliger. Sur une période très courte, selon l’étude d’un cabinet spécialisé,les produits les plus consommés ont augmenté de 4,2% en hypermarchés et de 3,1% en supermarché et à l’arrivée 72% des foyers sont concernés par cette hausse des prix, qui touche essentiellement les produits de grande consommation. Cette hausse correspond à l’entrée en vigueur de la « loi alimentation » mais après avoir été mise en œuvre au 1° février elle n’a jamais cessé de s’accentuer dans les jours suivants. Du côté des hypermarchés, les prix ont par exemple augmenté de +4% dans le huit premiers jours de février, et de +4,2% si on prend les deux semaines du début du mois. L’écart est encore plus frappant si l’on regarde la hausse des prix dans les supermarchés: s’ils ont augmenté de +2,6% la première semaine, l’augmentation en deux semaines passe à +3,1% ! la loi alimentation a bon dos !

Les récentes nouvelles concernant la scandaleuse attitude de Ford qui refuse toujours qu’un repreneur tente de sauver des centaines d’emplois à Blanquefort, l’escroquerie morale des repreneurs d’Ascoval qui se retirent sans un euro pour tenir le plan qu’ils avaient présenté constituent de signaux angoissants sur les dégâts des prochains mois. Le budget du pays est très mal en point car n’ayant pas les recettes escomptées et ne pouvant pas sans risque, répondre aux engagements qui pourraient être pris ou qui ont été pris (exonération taxe d’habitation). Le déficit va à nouveau se creuser surtout si les taux d’intérêt remonte et si l’inflation stagne ou que la récession comme c’est le cas en Allemagne débarque en France. A la défiance politique peut se rajouter la défiance de la consommation ce qui conduirait à une situation globale encore plus angoissante !