Un enfant doit-il payer les errements de ses parents ? Un enfant doit-il croupir dans un camp et attendre que les autorités de son pays se décide à le protéger ? Un enfant a-t-il vraiment des droits reconnus au niveau mondial ? Des millions d’entre eux souffrent à cause d’abominables guerres ou de terribles insuffisances liés à des intérêts financiers cachés derrière des pseudos-arguments de géopolitique. La France n’échappe pas au débat. Au contraire elle s’installe dans un véritable polémique sur le sort qu’elle réserve à quelques dizaines de gamins(mines) dont les mères appartiennent à la mouvance djihadiste. L’enjeu pour une société comme la nôtre ne devrait pas poser de problème mais il est quasiment certain que les décisions ne seront prises qu’à laune de la communication institutionnelle ayant exploité à fond les réactions posées par une décision qui déchaine la fachosphère.

Selon l’ONG « Save the Children », 2 500 enfants de 30 nationalités différentes ont été capturés avec leurs familles au fil de la déroute du groupe Etat islamique. Ils ont été placés dans trois camps situés au nord-est de la Syrie. L’un contient plus de 30 000 personnes dans des conditions sanitaires désastreuses en raison des moyens limités dont disposent les Kurdes désomais peu aidés par leurs anciens alliés. Parmi eux, il y aurait une centaine de Français, en majorité des mineurs de moins de six ans. Doivent-ils être acceptés sur notre territoire ? Peut-on encore longtemps les abandonner à une vie qui les rendra encore plus endoctrinés ? Que deviendront-ils si dans quelques années le retrait des armées étrangères permettent aux bandes armées djihadistes de leur redonner la liberté ?A l’automne, le rapatriement de ces enfants a été envisagé par les autorités françaises. Mais la semaine dernière, le président Emmanuel Macron a affirmé qu’il n’existait pas actuellement de programme de retour des djihadistes français détenus en Syrie ou en Irak, qui seront « d’abord judiciarisés » dans ces pays, sans toutefois évoquer le sort des enfants que leurs familles restées en France réclament pour les accueillir. Si sur le premier point on ne saurait être hostile à ce choix autant le silence sur le second ne fait pas honneur à la France. D’ailleurs une plainte vient d’être déposée auprès du Comité des droits de l’enfant de l’ONU…puisque la Russie, la Belgique, la Tchétchénie, le Maroc et d’autres pays viennent d’accepter de rapatrier les femmes et les enfants de leur nationalité. Chez nous on réfléchit… ou plus exactement on joue la montre dans un contexte pré-électoral où il ne faut pas froisser une opinion publique oublieuse des valeurs républicaines.

Pour le Président d’honneur de la Ligue des Droits de l’Homme, M° Henri Leclerc un tel désintérêt est intolérable. « Ces enfants ne sont pas responsables, ces enfants ne portent pas les fautes de leurs parents », a-t-il déclaré, affirmant ne pas demander au gouvernement « de résoudre la question des djihadistes » mais seulement celle des gamins(nes) actuellement dans les camps en Syrie. « Il y a eu dans ces camps 29 enfants qui sont morts et le service de santé de l’ONU a dit qu’ils étaient morts dans un état de dépérissement épouvantable, de malnutrition, de froid ». L’appel de cette autorité morale reste sans suite.

En France lorsque des enfants sont considérés comme en danger la justice les retire de leur lieu de vie habituel pour les placer auprès des services de l’Aide sociale à l’enfance. Même si tous les efforts de la collectivité ne parviennent pas à effacer des traumatismes profonds subis par des esprits en construction il arrive que l’on parvienne à les estomper ou à éviter qu’ils ne s’aggravent. Tout semblait prêt. Enfin presque. A leur sortie de l’avion qui les aurait rapatriés avec l’accord de leur mère, une première visite médicale ( bilan somatique et psychologique), est généralement effectué à l’hôpital Avicenne situé à Bobigny. Une façon de détecter les traumatismes de la guerre. Les enfanst extraits des camps où ils se trouvent seraient ensuite répartis et pris en charge par l’aide sociale à l’enfance dans divers départements avec une attention particulière pour ne pas séparer les fratries. Pour les nourrissons, il existe des pouponnières dans les centres départementaux de l’enfance et de la famille. Pour le suivi sur le long terme, des cellules préfectorales de prévention et d’accompagnement des familles réunies à l’initiative des procureurs de la République existent dans chaque département. En fait un peu considérer que ce serait un ou deux enfants par département… ce qui ne paraît pas insurmontable ! Mais dans le fond il ne s’agit que d’une question de volonté et d’image !