L’un des fleurons de la rentabilité de l’aviation moderne, le Boeing 747MAX avait visiblement une forte défaillance avec son système de pilotage automatique tellement complexe qu’il échappait à tout contrôle possible du pilote. Deux catastrophes ont été nécessaires pour que le constructeur prenne enfin en compte les nombreuses remarques qui étaient remontées des équipages vers leurs compagnies. Hier soir, l’ex-président du syndicat des pilotes de ligne français, stigmatisait sur France Info une nouvelle donne technologique visant à se passer un jour de toute intervention humaine dans les cockpits. Il souhaitait que les industriels fassent davantage travailler les ingénieurs sur l’interaction fiable entre l’homme et la machine et pas nécessairement toujours au remplacement de l’homme par la machine. Ce type d’accident comme tant d’autres démontre justement que l’infaillibilité n’existe pas même avec des calculs sophistiqués que plus personne n’est en mesure d’estimer le contenu et les conséquences. Cloués au sol pour plusieurs mois les Boeing747MAX ne sont qu’une parcelle de ce qui se joue actuellement dans l’industrie mondiale. Robotisation et automatisation effrénée, intelligence artificielle déployée, surveillance poussée des faits et gestes, diminution drastique des coûts de production au nom de la concurrence libre et non faussée, deviennent les solutions à tous les maux de la planète alors qu’elles ne sont dictées très souvent que par l’amélioration du profit au détriment de l’Homme.

Dans la même semaine le Grande America, un navire hybride entre un « roulier » et un « porte-conteneurs » d’une longueur de 214 mètres, en provenance de Hambourg se rendant à Casablanca a été ravagé par un incendie. Le bâtiment qui se trouvait à environ 263 kilomètres au sud-ouest de la pointe de Penmarc’h en Bretagne a coulé sans que personne ne puisse intervenir. Les 27 personnes qui se trouvaient à bord ont été évacuées évitant ainsi une catastrophe humaine mais provoquant une probable catastrophe écologique. «Le navire, construit en 1997, a été retenu en 2010 pour 35 déficiences techniques dans le port de Tilbury au Royaume-Uni», a révélé dans un communiqué l’association écologiste Robin des Bois, ajoutant que depuis «d’autres déficiences sont régulièrement relevées par les inspecteurs de sécurité maritime à Hambourg et à Anvers». L’association assure que «selon toute logique» le navire est «bourré de voitures et autres véhicules roulants de seconde main, de remorques et d’engins de travaux publics», ainsi que de déchets «à recycler», de pneus et de quelques conteneurs renfermant des matières dangereuses. On y ajoute 2 200 tonnes de fuel lourd dans ses cales. En fait, là encore, il faut constater que sur les mers et les océans circulent des navires dont la « technologie » est pour le moins douteuse et dont la sécurité n’est en rien garantie. Un cas parmi de milliers d’autres beaucoup plus graves !

Partout le maître mot sous-jascent reste celui de rentabilité. Il s’agit surtout de mettre l’ingéniosité humaine au service de cette notion conduisant au gigantisme, à la négation du rôle de l’homme, à la prise de risques maximale, au non-respect des précaustions minimales et ce au mépris des conséquences pouvant en découler. On ne parle guère des victimes du crash d’Ethiopian Airlines. Elles sont été versées aux pertes et profits des nécessités du progrès de l’aviation civile et on indemnisera leurs familles avec le sentiment que l’argent rachetera n’importe quelle faute. Quelles conséquences sur les cours de la bourse ? Quelles pertes financières pour les compagnies utilisatrices ? Quels seront les gagnants de cette catastrophe aérienne ? Quelles incidences géopolitiques aura cet accident sur les relations entre Etats ? Les commentaires vont bon train et les « débris humains » sont oubliés comme autant de fétus de paille emportés par les milliards qui s’alignent chez les gens qui comptent.

Une nouvelle marée noire arrive ! Les containers sont on ne sait où ! les causes de l’incendie sont encore inconnues et le resteront ! L’armateur italien mis en demeure de retrouver la cargaison prend son temps car il lui faut avant régler des problèmes d’assurances. La France mobilise les moyens publics qu’il lui reste pour prendre en cause les effets de ce désastre écologique. On commence à chiffrer les dépenses et on ne tardera pas à calculer les pertes économiques liées à cette marée noire qui menace deux des départements français les plus touristiques. L’Océan digérera pour sa part les « restes » et la nature à nouveau accablée, devra se réparer toute seule. Il sera promis que la législation européenne ajoutera un paragraphe au dizaines de milliers de paragraphes existants sur la sécurité maritime et la vérification des navires partant ou arrivant dans ses ports où… il n’y a plus de personnel pour contrôler les navires poubelles ou ressemblant à des bombes navigantes. Désormais c’est l’auto-contrôle qui domine avec le recours à des bureaux privés dont on sait fort bien que d’un pays à l’autre leurs exigences ne sont pas du tout aussi fortes. Dormez tranquilles les financiers veillent sur vous et votre avenir et demainen défilant pour la planète pensez-y !

3 Réponses

  1. Bernadette

    La concurrence est féroce entre Boeing et les autres compagnies aériennes et les passagers sont minuscules face à cette concurrence.
    Pour le pétrolier des mers, il y a le tourisme de 2 départements des côtes Aquitaine qui selon la nappe de pétrole pourrait entraîner un trouver dans l’économie française et puis pour les autres les fruits de mer et le poisson va augmenter ses prix
    Les espèces de la faune marine ne survivront pas.

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  2. J.J.

    Comme toujours, un danger signalé ne commence à « interpeller » les autorités qu’après une irrémédiable catastrophe (il en a fallu 2 dans ce cas).

    Les bateaux- poubelles (contenant, et hélas aussi contenu) continuent à sillonner les mers, avec souvent des équipages de semi esclaves.
    Par contre, un peu grâce à quelques mesures (comme le CICE, par exemple) l’industrie nautique de tourisme et de luxe se porte comme un charme.
    – « Merci qui ? »

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